Thèses ESPACE

2024

2024

2024

Eleni ASSAF-MEDAWAR

4 mars 2024, Nice

Titre
« Les potentialités des interfaces « bâti/non bâti » dans une approche de résilience territoriale et environnementale : recherche appliquée aux Zones d’Activités Économiques de la rive droite du Var (Alpes-Maritimes) »

Jury

Danielle DAGENAIS, Professeure, Université de Montréal
Patrizia LAUDATI, Professeure, Université Côte d’Azur
Yaser ABUNNASR, Associate Professor, American University of Beirut
Giovanni FUSCO, Directeur de recherche CNRS, Université Côte d’Azur
Christine VOIRON-CANICIO, Professeure, Université Côte d’Azur, Directrice de thèse

Résumé

La problématique de la thèse s’inscrit dans une recherche de la résilience générale, axée sur le long terme, du territoire périurbain situé en rive droite de la basse vallée du Var (06), qui s’étend du Broc à Saint-Laurent du Var, où voisinent et s’intriquent des espaces aux fonctions diverses – habitat, agriculture, industrie, espace naturel – sans interrelation fonctionnelle. Les zones d’activités économiques y occupent une place prédominante. La zone industrielle de Carros renferme à elle seule 600 entreprises, et 10 000 emplois.

Ce territoire est considéré depuis plusieurs décennies, et à juste raison, comme un territoire à enjeu – DTA des Alpes-Maritimes, OIN Plaine du Var. De facto, il est soumis à une forte pression urbaine difficilement régulée, qui touche notamment les espaces agricoles. Les zones d’activités présentent un paradoxe, elles sont à la fois dynamiques et vieillissantes. Toutefois, les actions engagées, par les clubs des entreprises, telle que la démarche d’écologie industrielle et territoriale, sont généralement menées sur chaque parc d’activité indépendamment des autres, et pas ou peu, inter-reliées avec les espaces voisins. Les zones d’activité sont vieillissantes, le foncier est de plus en plus rare et contraint, et la qualité paysagère, délaissée. Les dynamiques de changement sont par ailleurs bridées par de fortes contraintes réglementaires liées aux risques (inondation, incendie, technologique). Le parti de cette thèse est de considérer l’organisation des espaces bâtis/non bâtis comme un potentiel de résilience environnementale et territoriale latent, inexploité, à valoriser. En effet, le territoire de la rive droite du Var pris dans son ensemble, est structuré en un emboitement d’interfaces à différentes échelles : bâti/non-bâti ; urbain/agricole ; agricole/urbain/naturel ; urbain/naturel et agricole/naturel. Ces espaces représentent un fort potentiel, d’autant plus qu’ils sont uniquement considérés par les acteurs économiques locaux comme une opportunité d’accroitre leur surface d’activité économique.Ces espaces pourraient au contraire être perçus et utilisés de façon inédite dans le but de valoriser le territoire au niveau économique, social et environnemental notamment en créant des « paysages recyclés ». La mise en place de ce type d’aménagement permet de valoriser un territoire de manière globale sur le plan écologique, mais également sur le plan socio-économique, par l’amélioration de la qualité de vie au travail, comme de son fonctionnement interne, en contribuant à la mobilité douce, par exemple.

Mots-clés
Résilience, infrastructures vertes, interfaces, requalification, zones d’activité économique
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2024

Andrea LULOVICOVA

19 janvier 2024, Nice

Titre
« Évaluation environnementale des systèmes alimentaires territoriaux : Apports de l’analyse du cycle de vie territoriale à la construction et à l’évaluation des processus de reterritorialisation durables des systèmes agroalimentaires en France »

Jury

Claire Delfosse, Professeure des Universités, Université Lumières Lyon 2
Eléonore Loiseau, Ingénieure en chef des Ponts, des Eaux et des Forêts, INRAE
Guy Robinson, Professeur, University of Adelaide
Nicolas Viaux, Maître de conférences, Université Côte d’Azur
Salma Loudiyi, Professeure, VetAgro Sup
Stéphane Bouissou, Professeur des Universités, Université Côte d’Azur

Résumé

Les bouleversements climatiques et environnementaux actuels affectent profondément nos sociétés et les écosystèmes. La production et la consommation alimentaires jouent un rôle clé dans ces perturbations. Le système alimentaire mondialisé, caractérisé par une production et une consommation de masse et une dissociation entre producteurs et consommateurs, exerce une pression considérable sur les territoires et leurs ressources. Pour remédier à cette situation, la reterritorialisation de l’alimentation émerge comme une solution prometteuse en vue d’un système alimentaire plus durable. La France se positionne comme précurseur dans cette démarche, notamment grâce au récent développement des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT). Ces projets visent à promouvoir une économie alimentaire locale et durable, tout en favorisant les circuits courts. Pourtant, malgré leur potentiel, les répercussions environnementales de ces initiatives demeurent peu étudiées. La plupart des études actuelles comparent les circuits courts et les circuits longs en se concentrant principalement sur l’impact du transport. Elles ne tiennent ainsi pas compte des avantages systémiques liés au développement de pratiques plus durables au sein des systèmes territorialisés. Afin de pallier cette lacune, cette thèse adapte la méthodologie de l’Analyse du Cycle de Vie Territoriale (ACV-T) pour construire et évaluer les systèmes alimentaires territoriaux avec une perspective environnementale et systémique. La méthodologie adaptée est utilisée comme i) outil de diagnostic, ii) évaluation d’actions du PAT et iii) prospective territoriale. L’ACV-T est appliquée à deux territoires français très différents, la municipalité de Mouans-Sartoux dans les Alpes-Maritimes et le département du Finistère. Les deux territoires sont pionniers dans la mise en place de projets alimentaires territoriaux (PAT). L’analyse environnementale de leurs systèmes alimentaires comme diagnostic initial révèle l’ampleur des impacts directs et indirects, notamment liés aux produits importés et aux intrants agricoles. Les résultats montrent que le transport joue un rôle minoritaire dans ces impacts. Les deux territoires dépendent fortement des importations alimentaires pour nourrir leurs habitants. Les circuits courts, et par conséquent leur impact, restent limités. L’évaluation de politiques publiques menées à Mouans-Sartoux au cours des cinq dernières années démontre des bénéfices environnementaux notables. Une réduction d’environ 20 % des impacts environnementaux, notamment en termes de changement climatique et d’usage des terres, est estimée. Dans le cas du Finistère, la construction d’un scénario prospectif met en lumière les avantages potentiels de stratégies territoriales, plus particulièrement en lien avec l’encouragement à développer des pratiques agroécologiques. En conclusion, ce travail pluridisciplinaire montre la pertinence de méthodologies basées sur l’analyse du cycle de vie comme outil d’aide à la planification et à l’évaluation territoriale des systèmes agroalimentaires. Il montre également le potentiel des politiques de reterritorialisation à contribuer à la transition écologique des territoires.

Mots-clés
Projet Alimentaire Territorial, Transition écologique, Planification territoriale, Analyse du Cycle de Vie,  Circuits Courts, Alimentation durable
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2024

Ismaguil HANADÉ HOUMMA

9 janvier 2024, Aix-en-Provence

Titre
« Intelligence artificielle et données images massives multi-capteurs pour l’optimisation des systèmes d’alerte précoce à la sécheresse dans les agrosystèmes à forte variabilité des extrêmes climatiques »

Jury

Sébastien GADAL, Professeur des universités, Aix Marseille Université, Directeur de thèse
Loubna El MANSOURI, Professeur, Institut Agronomique Vétérinaire Hassan II, Co-directrice de thèse
Albin ULLMANN, Maître de conférences, HDR, Université de Bourgogne, Rapporteur
Ahmed EL ABOUDI, Professeur, Université Mohammed V, Rapporteur
Julien ANDRIEU, Maître de conférences, HDR Université Côte d’Azur, Examinateur
Maman GARBA, Maître de recherche, INRA-Niger, Examinateur
Vincent MORON, Professeur des universités, Aix Marseille Université, Président du jury
Rachid HADRIA, Chargé de recherche, INRA-Maroc, Examinateur

Résumé

La vulnérabilité agricole à la sécheresse est une préoccupation croissante dans de nombreuses régions du monde notamment dans la région du sahel où les cultures et les pâturages sont souvent confrontés à des conditions de sécheresses sévères et de chaleurs extrêmes qui réduisent leur croissance et leurs rendements. Subséquemment, les défis en matière de sécurité alimentaire et de durabilité des systèmes agricoles sahéliens ne cessent d’augmenter. L’objectif de cette thèse s’inscrit dans une perspective visant à développer des nouvelles approches de modélisation spatiale de la vulnérabilité agricole à la sécheresse en utilisant conjointement les méthodes statistiques et les modèles d’intelligence artificielle dans le but d’améliorer les métriques d’alerte précoce à la sécheresse. La première partie de l’étude s’appuie sur la disponibilité historique de données géospatiales multi-capteurs pour étudier les tendances de la dynamique historique des paramètres de la sécheresse agricole à travers le développement d’un nouvel indice composite multivarié pour le monitoring de la sécheresse agricole (MDCI). Le MDCI a démontré une grande concordance spatio-temporelle entre les indices de validation avec une corrélation maximale de 0,91 avec l’indice de santé de la végétation et un R= 0,85 et un p < 5,8e-10 avec l’indice de sévérité de la sécheresse de Palmer. Les résultats de la dynamique historique suggèrent qu’après la longue décennie sèche de 1981-1990, la sévérité de la sécheresse agricole a connu une baisse remarquable même si les conditions des poches de sécheresse modérées sont relativement plus fréquentes. La dernière partie de l’étude propose un nouvel indice multivarié de vulnérabilité à la sécheresse agricole (MADVI) en mettant en avant les gradients des tendances des indicateurs comme facteurs de vulnérabilité pour entrainer les modèles d’intelligence artificielle plutôt que les anomalies des variables ou l’intensité de leurs fréquences couramment utilisées. Le MADVI a montré une grande adéquation entre la variabilité spatiale des classes de vulnérabilité modélisées et celles du modèle de référence basé sur l’équation standard de la modélisation de la vulnérabilité avec un R>0.85 et un p-value <0.0000 très significative. Ainsi, dans une perspective d’application opérationnelle, les analyses statistiques confirment les capacités des modèles développés à capturer les variations spatio-temporelles des paramètres de la sécheresse.

Mots-clés
Sécheresse agricole, Indice multivarié, Intelligence artificielle, Agrosystèmes, Sahel
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2023

2023

2023

Florent LOMBARD

10 décembre 2023, Nice

Titre
« Dynamique spatio-temporelle de la mangrove Sénégal : caractérisation de la résilience des espèces végétales par la modélisation spatiale des processus biologiques »

Jury

Julien ANDRIEU, Maître de conférences HDR, Université Côte d’Azur (Directeur de thèse)
Aude NUSCIA TAÏBI, Professeure des universités, Université d’Angers (Rapportrice)
Marc ROBIN, Professeur des universités, Université de Nantes (Rapporteur)
Véronique HELFER, Directrice de recherche, Leibniz Centre for Tropical Marine Research (Examinatrice)
Cheikh MBOW, Directeur de recherche, Centre de Suivi Écologique du Sénégal (Examinateur)

Résumé

Les mangroves du Sénégal se caractérisent par une couverture partielle des estrans. En effet, proportionnellement à la salinité des eaux et des sols, la partie haute des estrans est trop salée et acide pour la vie des palétuviers. Ces espaces sont appelés les tannes. L’interface entre la mangrove et les tannes fluctue dans le temps, en réaction aux variations de l’hydrosystème, suivant les fluctuations climatiques. Ainsi, les fluctuations de la limite mangrove-tanne définissent la plage de métastabilité et de résilience de l’écosystème de mangrove dans les estuaires du Sénégal.

Dans le delta du Saloum, la variabilité climatique des dernières décennies offre une opportunité d’étudier la résilience de la mangrove. Par conséquent, une méthodologie basée sur la mise en synergie de la télédétection, de données in-situ ainsi que la modélisation statistique et spatiale a permis d’appréhender la réaction de la mangrove aux changements de l’hydrosystème. Les résultats de cette thèse indiquent que les fluctuations climatiques des dernières décennies ont affecté la structure spatiale de la répartition des espèces. La mangrove du Saloum a montré une résilience globale face aux changements pluviométriques, oscillant entre 500 mm et 700 mm de précipitation annuelle, notamment dans les parties du delta où les concentrations en sel sont les plus élevées. Néanmoins, une espèce, Avicennia germinans, trouve rarement les conditions propices à son établissement et à la colonisation de l’interface mangrove-tannes. Sa capacité d’établissement semble nécessiter des cumuls pluviométriques plus importants et un moment plus précoce dans la saison des pluies. Ainsi, les résultats de cette thèse mettent en évidence, de manière plus précise, qu’un seuil pluviométrique de 600 mm peut probablement induire des modifications de l’organisation spatiale des espèces de la mangrove, en fonction de son atteinte en août ou en fin d’année.

Mots-clés
Mangrove, Système socio-écologique, Télédétection, Analyse spatiale, Analyse multi-échelle, modélisation spatio-temporelle

2023

Christos BOUNTZOUKLIS

5 juillet 2023, Nice

Titre
« Évaluation de la dynamique des incendies de forêt dans le sud de la France : une approche basée sur l’analyse géospatiale et l’apprentissage automatique »

Jury
Etienne COSSART, Professeure des universités, Université Jean Moulin Lyon 3 (Rapporteur)
Lea WITTENBERG, Professeure, University of Haifa (Rapporteure)
Marielle JAPPIOT, Ingénieure de recherche, INRAE (Examinatrice)
Dennis FOX, Professeure des universités, Université Côte d’Azur (Directeur de thèse)
Elena DI BERNARDINO, Professeur des universitésUniversité Côte d’Azur (Co-encadrante)

Résumé

Les incendies de forêt représentent une menace importante pour les écosystèmes et le bien-être humain à l’échelle mondiale, en particulier dans la région méditerranéenne, où les étés chauds et secs favorisent l’allumage et la propagation des feux. La saison des incendies de 2022 a été la deuxième plus grave en termes de superficie brûlée et de nombre de feux en Europe depuis 2006. Les sécheresses récurrentes et l’augmentation des températures dans le contexte du changement climatique devraient entraîner une augmentation de 200% de la superficie brûlée dans la région méditerranéenne d’ici 2090.

L’analyse géospatiale est une approche puissante qui permet une compréhension approfondie des interactions, relations, tendances et modèles complexes entre les phénomènes spatiaux, en fin de compte, en informant une meilleure prise de décision et résolution de problèmes. De plus, l’apprentissage automatique (ML) s’est révélé être un outil précieux dans la science des incendies de forêt, mais son efficacité dépend de la disponibilité de vastes ensembles de données de haute qualité.

Les relations spatiales entre l’activité des incendies et les facteurs environnementaux changent avec le temps en raison du changement climatique, des modifications des biomes et des pratiques de gestion des incendies. La cartographie des schémas spatiaux et des forces motrices principales influençant la distribution des incendies fournit des informations précieuses pour les agences de protection civile, leur permettant de mieux allouer les ressources et de mettre en œuvre des mesures de prévention efficaces. Bien que la suppression des incendies soit souvent priorisée, la prévention, l’atténuation et la préparation communautaire sont des composantes essentielles de la gestion des incendies de forêt. De plus, la prévention ciblée des incendies de forêt nécessite la compréhension et la documentation des causes des incendies de forêt, cependant, il existe un pourcentage important d’incendies de cause inconnue en Europe et en France.

Cette thèse de doctorat examine l’évolution spatiotemporelle des zones brûlées dans le sud de la France sur une période de 50 ans (1970-2019) ; elle se concentre sur les interactions avec la topographie et les types de végétation en utilisant des bases de données d’incendies. Les résultats sont divisés en deux périodes de 25 ans en raison de la mise en œuvre d’une nouvelle politique de suppression des incendies en 1994. Au cours des 25 dernières années, la superficie brûlée a considérablement diminué et la répartition géographique des incendies a changé, en particulier dans les régions où se produisent de grands incendies. Les versants orientés au sud sont devenus plus sensibles aux incendies au cours de la deuxième période, tandis que les faibles inclinaisons de pente étaient de plus en plus évitées après 1994. La majorité des zones brûlées étaient fortement associées à l’emplacement des groupements de végétation sclérophylle (maquis), qui sont très sensibles aux incendies et s’étendent avec le temps.

En outre, cette thèse présente un modèle basé sur le ML qui utilise un cadre explicatif pour prédire la cause des départs de feu dans le sud de la France en fonction des caractéristiques environnementales et anthropiques. Les résultats indiquent que la source des incendies peut être prédite avec différents niveaux de précision : les incendies naturels ont la précision la plus élevée (score F1 de 0,87) par rapport aux incendies causés par l’homme, tels que les incendies accidentels (score F1 de 0,74) et les incendies criminels (score F1 de 0,64). Les propriétés spatiotemporelles et les caractéristiques topographiques sont considérées comme les caractéristiques les plus importantes pour déterminer la classification des incendies de cause inconnue dans la zone d’étude.

En exploitant de grandes bases de données d’incendies, une analyse avancée des données géospatiales et des techniques de ML, cette recherche démontre comment les approches géospatiales peuvent quantifier les tendances spatiotemporelles de la dynamique des incendies dans un paysage et comment les techniques de ML peuvent être efficacement utilisées pour combler les lacunes dans les causes d’allumage des incendies. Il souligne également la nécessité d’une meilleure collecte harmonisée des données, car cela constitue un élément clé qui renforcera la puissance des techniques de ML pour fournir des informations utiles pour les stratégies de gestion des terres.

Mots-clés
Feux de forêt, Géomatique, Analyse geospatiale, Apprentissage automatique, Modèles spatiotemporels

 

2023

Ivan PISTONE

10 mai 2023, Naples

Titre
« Littoraux urbains en transition socio-écologique. Un cadre pour réinterpréter l’interface ville-mer »
ou
« Urban coasts in socio-ecological transition. A framework to analyse the city-sea interface  »

Jury
Concetta FALLANCA, Professeure de Urbanisme, Université de Reggio Calabria « Mediterranea » (Rapporteure)
Massimo CLEMENTE, Directeur de recherche, CNR IRISS, Examinateur
Alexandra SCHLEYER-LINDENMANN, Maître de conférences en Psychologie, Aix-Marseille Université (Examinatrice)
Sylvie DAVIET, Professeure de Géographie, Aix-Marseille Université (Examinatrice)
Romano FISTOLA, Professeur de Urbanisme, Université de Naples « Federico II » (Président du jury)
Giovanni FUSCO, Directeur de recherche, CNRS ESPACE, Université Côte d’Azur (Examinateur)
Antonio ACIERNO, Maître de conférences en Urbanisme, Université de Naples « Federico II » (Co-directeur de thèse)
Samuel ROBERT, Directeur de recherche, CNRS ESPACE, Aix-Marseille Université (Co-directeur de thèse)

Pascale FROMENT, Professeure de Géographie, Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis, (Rapporteure ne participant pas à la soutenance)

Résumé

La recherche vise à définir la société côtière urbaine comme une communauté intimement liée à la côte et à la mer, dans le contexte des problématiques socio-spatiales, climatiques et environnementales relatives au développement des villes côtières. Les littoraux urbains sont des zones frontalières, des lieux à la fois de rupture et de connexion entre terre et mer, dont l’intégrité semble fragmentée puisqu’elle est composée d’éléments distincts qui peuvent aussi être considérés comme des éléments d’une potentielle trame verte et bleue. En ce sens, le concept d’interface ville-mer peut être mobilisé comme espace de contact physique, écologique, social et fonctionnel entre le bord de la ville et le bord de l’eau. Sa flexibilité face aux problèmes sociaux, environnementaux et de gestion est comparable à celle d’un amphibie urbain.Cette notion est explorée dans le contexte euro-méditerranéen, en relation avec les grandes villes côtières à travers un cadre méthodologique. Une exploration juridique décrit les principales directives de le MSP et la manière dont elles sont intégrées dans les systèmes de gouvernance nationaux du littoral; l’approche géographique définit un spatial data model pour les caractéristiques socio-environnementales de l’interface; enfin, l’approche psycho-sociale vise à étudier la représentation sociale en relation avec l’accessibilité, les usages et l’adaptation de la planification. Ce cadre est proposé comme outil d’analyse comparative: il a été appliqué à Marseille et à Naples, deux villes méditerranéennes similaires avec des littoraux complexes. Le cadre peut également soutenir la mise en oeuvre de la planification côtière-maritime à l’échelle locale.

Mots-clés
Littoraux urbains, Interface Ville-Mer, Société côtière urbaine, Zones de transition, Planification écologique, Perception des citoyens

Abstract

The research aims to define the urban coastal society as a community intimately connected to the coast and to the sea, in the context of the socio-spatial and climatic-environmental critical issues connected to the development of coastal cities. Urban coasts are places of both rupture and connection between land and sea, whose integrity appears to be fragmented since it is composed of variegated elements that can also be considered as pieces of a potential green-blue infrastructure. In this sense, the concept of city-sea interface can be mobilised as the physical, ecological, social and functional contact area between the edge of the city and the edge of the water. Its flexibility to social, environmental and management issue are comparable to an urban amphibious.This notion is explored in the Euro-Mediterranean context, in relation with large coastal cities through a methodological framework. A legal exploration describes the main MSP guidelines and how they are incorporated in national littoral governance systems; the geographical approach defines a spatial data model for the socio-environmental features of the interface; finally, the psycho-social approach aims at studying the social representation in relation to accessibility, uses and planning adaptation. This framework is proposed as a benchmarking tool: specifically, it has been applied to Marseille and Naples, two similar Mediterranean cities with complex city-sea interfaces. The framework can also support the implementation of coastal-maritime planning at a local scale.

Keywords
Urban coast, City-Sea Interface, Urban coastal society, Transition areas, Ecological planning, Perception of citizens

2023

Lise DEVREUX

16 mars 2023, Nice

Titre
« Outils d’évaluation de l’état de santé des hydrosystèmes en tresses restaurés »

Jury
Dennis Fox, Professeur, Université Côte d’Azur (Directeur de thèse)
Margot Chapuis, Maître de conférences, Université Côte d’Azur (Co-directrice de thèse)
Emanuèle Gautier, Professeure, Université Paris 1 (Rapportrice)
Jean-Nicolas Beisel, Professeure, Université de Strasbourg (Rapporteur)
Núria Bonada,
Professeure associée, Université de Barcelone (Examinatrice)
Jérémie Riquier, Maître de conférences, Université Jean Monet (Examinateur)
Barbara Belletti, Chercheuse post-doc, Université de Lyon (Invitée)

Résumé

Depuis plusieurs décennies, les rivières en tresses ont largement été aménagées pour les ressources qu’elles procurent à la société, provoquant des modifications profondes de leur fonctionnement. Ces évolutions constituent des enjeux de gestion majeurs sur les bassins versants concernés, où la modification des processus physiques peut provoquer une altération considérable des systèmes et engendrer des risques pour les activités humaines présentes dans les vallées. La restauration est alors une pratique de gestion pertinente pour redonner une fonctionnalité à ces hydrosystèmes, notamment dans le but d’atteindre le bon état écologique des masses d’eau requis par la Directive Cadre sur l’Eau. Cette thèse, basée sur l’étude de quatre opérations de restauration hydromorphologiques sur des rivières en tresses alpines, a pour objectif d’adapter et de développer des outils d’analyse pour évaluer et quantifier la réussite des opérations de restauration afin de permettre un retour d’expérience. Des éléments clés sur la gestion et la compréhension de ces hydrosystèmes sont également présentés et discutés grâce à la prise en compte des trajectoires spatiale et temporelle évolutives des sites d’étude ainsi qu’une approche systémique et transdisciplinaire.

Mots-clés
Rivières en tresses anthropisées, gestion à long terme, retours d’expériences, indicateurs, approche systémique, transdisciplinarité

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2023

Brieuch CABIOCH

29 mars 2023, Aix-en-Provence

Titre
« Les grandes villes littorales et leurs plages. Une approche par les politiques publiques de gestion à Marseille (France), Barcelone et Valence (Espagne) »

Jury
Michel Desse, Professeur, Université de Nantes (Rapporteur)
Catherine Meur-Ferec, Professeure, Université de Bretagne Occidentale (Rapporteure)
Lise Bourdeau-Lepage, Professeure, Université Lyon III Jean-Moulin (Présidente du jury)
Elisabet Roca Bosch, Professeure, Universitat Politècnica de Catalunya (Examinatrice)
Luc Vacher,
Maître de conférences HDR, La Rochelle Université (Examinateur)
Samuel Robert, Directeur de Recherches, CNRS (Directeur de thèse)

Résumé

Situées à l’interface d’aires urbaines densément peuplées et complexes, les plages des grandes villes côtières, sont aujourd’hui soumises à de multiples pressions : risques liés au changement climatique, mise à mal de leur qualité environnementale, afflux d’usagers importants, pratiques récréatives et sociales spécifiques, implantation d’activités économiques. Dans ce contexte, la tâche qui incombe aux pouvoirs publics en responsabilité sur ces espaces est difficile à assumer. Alors que les défis sociaux et environnementaux qui les concernent sont grandissants, cette thèse propose une analyse des politiques publiques de gestion des plages, en prenant la gestion intégrée pour référentiel théorique, dans trois grandes villes de la Méditerranée nord-occidentale : Marseille, Barcelone et Valence.

Suivant une approche territoriale de l’insertion des plages dans ces villes et sur la base des résultats obtenus à partir de différents protocoles méthodologiques (Analyse des documents associés aux politiques publiques de la plage ; Entretiens semi-directifs menés auprès d’acteurs en responsabilité et d’acteurs associatifs ; Étude des réponses apportées par les pouvoirs publics à l’incidence de la covid-19 sur les plages), ce travail souligne l’importance de recourir à une approche globale de la gestion et de renforcer les mécanismes de coordination et de dialogue entre les différentes institutions compétentes sur les plages. Nos analyses soulignent que les plages, espaces à la fois prisés, aménagés et menacés, constituent un enjeu central dans les grandes villes qui doit bénéficier de toute l’attention des pouvoirs publics.

Mots-clés
Plage, grandes villes, politiques publiques, gestion, territoire, socio-écosystèmes

2022

2022

2022

Quentin GODOYE

13 décembre 2022, Avignon

Titre
« Austérité et aménagement du territoire
Diagnostic des inégalités d’accès aux services publics et développement de méthodes d’optimisation pour limiter les inégalités territoriales
Application à la région SUD
»

Jury
Sophie Baudet-Michel, Maître de conférences, Université Paris Cité (Examinatrice)
Guilhem Boulay, Maître de conférences, Université d’Avignon (Co-encadrant)
Laurent Chapelon, Professeur, Université Paul Valéry Montpellier III (Rapporteur)
Sophie De Ruffray, Professeure, Université de Rouen Normandie (Rapporteure)
Rosa Figueiredo,
Maître de conférences, Avignon Université (Examinatrice)
Cyrille Genre-Grandpierre, Professeur, ESPACE, Université d’Avignon (Directeur de thèse)
François Taulelle, Professeur, Institut National Universitaire Champollion (Examinateur)

Résumé

La crise économique de 2008 a considérablement accentué en France l’austérité budgétaire imposée aux services publics, modifiant en profondeur leur fonctionnement, ainsi que leur localisation sur le territoire. Cette thèse a pour objectif l’analyse des logiques de fermeture des services publics en France métropolitaine et de leurs conséquences sur l’accessibilité à la population entre 2007 et 2017. La Base Permanente des équipements a été utilisée afin d’obtenir la localisation précise des services publics. Pour étudier leur dynamique sur le territoire, les méthodes d’analyse spatiale ont été mobilisées. La mise en oeuvre de modèles d’optimisation a permis de simuler la fermeture de services supplémentaires, ainsi que la relocalisation d’une part d’entre eux. Depuis 2007, la perte d’accessibilité aux services publics reste assez limitée. La simulation de la réduction des services publics montre que l’accessibilité ne se réduit pas brutalement, à l’exception des maternités. Les simulations de relocalisation mettent en avant un gain d’accessibilité dans les espaces ruraux, au détriment des espaces urbains.

Mots-clés
services publics, accessibilité, analyse spatiale, optimisation

Consultable en ligne
https://hal.science/tel-04011204v1

 

2022

Moisei ZAKHAROV

28 novembre 2022, Aix-en-Provence

Titre
« Structure et organisation spatiale du paysage de pergélisol montagneux et boréal en Yakoutie »

Jury
Philippe CADENE, Professeur des universités, Doyen, Université de Paris (Examinateur)
Jurate KAMICAITYTE,
Professeure, Vice-rectrice de l’Académie Nordique-Baltique, Université de Technologie de Kaunas (Présidente du jury)
Alexei KOURAEV,
Maître de conférence HDRUniversité de Toulouse III Paul Sabatier (Rapporteur)
Christophe MORHANGE,
Professeur des universités, Aix-Marseille Université, EPHE (Examinateur)
Simona NICULESCU,
Maître de conférence HDRUniversité de Bretagne Occidentale (Rapporteure)
Sébastien Gadal
, Professeur des universités, Aix-Marseille Université (Directeur de thèse)

Résumé

Pour les régions de pergélisol, et pour la Yakoutie en particulier, le rythme du changement climatique est deux fois plus rapide que la moyenne mondiale. Par conséquent, les changements de paysage et les problèmes d’utilisation des terres associés aux processus du pergélisol devraient s’intensifier dans un avenir proche. L’adaptation du cadre théorique appliqué et des approches méthodologiques sur la dynamique, la distribution et la diversité des paysages est pertinente pour une connaissance holistique de ces problèmes globaux. Dans cette recherche doctorale, nous avons exploré l’organisation spatio-temporelle des paysages de pergélisol boréaux et montagneux en Yakoutie à travers l’exemple de deux cas d’étude: la Ridge Orulgan et l’interfluve Lena-Amga (vallée moyenne de la Lena). Comme les zones étudiées couvrent de vastes régions sporadiquement étudiées, nous avons effectué une modélisation multi-échelle et multi-temporelle des variables biogéographiques (couverture végétale), géomorphologiques et lithologiques pour la cartographie et l’analyse des paysages de pergélisol en utilisant des séries temporelles d’images satellitaires Landsat 5 TM, 7 ETM+, 8 OLI/TIRS et Sentinel 2 MSI ainsi que des scènes ASTER GDEM. Les résultats obtenus nous ont permis d’avoir un aperçu inédit de la distribution spatiale et de la diversité de la typologie des paysages de pergélisol. Deuxièmement, grâce à l’utilisation de la métrique du paysage et de l’analyse typologique comparative, nous avons identifié de grands groupes de paysages au sein des bassins fluviaux, ce qui a permis de justifier l’existence de grandes unités de paysage fonctionnellement cohérentes. Troisièmement, l’analyse multitemporelle de toutes les données disponibles de la série Landsat a révélé la dynamique du paysage sur la période 1999-2020, où des changements cohérents sont associés au « verdissement » de la toundra de montagne et à l’expansion des forêts, et a identifié les perspectives d’application de l’imagerie thermique pour identifier les processus cryogéniques. Enfin, l’intégration des connaissances sur les changements paysagers, les paramètres du pergélisol et le potentiel écologique nous a permis d’évaluer la résilience et la distribution des risques environnementaux dans les types de paysages pergélisolés, ce qui est nécessaire pour la planification territoriale. Ainsi, en utilisant le prisme des concepts de paysage morphologique et géosystémique et en appliquant des approches basées sur la connaissance à la modélisation et à l’analyse SIG, la thèse fournit des informations sur les changements dans la théorie, les approches, les discours et la pratique de la recherche sur les paysages de pergélisol.

Mots-clés
Paysage de pergélisol,télédétection,organisation spatiale,cartographie du paysage,changement climatique,Yakoutie

2021

2021

2021

Lauriane THOMAS

17 décembre 2021, Avignon

Titre
« Le foncier d’activités économiques, variable d’ajustement des modèles de développement local ? Une application à la région Provence – Alpes – Côte d’Azur »

Jury
Elodie Castex, Professeur, TVES, Université de Lille, (Rapporteure)
Samuel Carpentier-Postel, Professeur, ThéMA, Université Bourgogne-Franche-Comté (Rapporteur)
Sonia Guelton, Professeur, Lab’Urba, Université Paris-Est (Examinatrice)
Cyrille Genre-Grandpierre, Professeur, ESPACE, Université d’Avignon (Directeur de thèse)
Claude Bertolino, Architecte et Urbaniste de l’État, Directrice de l’EPF PACA (Co-directrice de thèse)
Guilhem Boulay, Maître de conférences, ESPACE, Université d’Avignon

Résumé

Bien que les questions de l’emploi, de l’innovation technologique et de la réindustrialisation soient au centre de bien des débats depuis une vingtaine d’années en France, ces enjeux sont traités de manière déterritorialisée. Plus particulièrement, la dimension foncière de l’activité économique n’est jamais abordée. Cette situation participe à une méconnaissance du foncier d’activités, à la fois en termes de définition et de quantification. A partir du cas de la région PACA, cette thèse propose une typologie du foncier économique, une quantification de son état et de ses dynamiques, et une caractérisation de ses évolutions internes. Via l’étude du foncier économique réglementaire (ZAE) de 1999 à 2017, on estime et on localise les dynamiques de création, de régularisation et de disparition de foncier économique.

Le bilan quantitatif médiocre du foncier économique est accentué par des mécanismes internes qui fragilisent les ZAE, découlant notamment à la concurrence entre usages économique et résidentiel du sol communal. On montre que ces mécanismes participent à un modèle d’aménagement influencé par les emplois présentiels et l’économie résidentielle, susceptible d’entraîner une dépendance du modèle de développement territorial aux choix fonciers passés.

Mots-clés
Productif, Aménagement, Règlement, Zone d’activités économiques, Foncier

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https://hal.science/tel-03675208

 

2021

Diego ROJAS

14 juin 2021, Nice

Titre
« TRANSITIONS DURABLES :
Modélisation multi-échelles de la diffusion des technologies d’énergie renouvelable et de la résilience urbaine
dans le cadre d’une approche en réseau dans les Alpes suisses et sur la Région SUD-Provence-Alpes-Côte d’Azur »

Jury
Dominique BADARIOTTI, Professeur, Université de Strasbourg, (Rapporteur)
Ola Hall, Professeur, Lund University (rapporteur)
Didier Josselin, Directeur de Recherche CNRS, Université d’Avignon (examinateur)
Serge Lhomme, Maître de conférences, Université Paris-Est Créteil (examinateur)
Jean-Christophe Loubier, Professeur, University of Applied Sciences and Arts Western Switzerland (co-directeur)
Christine Voiron-Canicio, Professeure, Université Côte d’Azur (directrice)

Résumé

Cette thèse de doctorat est un travail de recherche interdisciplinaire à l’intersection de la géographie et des études sur l’innovation sur deux sujets : la diffusion des innovations durables et la résilience urbaine à la transition énergétique. Le travail de recherche a été développé dans les Alpes suisses et sur la Région SUD-Provence-Alpes-Côte d’Azur afin de déployer des analyses comparatives. Cette thèse de doctorat étudie la réceptivité des régions aux innovations durables, notamment aux technologies des énergies renouvelables (TER) telles que les panneaux photovoltaïques, les capteurs solaires thermiques dans les Alpes suisses et les véhicules électriques et hybrides en Suisse au niveau national. La recherche a également été développée sur la Région SUD-Provence-Alpes-Côte d’Azur où six indicateurs d’innovation ont été analysés : les panneaux photovoltaïques, les capteurs solaires thermiques, l’énergie éolienne, les petites et grandes centrales hydroélectriques, le biogaz et la biomasse. La recherche visait à améliorer notre compréhension de la capacité des régions à intégrer ces innovations dans leur dynamique et la résilience urbaine à la transition énergétique, à s’adapter au changement, à s’accommoder des perturbations dans le processus de diffusion et à développer de nouvelles voies de diffusion spatiale. Les questions de recherche visaient à étayer notre compréhension des effets de réseau de la diffusion des TER et des perspectives potentielles que les informations spatiales pourraient fournir concernant ces processus de diffusion.

Les hypothèses sous-jacentes étaient que les TER se diffusent à travers les échelles d’une manière non aléatoire et décrivent un mécanisme d’attachement préférentiel. L’implication de cette dernière hypothèse est que les systèmes urbains d’énergie renouvelable sont fractals, ce qui est la signature des systèmes auto-organisés. Par définition les systèmes résilients sont auto-organisés, dans ce contexte donc, les systèmes d’innovation sont analysés dans le cadre de la résilience urbaine à la transition énergétique. Ainsi, une autre hypothèse a été formulée et propose que les lieux les plus innovants sont plus résilients que les lieux moins innovants. Les approches méthodologiques permettant de répondre à ces questions de recherche et de vérifier les hypothèses sont décrites ci-après. Dans la région suisse, un modèle appelé « Attachement Préférentiel Spatial » (SPA) a été créé sur la base de la théorie de l’interaction spatiale, en s’appuyant sur un modèle gravitaire construit à l’aide d’un système multi-agents et des approches de dynamique des systèmes. L’intégration du modèle gravitaire avec des informations spatiales du TER a permis de construire un réseau spatial, qui a simulé le système énergétique urbain de la région. Les résultats ont permis d’accepter les hypothèses dans lesquelles un mécanisme préférentiel dans le processus de diffusion a lieu, puisque la distribution spatiale de la diffusion suit des lois de puissance. Le modèle a également été appliqué en Suisse et sur la Région SUD-Provence-Alpes-Côte d’Azur, obtenant des résultats similaires, suivant des mécanismes multi-niveaux et hiérarchiques.

Ces résultats sont conformes à la théorie du path development proposée par les géographes économiques, selon laquelle l’héritage d’un lieu spécifique a au moins un impact partiel sur l’intensité future des processus de diffusion. Ces résultats sont importants dans le paradigme de la durabilité du point de vue de la recherche et constituent un défi pour le cadre d’innovation actuel, appelé « Transformative Change », qui vise à établir une vision plus juste sur des questions socio-économiques et environnementales. Les mécanismes d’attachement préférentiel dans la diffusion des TER impliquent qu’il existe des hubs d’innovation régis par des lois d’échelle urbaine et qui désavantagent d’autres lieux. Le modèle SPA a également été utilisé pour simuler la résilience urbaine à la transition énergétique dans le canton suisse du Valais. Le réseau énergétique urbain a été « attaqué » en supprimant les hubs de la structure. Les simulations ont alors montré que le système pouvait se réorganiser au niveau global, avec de forts signes de résilience, mais pas au niveau local. Les systèmes résilients sont auto-organisés, mais cela n’implique pas que la résilience elle-même soit fractale, car des différences ont été constatées dans une perspective spatiale multi-échelle.

Mots-clés
Transition vers la durabilité ; systèmes complexes ; diffusion des technologies d’énergie renouvelable ; modélisation des réseaux ; auto-organisation

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https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-03356465/

2021

Esteban BOPP

11 juin 2021, Avignon

Titre
« Évaluation et spatialisation du potentiel offert par les moyens d’alerte centrés sur la localisation des individus.
Expérimentations à différentes échelles en France »

Jury
M. Eric Daudé, DR, UMR CNRS 6266 IDEES, Université de Rouen Normandie, Rapporteur
M. Johnny Douvinet, Pr, UMR CNRS 7300 ESPACE, Avignon Université, Directeur de thèse
M. Frédéric Leone, Pr, LAGAM, Université Paul Valéry Montpellier III, Examinateur
Mme Damienne Provitolo, Dr, UMR CNRS 7329 Géoazur, Université Nice Côte d’Azur, Examinatrice
Mme Magali Reghezza-Zitt, MCF HDR, UMR CNRS 8591 LGP, École Normale Supérieure, Rapporteure
Mme Lena Sanders, Dr, UMR CNRS 8504 Géographie-Cités, Université Sorbonne, Examinatrice
Mme Emma Haziza, Directrice de Mayane FranceInvitée
Col. Romain Moutard, Directeur de programme FR-Alert, DENUM, Ministère de l’Intérieur, Invité

Résumé

Le 24 septembre 2020, le ministère de l’Intérieur a annoncé la mise en place, au plus tard en 2022, de deux moyens d’alerte centrés sur la localisation des individus en temps réel : le Cell Broadcast (CB) et le SMS géolocalisé (LB-SMS). Ces deux LBAS (Location-Based Alerting System) permettront des alertes plus massives, plus rapides, et spatialisées. Cette thèse, qui a devancé ce choix politique, propose d’estimer le potentiel des LBAS, et d’analyser la manière dont ces moyens peuvent améliorer l’alerte à la population en France. À l’aide de protocoles méthodologiques variés et reposants sur les méthodes issues de l’analyse spatiale, nous démontrons le haut potentiel de performance du CB et du LB-SMS à l’échelle nationale. Les taux d’individus alertable par ces solutions sont très haut et le niveau d’alertabilité des communes est très homogène. Ces outils sont aussi bien acceptés par la population. Autrement dit, ces deux solutions offrent de nouvelles opportunités pour venir pallier les faiblesses des moyens traditionnels. Il est toutefois nécessaire d’adapter ces solutions aux contextes sociaux et territoriaux. Leur intégration dans la future plateforme FRAlert et notamment leur motif d’usage et d’utilisation doivent être réfléchis, en évitant tout fétichisme technologique et en adaptant les organisations à ces mutations, ce qui peut parfois prendre (beaucoup) de temps.

Mots-clés
Alerte, LBAS, risque, territoire, individu

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2021

Jesús DÍAZ-SANZ

30 mars 2021, Aix-en-Provence

Titre
« Évaluation de la qualité des sols et changements en zone urbaine dans une ville méditerranéenne (Marseille, France) »

Jury
Franco AJMONE MARSAN, Professeur des universités, Università di Torino, Rapporteur
José SERRANO, Professeur des universités, Université de Tours, Rapporteur
Béatrice BÉCHET, Directrice de recherche, CNRS, Examinatrice
Jean-Noël CONSALES, Maître de conférences, Aix-Marseille Université, Examinateur
Cécile DELOLME, Directrice de recherche, ENTPE, Examinatrice
Christian WALTER, Professeur des universités, Agrocampus Ouest, Examinateur
Catherine KELLER, Professeur des universités, Aix-Marseille Université, Directrice de thèse
Samuel ROBERT, Directeur de recherche, CNRS, Co-directeur de thèse

Résumé
L’objectif de la planification urbaine est de promouvoir le développement local, tout en préservant les écosystèmes locaux et la qualité de vie des résidents. Il s’agit d’inscrire les villes dans la durabilité et, notamment, de relever certains défis comme le changement climatique, la perte de biodiversité, le maintien d’une bonne qualité de vie et l’atténuation des risques. Dans ce contexte, cette recherche s’intéresse aux sols, envisagés comme écosystèmes pouvant contribuer à relever ces défis. Le terrain d’étude est la ville de Marseille, France. Notre objectif a été : (1) d’explorer la contribution des sols urbains aux enjeux de durabilité urbaine, et (2) d’étudier leur prise en compte dans l’aménagement et la planification urbaine. La recherche s’est développée sur deux axes : (1) étudier les paramètres physico-chimiques, physiques et biologiques des sols urbains, ainsi que les caractéristiques externes influençant les sols ; (2) évaluer la prise en considération des sols dans l’aménagement urbain, à partir de l’analyse des documents d’urbanisme et d’entretiens auprès d’acteurs de l’urbanisme. Les résultats indiquent que les sols urbains étudiés sont aussi pauvres que les sols semi-naturels localisés en dehors de la zone urbaine, utilisés comme contrôles. Leur potentialité pour l’agriculture urbaine et leur biodiversité sont faibles, et ils présentent des anomalies en éléments en trace. Cependant, ces sols sont aussi un réservoir de la biodiversité locale, ont une aptitude à atténuer le risque d’inondation par ruissellement, et la biodisponibilité des polluants inorganiques y est faible. Si la prise en compte des sols urbains est en générale réduite dans la planification urbaine, des initiatives intéressantes ont été relevées. Les documents locaux d’urbanisme présentent en effet des dispositions pour conserver indirectement les sols. Par ailleurs, les acteurs de l’urbanisme ont une conscience de la nécessité d’améliorer leur prise en compte. Ils soulignent que la faible intégration relative des sols dans l’urbanisme découle du manque d’information disponible. Au final, cette recherche montre que les sols urbains peuvent contribuer à relever les enjeux de la ville durable et elle précise les besoins des urbanistes afin de mieux les gérer.

Mots-clés
Qualité des sols ; urbanisme ; ville ; changement climatique ; biodiversité ; acteurs de l’urbanisme

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2021

Jamel BEN HASSINE

30 mars 2021, Nice

Titre
« La spatialisation des odeurs »

Jury
Paule-Annick DAVOINE, Professeur à l’Université de Grenoble, UMR PACTE, Rapportrice
Martine ADRIAN-SCOTTO, Maître de conférences à l’Université Côte d’Azur, ICN, Examinatrice
Jean-Paul THIBAUD, Directeur de Recherche CNRS, UMR Ambiances, Architectures, Urbanités, Rapporteur
Didier JOSSELIN, Directeur de Recherche CNRS, UMR ESPACE, Examinateur
Joël CANDAU, Professeur émérite à l’Université Côte d’Azur, LAPCOS, Directeur de thèse
Sandra PEREZ, Maître de conférences à l’Université Côte d’Azur, UMR ESPACE, Co-directrice de thèse

Résumé
L’odeur est une sensation que l’individu perçoit lors d’une stimulation de son système olfactif par un ensemble complexe d’émanations volatiles. L’appréciation de cette odeur connait une variabilité importante en fonction des individus, des cultures, et bien entendu de la substance en elle-même. Les catégories d’odeurs sont multiples. Des recherches sont en cours afin de les discerner plus précisément, mais il est néanmoins possible de les classer entre odeurs nauséabondes qui constituent une gêne, et celles généralement plus agréables, relatives par exemple à l’ambiance ou l’identité olfactive d’un lieu. Si des géographes s’intéressent aux polluants tels que le dioxyde de soufre (SO2), les dioxydes d’azote (NO2), l’ozone (O3), les PM10, etc., il en existe peu à notre connaissance qui s’intéressent aux odeurs. Or, elles peuvent pourtant être vécues par les riverains comme une véritable pollution de l’air (ADEME). Les odeurs peuvent en effet s’inviter dans les habitations, à n’importe quel moment, et être ressenties comme une véritable intrusion dans l’espace de vie. Les nuisances olfactives ne cessent de croître parallèlement à l’essor de certaines activités (raffinage, traitement des déchets, épuration des eaux, élevage…). Elles sont plus intolérables à certains moments de l’année (saison estivale où les personnes vivent plus dehors), ou de la journée (matin). Le niveau de gêne peut aller parfois jusqu’à déclencher des symptômes physiques comme des nausées, des maux de tête ou bien encore des irritations de la gorge ou des yeux.

Mots-clés
odeurs, nuisances olfactives, spatialisation, santé environnementale, complexe pétrochimique, étang de Berre

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https://hal.science/tel-03741104v2

 

2021

Florian MASSE

26 mars 2021, Aix-en-Provence

Titre
« Mobilités de loisirs dans deux métropoles littorales. Identification des déterminants des comportements de déplacements à Marseille et Nice »

Jury
Sébastien OLIVEAU, Aix-Marseille Université, Directeur de thèse
Sophie DE RUFFRAY, Université de Rouen Normandie, Rapporteur
Marie-Hélène VANDERSMISSEN, Université Laval, Québec, Rapporteur
Vincent KAUFMANN, Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Suisse, Examinateur
Samuel ROBERT, CNRS, UMR 7300 ESPACE, Examinateur
Samuel CARPENTIER-POSTEL, Université de Franche-Comté, Co-directeur de thèse

Résumé
Bien que les mobilités de loisirs soient génératrices d’externalités négatives, l’attention qui leur est portée demeure faible. Les enjeux environnementaux et sociaux afférents s’avèrent particulièrement sensibles dans le contexte de métropoles littorales où l’attrait des côtes se heurte à la fragilité de ces milieux. À travers l’étude de Marseille et Nice nous cherchons dès lors à comprendre les comportements de déplacements des populations pour leurs activités récréatives. À partir du module des enquêtes ménages-déplacements traitant des loisirs du weekend et d’une caractérisation de la structure spatiale de l’offre de loisir, l’analyse porte sur l’attractivité des littoraux, les opinions relatives aux modes de transports et les déterminants du choix modal. Au contraire de Nice, les résultats montrent une attraction littorale dans le cas marseillais, où l’on observe des déplacements plus longs en moyenne lorsqu’il s’agit de réaliser une activité de loisir sur le littoral. Ensuite, il apparait que les opinions relatives aux modes de transport, forgées par les habitudes de mobilités de semaine, limitent l’utilisation de modes alternatifs à la voiture pour les activités récréatives du weekend. Enfin, les modes de vie, et notamment le type de loisir pratiqué, semblent jouer un rôle déterminant quant aux choix du mode de transport. Du point de vue opérationnel, ces recherches montrent la nécessité d’une planification de l’offre de transport du weekend vers les lieux de loisirs. Ils révèlent également, grâce à la prise en compte des attitudes dans les modèles comportementaux, le fait que les populations jeunes peuvent être des publics plus réceptifs au report modal.

Mots-clés
mobilités de loisirs, comportements, représentations sociales, littoral, métropole, analyse spatiale

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2021

Camille MICHEL

2 février 2021, Aix-en-Provence

Titre
« Les quartiers anciens de Lyon, un exemple pour étudier la dynamique des inégalités socio-économiques des territoires »

Jury
M. Jean-Yves Authier, Professeur des Universités, Université Lumière Lyon 2, Examinateur
Mme Brigitte Baccaïni, Inspectrice Générale de l’Administration du Développement Durable, Examinatrice
M. Sébastien Oliveau, Maître de Conférences-HDR, Aix-Marseille Université, Directeur
Mme Catherine Rhein, Directrice de recherche émérite au CNRS, Rapporteure
Mme Stéphanie Vermeersch, Directrice de recherche CNRS, Rapporteure

Résumé
Les « quartiers anciens » de la ville de Lyon sont depuis longtemps des territoires d’intervention de l’action publique, notamment dans le cadre de la politique de la ville. Ils ont connu au cours du temps de nombreuses transformations et depuis 2014 certains d’entre eux ne font plus partie de la géographie prioritaire. Les nombreuses actions menées ont favorisé le processus de gentrification et ont contribué à la modification du profil social des habitants de ces quartiers. Le contexte actuel de forte attractivité du centre-ville et de pression immobilière contribue également à leur transformation. Les quartiers anciens constituent donc un terrain intéressant pour appréhender les dynamiques de transformation des territoires. A travers une analyse des transformations sociales de l’espace et une analyse des inégalités socio-économiques à l’échelle de la ville de Lyon, nous regardons la place qu’occupent ces quartiers dans ces dynamiques et nous interrogeons également le rôle des politiques publiques dans ces évolutions.

[Ce doctorat est issu d’une convention CIFRE portée par le cabinet d’études Pluricité, en partenariat avec la Ville de Lyon]

Mots-clés
Inégalités, Analyse quantitative, Politique de la ville, Mixité sociale, Politiques publiques, Gentrification

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2021

Mayeul MATHIAS

22 janvier 2021, Avignon

Titre
« Recommandation de parcours culturels personnalisés : Étude interdisciplinaire de la génération et de l’évaluation automatiques des visites »

Jury

Patrice BELLOT – Aix-Marseille Université,  LIS,  Rapporteur
Sébastien MUSTIÈRE – Université Gustave-Eiffel/ENSG, IGN, Rapporteur
Marie-Sylvie POLI – Avignon Université,  LCC, Examinatrice
Enrico NATALIZIO – Université de Lorraine, LORIA, Examinateur
Francesco DE PELLEGRINI – Avignon Université, LIA, Président
Juan-Manuel TORRES-MORENO – Avignon Université, LIA, Directeur
Didier JOSSELIN – Avignon Université,  ESPACE,  Co-directeur
Fen ZHOU – IMT Lille Douai, Co-Encadrant

Résumé

Cette thèse s’intéresse à la recommandation de visites culturelles à travers une approche interdisciplinaire. Ces travaux mêlent des techniques issues de la Recherche Opérationnelle et du traitement automatique de la langue naturelle écrite tout en se basant sur des concepts issus de la sociologie des publics et de la géographie. Nous proposons de nouvelles méthodes autour de l’évaluation des points d’intérêt culturel ainsi que la création automatique de parcours touristiques prenant en compte les envies exprimées par un visiteur. Ces principes sont appliqués à deux échelles et contextes différents, la visite de musées et les parcours culturels dans une ville.

Dans une première partie, nous nous concentrons sur les visites dans les musées d’art en fonction des préférences exprimées par le visiteur et du prestige des œuvres. Cette double approche permet de classer les œuvres à la fois en fonction des affinités culturelles du visiteur mais aussi en fonction de leur importance au sein du musée. Cette dernière est calculée en appliquant des algorithmes de résumé automatique de texte aux cartouches officiels du musée qui décrivent les œuvres et permet d’obtenir un profil de visite reflétant la découverte d’un musée en fonction de ses chefs-d’œuvre. Ce profil peut ensuite être modifié en fonction des goûts du visiteur pour obtenir une visite lui correspondant tout en préservant le « point de vue du musée ».

Par la suite, nous assimilons la construction d’un parcours à un problème de routage, visant à trouver un itinéraire parmi les différentes salles et œuvres dont le but est de maximiser la satisfaction du visiteur tout en respectant des contraintes de temps. Deux méthodes sont proposées, un modèle de programmation linéaire en nombres entiers puis une heuristique qui peut être utilisée pour de la proposition de parcours en temps réel, par exemple à leur arrivée dans le musée.

Dans une deuxième partie, nous nous intéressons à la recommandation touristique en ville en établissant des métriques permettant de construire un parcours. À partir d’une étude interdisciplinaire, nous mettons en évidence l’importance de la personnalisation des parcours et identifions un facteur essentiel lors de leur construction en plus des goûts culturels, la cadence de visite. Une nouvelle méthode de mesure de la qualité d’expérience d’un parcours regroupant ces deux critères est utilisée. Cette dernière unit des méthodes de la littérature pour ce qui est de l’évaluation de l’intérêt culturel et utilise des actogrammes comme représentation géographique d’un parcours et ainsi définir une mesure de la cadence de visite.

Par la suite, nous développons un système de recommandation de visites touristiques sous la forme d’un modèle de programmation linéaire en nombre entiers basé sur un formalisme extensible permettant de prendre en compte une grande diversité de contraintes et qui intègre trois critères pour l’évaluation du parcours : d’une part l’intérêt culturel et la cadence de visite, qui dépendent des préférences du touristes sont mesurés à différentes échelles, permettant d’introduire une cohérence dans la construction du parcours ; d’autre part, nous proposons d’intégrer dans la fonction objectif, l’effet apogée-fin, une heuristique psychologique célèbre qui a déjà été appliquée dans de nombreux autres domaines.

En nous basant sur des études de cas concrets, nous montrons que l’utilisation conjointe de techniques issues de diverses disciplines permettent d’obtenir de bons résultats, tant au niveau de l’estimation de l’attrait des points d’intérêt que de la construction de parcours touristiques.

Mots-clés
Parcours touristique, Programmation linéaire mixte en nombres entiers, Traitement automatique de la langue naturelle écrite, Système de recommandation, Optimisation du routage

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https://theses.hal.science/tel-03675206

 

2021

Mickaël FERRI

22 janvier 2021, Avignon

Titre
« Logiques des interactions spatiales, émergence et dynamique des systèmes de villes dans le temps long
Approche par la modélisation Multi-Agents »

Jury

Mme Céline Vacchiani-Marcuzzo, Maître de Conférences-HDR, Université de Reims Champagne-Ardenne, Rapporteure
M Éric Daudé, Directeur de Recherche CNRS, Normandie Université, Rapporteur
Mme Alexandra Schaffar, Professeur, Université de Toulon, Examinatrice
M Giovanni Fusco, Directeur de Recherche CNRS, Université Côté d’Azur, Examinateur
M Cyrille Genre-Grandpierre, Professeur, Avignon Université, Directeur de thèse
Mme Tania Jimenez, Ingénieur de Recherche, Avignon Université, Co-directrice de thèse
M Mounir Redjimi, Maître de Conférences, Avignon Université, Invité

Résumé

La récurrence d’une structure hiérarchique dans les systèmes de villes à travers le monde, caractérisée par le fait que les villes sont d’autant plus nombreuses qu’elles sont petites, et plus précisément qu’il existe globalement une relation entre la taille des villes et leur rang (la taille de la ville de rang n est égale à la population de la plus grosse ville divisée par n) est un phénomène décrit depuis de nombreuses années. Cette régularité statistique, connue sous le nom de loi rang taille, ses variations locales et la recherche de ses explications ont largement été explorées par les géographes depuis plus d’un siècle. Assurément, les économies d’agglomération qui favorisent la survenue de l’innovation, les modalités de sa diffusion dans la hiérarchie urbaine, elles-mêmes conditionnées par les réseaux de transport dont dépendent les interactions entre villes, jouent un rôle déterminant pour comprendre l’émergence et le maintien de systèmes de villes hiérarchisés.

Pour autant, si une nécessaire théorie sur l’évolution des systèmes de villes, qui regroupent à présent plus de la moitié de la population mondiale, est déjà bien avancée, il n’en demeure pas moins qu’il reste impossible de considérer un système de peuplement au temps t et d’en prévoir en détail l’évolution à un horizon donné, en particulier l’émergence de nouvelles concentrations de population.

Les gigantesques progrès de l’informatique ont permis, depuis une quarantaine d’années, de développer des modèles de simulation qui permettent de tester différentes hypothèses quant à l’évolution des systèmes de villes et ainsi mieux comprendre leur dynamique. C’est plus particulièrement le cas de la simulation Multi-Agents, mobilisée notamment par l’équipe P.A.R.I.S, qui a permis de grands progrès dans la compréhension de la dynamique des systèmes de villes en rendant possible le test d’hypothèses théoriques déjà anciennes concernant notamment la diffusion de l’innovation et ses impacts sur les systèmes de villes. Pour autant, ces modèles, très riches, sont aussi compliqués et complexes. Ils reposent sur de très nombreux paramètres et hypothèses, ce qui les rend difficiles à calibrer et rend leurs résultats parfois difficiles à interpréter. Par ailleurs, si ces modèles permettent d’analyser l’évolution d’un système de villes donné, l’émergence de nouvelles villes demeure assez peu abordée.

L’objectif de cette thèse est de contribuer, par la simulation Multi-Agents, à la recherche d’explications de l’émergence et du maintien des systèmes de villes hiérarchisés. Plutôt que de chercher à complexifier encore les modèles existants pour que leurs résultats correspondent le plus possible aux réalités empiriques, le parti pris de ce travail a été de poser une hypothèse centrale, « simple », sans dimension économique et qui s’oppose en cela aux approches les plus fréquentes, et d’en tester la validité. Cette hypothèse consiste à affirmer que la croissance allométrique des systèmes de villes est avant tout fonction de la façon dont s’effectuent les interactions entre villes à l’échelle individuelle. Plus précisément, il s’agit donc de voir dans un premier temps si selon qu’un individu habitant une ville A choisi de déménager dans une ville B tirée au hasard, ou dont l’attractivité dépendra de l’historique en termes d’échange, de sa centralité et de son accessibilité, on parvient ou pas à générer des systèmes de villes hiérarchisés de type rang taille. Cela revient à vouloir confirmer que, bien avant des considérations économiques (profil économique des villes par exemple), ce sont avant tout les modalités de l’interaction spatiale qui président à l’évolution des systèmes de villes.
Dans un deuxième temps, toujours en plaçant l’interaction spatiale entre les individus au cœur de notre travail, nous chercherons à mieux comprendre l’émergence des villes en étudiant dans quelle mesure ces lieux d’émergence peuvent correspondre à des concentrations spatio-temporelles d’échanges fructueux entre des individus en mouvement.

Mots-clés
Système de Villes ; Réseau de Transport ; Coévolution ; Hiérarchie urbaine ; Émergence ville ; Modélisation ; Système Multi-Agents

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https://hal.science/tel-04079569v1

 

2020

2020

2021

Matthieu VIGNAL

25 novembre 2020, Nice

Titre
« L’impact du changement global sur la flore du Sud-Est de la France. Modélisation multiscalaire de la répartition de 25 espèces à l’horizon 2100 par la dynamique de population »

Jury

Julien ANDRIEU, Maître de conférences – HDR, Université Côte d’Azur, Directeur de thèse
Gabriele CASAZZA, Ricercatore, Università degli Studi di Genova
Philippe CHOLER, Directeur de recherche CNRS, Université Grenoble Alpes
Marianne COHEN, Professeure des universités, Université Paris-Sorbonne
Albin ULLMANN, Maître de conférences – HDR, Université de Bourgogne
Christine VOIRON-CANICIO, Professeure des universités, Université Côte d’Azur, co Directrice de thèse

Résumé

Le changement global devrait engendrer des modifications de l’abondance et de la répartition des espèces végétales, conduisant à des extinctions d’espèces de l’échelle locale à l’échelle globale. Dès lors, cartographier la répartition actuelle des espèces, comprendre les processus en cours, et modéliser les futurs possibles sont essentiels pour anticiper les conséquences potentielles du changement global et protéger la biodiversité.

Cette thèse a réalisé une évaluation, à fine résolution spatiale, de l’impact du changement global à l’horizon 2100 sur la répartition de certaines espèces végétales à l’échelle du Sud-Est de la France et de la vallée de la Roya. Pour ce faire, la démarche qui a été mise en place est à la fois naturaliste et modélisatrice. Elle consiste à (i) modéliser et décrire la répartition actuelle des espèces, (ii) obtenir une meilleure compréhension des enjeux et identifier les populations vulnérables, (iii) identifier et analyser l’impact des changements récents sur les populations et (iv) modéliser la répartition future des espèces.

La méthode mise en place révèle d’une part, qu’un modèle qui simule les processus démographiques des espèces et qui est basé sur une cartographie robuste des populations comme état de référence permet bien d’étudier la végétation dans ces différentes dimensions. D’autre part, que l’accumulation de légères modifications de la dynamique de population sur une longue période aboutit bien à des changements importants de la répartition et de la densité des espèces étudiées.

En effet, les résultats de cette thèse indiquent que le changement global devrait engendrer des modifications de la répartition et de la densité des espèces étudiées dans la vallée de la Roya et dans le Sud-Est de la France. Ainsi, le changement global devrait être à l’origine de changements complexes qui s’établissent à l’échelle spécifique et qui sont dépendants du scénario climatique considéré. Il apparaît que les espèces étudiées devraient être capables de persister un temps dans certains milieux qui ne devraient plus être viables et, en revanche, que leur capacité de propagation ne leur permettrait pas de coloniser l’ensemble des milieux qui devraient devenir viables. Dès lors, les résultats de cette thèse indiquent que le changement global pourrait engendrer des changements importants, mais moins importants que ceux annoncés par les modèles corrélatifs ou les déplacements des conditions climatiques.

Les résultats de cette thèse permettent ainsi de hiérarchiser les espèces par la vulnérabilité face aux changements globaux, et il en résulte que les priorités de conservation devraient d’abord porter sur les espèces méditerranéennes endémiques ou spécialistes du littoral, puis sur certaines espèces alpines et subalpines, et en dernier sur les espèces montagnardes et méditerranéennes.

Le modèle BiogeoProspect développé dans cette thèse pourrait offrir la possibilité de déterminer, avec des acteurs territoriaux concernés, les futurs possibles de la biodiversité, et les moyens les plus adaptés de la protéger.


Mots-clés
Biogéographie ; Changement global ; Répartition ; Espèces végétales ; Modèle hybride de répartition ; Conservation

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https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-03105744/

2021

Paul Gérard GBETKOM

24 septembre 2020, Aix-en-Provence

Titre
« Études des dynamiques spatiales d’évolution de l’occupation et de l’utilisation des sols dans la fenêtre lacustre camerounaise du lac Tchad et son arrière-pays à partir des grandes sécheresses sahéliennes de 1970 »

Jury

Laila RHAZI, Université Mohammed V, Rabat, Président du jury
Sébastien GADAL, Professeur, Aix-Marseille Université, Directeur de Thèse
Ahmed EL ABOUDI, Université Mohammed V, Rabat, Co-directeur de Thèse
Julien ANDRIEU, Maître de conférences – HDR, Université Côte d’Azur, Rapporteur
Mohammed CHIKHAOUI, Institut Agronomique Vétérinaire Hassan II, Rabat, Rapporteur
Jean-François CRETAUX, Centre National des Études Spatiales, Toulouse, Examinateur

Résumé
Le contexte environnemental dans le Sahel à partir des années 1970 est marqué par les grandes sécheresses sahéliennes qui ont succédé aux périodes humides des années 1950-1970, et précédé le retour d’humidité observé au début de la décennie 2000, en entrainant de profondes modifications des écosystèmes et leurs utilisations. L’objectif de cette thèse est dès lors d’étudier à partir d’une analyse multi-échelle, multi-capteurs et multi-temporelle de l’occupation et l’utilisation des sols, les conséquences de ces changements environnementaux sur les écosystèmes sahéliens, en prenant pour objet d’étude la fenêtre lacustre camerounaise du lac Tchad et son arrière-pays. Les séries temporelles d’images MODIS MOD13Q1 disponibles à partir de 2000, sont alors utilisées pour cartographier les principales classes de végétation, analyser l’état de la couverture végétale et déterminer ses dynamiques spatiales d’évolutions. Les images Landsat, Sentinel 2 et SPOT 6 disponibles depuis 1972 (pour ce qui est de Landsat), sont exploitées pour établir la diachronie de l’occupation et de l’utilisation des sols en fonction des évolutions climatiques et environnementales sahéliennes, dans le but d’identifier et mettre en évidence les effets de ces changements sur les modes d’utilisation et de valorisation des ressources. L’exploitation de ces données permet de constater qu’après l’aridification des écosystèmes lors des grandes sécheresses, une dynamique de reverdissement du milieu d’étude s’installe à partir des années 2000, à travers le couvert végétal annuel qui recolonise progressivement les sols nus. Le reverdissement observé améliore d’une part la disponibilité des pâturages, et favorise d’autre part l’accentuation des pressions anthropiques sur les ressources du milieu par l’augmentation des superficies agricoles et des surfaces bâties. La modélisation de l’occupation et de l’utilisation des surfaces de sols en fonctions des facteurs géographiques de changements et selon la structure morphologique et les caractéristiques fonctionnelles des éléments de surface montre alors qu’il est possible de déterminer de grands ensembles territoriaux présents dans la zone d’étude.

Mots-clés


Consultable en ligne

https://hal.archives-ouvertes.fr/tel-03130824v1

 

2021

Jelena GALINIENE

mai 2020, à Klaipėda (Lithuanie)

Titre
« Change in Land Use and Land Cover Coastal Zone: Classification Methods Comparison and Assessment »

Thèse réalisée sous la direction de Inga DAILIDIENĖ, Professeure à Klaipėda University et la co-direction de Sébastien Gadal, Professeur à Aix-Marseille Université.

Jury
Darijus VETEIKIS, Professeur, Vilnius University, Président du jury
Algimantas ČESNULEVIČIUS, Professeur, Vilnius University
Boris CHUBARENKO, Directeur de recherche, Russian Academy of Sciences, P. P. Shirshov Institute
of Oceanology
Justas KAŽYS, Maître de conférences, Vilnius University
Julius TAMINSKAS, Directeur de recherche, Lithuanian Natural Research Center

Résumé :
This research examines the physical and environmental processes that affect and alter the land use and land cover (LULC) of areas of the Earth’s surface. Some of these changes are anthropogenic, instigated by humans either using the land for new activities or as a result of management policies. Methods are developed so that new technologies can be used to monitor these changes in real-time or for comparison over longer periods of time. The methods are general, but here are applied to two chosen areas formed by, firstly the coastal area of the Curonian Spit and then the continental part of the Lithuanian coastal zone, forming two case studies or test zones. These areas are particularly interesting to study since data is available for the period pre- and post-1990 when the political situation changed, heralding new environmental, forest management, urban planning and management practices in the test zones. This research was carried out utilising remote sensing techniques and comparisons have been made between two methods for retrieving or evaluating LULC, each checked against ground truth data, in order to find the most suitable way to establish geo-graphic details. Specifically, for each patch of land within the test zone, the type of cover was categorised as cropland, arable, sand, forest, artificial, water or grassland as determined using remote sensing Landsat images over the period 1989–2017. An as-sessment of the accuracy of this new analysis was then compared with Google Earth, other images and in situ data, to produce a high level of confidence in the evalua-tions. Results are displayed graphically by extracting the levels of the different types of land cover where some areas remained unchanged over a period of almost thirty years while others were subjected to the significant transformations. The forestation of moving dunes, the human impact on the area and wider changes in the environment are all discussed. The results demonstrate how remote sensing and GIS methods can be used as an important tool for planners, dispensing with the need for costly field trips to establish up-to-date data on land cover change and use.

Mots-clés
Land use, land cover, forest management, urbanisation, remote sensing, Landsat

Consultable en ligne (en anglais) :
https://www.ku.lt/mokslas/wp-content/uploads/2020/05/Galiniene_disertacija_final.pdf

 

2021

Lionel KIEFFER

4 février 2020, Aix-en-Provence

Titre
« Chaînage des déplacements et modélisation des déplacements secondaires, une nouvelle approche de l’étude des comportements de mobilité »

Jury

Anne Aguiléra, Chargée de Recherche HDR, IFSTTAR, rapporteure
Jean-Philippe Antoni, Professeur des universités, Université de Bourgogne, rapporteur
Frédéric Audard, Maître de conférences, Aix-Marseille Université, co-directeur
Jean-Paul Hubert, Directeur de Recherche, IFSTTAR, président du jury
Catherine Morency, Professeure, École Polytechnique de Montréal, examinatrice
Sébastien Oliveau, Maître de conférences – HDR, Aix-Marseille Université, co-directeur

Résumé
L’’évolution des mobilités et la complexification de ces dernières nécessite de nouvelles approches et de nouveaux outils pour mieux l’’appréhender. L’’évolution des pratiques de mobilité est étroitement liée avec celle des villes dans leur globalité. Il faut donc distinguer ces deux ensembles en étudiant à la fois, les nouvelles formes comportementales des populations en termes de mobilité mais aussi la façon dont les réseaux de transport des villes ont été adaptés pour supporter ces changements. L’’étude des déplacements des individus a aussi évolué. Ces changements amènent à s’’interroger sur la (re)définition même du sens du déplacement. Les recherches actuelles se concentrent sur les déplacements d’’un lieu vers un autre dans leur globalité c’est-à-dire entre une origine et une destination principale unique ; d’’autres approches posent la question des chaînes de déplacements sans toutefois considérer les processus de choix liés aux différents déplacements de cette chaîne. Il est pourtant nécessaire d’’analyser ces mobilités particulières dans un contexte spécifique de temps et d’’espace où les pratiques quotidiennes de l’’espace requièrent aujourd’’hui des temps et des distances de déplacements plus importants. Ces travaux de thèse sont réalisés dans le cadre d’un projet d’’exploitation d’’une enquête ménages déplacements effectués en 2007-2008 sur le territoire de l’’Aire Métropolitaine Toulonnaise (AMT). L’’objectif de cette étude est double. D’’une part analyser la pratique du chaînage des déplacements quotidiens et l’organisation globale de la mobilité des individus. Ensuite, proposer un modèle de génération et de distribution du trafic qui prennent en compte la déviation spatiotemporelle par un ou plusieurs arrêts au cours d’’un déplacement.

Mots-clés
Transports,gestion des mobilités,durabilité des déplacements

Consultable en ligne

 

2021

Rémi PASCAL

27 janvier 2020, Paris

Titre
« Le peuplement du bassin méditerranéen de 1800 à 2010. Données disponibles, limites et organisation spatiales »

Jury
Mme Yvette Vaguet, Maître de conférences – HDR, Université de Rouen Normandie, rapporteure
M. Jordi Martí-Henneberg, Professeur, Université de Lleida, rapporteur
Mme Catherine Mering, Professeur émérite, Université Paris Diderot, examinatrice
M. Sébastien Oliveau, Maître de conférences – HDR, Aix-Marseille Université et EHESS, examinateur
M. Mounir Redjimi, Maître de conférences, Avignon Université, examinnateur
M. François Moriconi-Ebrard, Directeur de recherche CNRS, Université Paris Diderot, Directeur de thèse

Résumé
La mer Méditerranée et les terres qui l’entourent ont eu un rôle central dans l’Histoire du monde. Ces espaces, habités ou parcourus, ont grandement évolué au cours des derniers millénaires, et se sont peu à peu structurés à travers l’apparition de divers objets géographiques tels les bourgs, les villes, les découpages administratifs… C’est à la croisée de ces dynamiques spatiales, historiques, et de l’établissement humain, qu’est appréhendée la notion de peuplement. Pour analyser son évolution autour de la Méditerranée de 1800 à 2010, une base de données de plus de 137 000 localités réparties dans tous les États riverains a été construite. Mais sont-elles toutes « méditerranéennes » ?
La délimitation de l’espace méditerranéen est une ancienne et récurrente question toujours présente dans les recherches portant sur cet espace. Pour tenter d’y répondre, cinq variables ont été choisies pour construire un indice qui a permis de proposer une limite caractérisant les localités méditerranéennes. A partir de cet ensemble d’objets, et en prenant en compte la notion de dépendance au chemin, une analyse de l’évolution du peuplement autour de la mer Méditerranée été réalisée. Révélant des cycles, des trajectoires et divers autres phénomènes, elle a permis de mettre en lumière des formes d’organisations spatiales originales.

Mots clés
Base de données, Dépendance au chemin, Époque contemporaine, Évolution, Limites, Localité, Méditerranée, Peuplement, Structures spatiales

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02926152v1

 

2019

2019

2021

Romualdo DE BARROS CORREIA

18 décembre 2019, Avignon

Titre
« Un système d’information foncière pour gérer le risque d’inondation.
Expérimentations à Praia (Cap-Vert) »

Jury
M. CUNHA Lúcio, Professeur, Université de Coimbra (Portugal), rapporteur
Mme DAVOINE Paule-Annick, Professeure, Université Grenoble Alpes, UMR PACTE, rapporteure
M. DOUVINET Johnny, Maître de conférences – HDR, Avignon Université, UMR ESPACE, Co-directeur de thèse
M. GRASLAND Loïc, Professeur, Avignon Université, UMR ESPACE, Directeur de thèse
M. LEONE Frédéric, Professeur, Univ. Paul Valéry-Montpellier 3, UMR GRED, examinateur
Mme PROVITOLO Damienne, Chargée de recherche CNRS, UMR Géoazur, examinatrice

Résumé
Les phénomènes extrêmes associés au changement climatique sont devenus un sujet de recherche majeur, à cause notamment du coût des dégâts (économiques, humains, sociaux et environnementaux), qui ont un impact négatif sur les PIB et dont les pays les plus pauvres ont le plus à souffrir. De manière plus localisée, la ville de Praia, capitale du Cap‐Vert, est confrontée à différentes catastrophes et en particulier aux crues rapides, des aléas qui se manifestent entre juillet et août, suite à des pluies intenses, et qui ont tendance à s’intensifier. Ces inondations, aggravées par la conquête d’espaces urbanisés dans des zones à risque, notamment les fonds de vallées et des secteurs à forte pente, augmentent le niveau d’exposition des riverains. Ces derniers sont aussi vulnérables car certains habitent dans des habitats précaires clandestins. Face à un tel constat, cette recherche propose de créer et de déployer un prototype de Système d’Information Foncière cadastrale, à référence spatiale, pour proposer des indices de risque du bâti face aux crues rapides et pour accroître les connaissances de l’administration foncière. Le système se structure autour de deux aspects : une composante « gisweb mobile », qui permet la collecte électronique de données depuis le terrain, favorisant ainsi la participation des ménages dans le processus d’évaluation de leur risque et leur propre vulnérabilité, tout en permettant la collecte in situ ; une composante « station de travail » (workstation), permettant le traitement et la diffusion d’informations sur les risques tout en envisageant la gestion du risque à l’échelle de la ville. Pour ce faire, les langages html, JavaScript et CSS et les technologies open source (Google API, PostgreSQL/PostGIS, le langage PHP, OpenLayers 3, logiciel QGIS, Geoserver) ont été utilisées, pour rendre l’outil à la fois transposable et opérationnel. On a pu constater d’après l’échantillon enquêté que le niveau de risque des logements face aux crues rapides est important (33%), et il s’explique essentiellement par la vulnérabilité géographique et environnementale des constructions associée à la précarité socioéconomique des foyers.

Mots clés
Vulnérabilités, risques, système d’information foncière, évaluation

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02886527v1

 

2021

Charlotte HEINZLEF

4 décembre 2019, Paris

Titre
« Modélisation d’indicateurs de résilience urbaine face au risque d’inondation
Co-construction d’un système spatial d’aide à la décision pour contribuer à l’opérationnalisation du concept de résilience »

Jury
M. BAROCCA Bruno, Maître de conférences – HDR, Génie urbain Université Paris Est Marne La Vallée, rapporteur
MME MERAD Myriam, Directrice de recherche CNRS, Risques, gouvernance, Université Paris Dauphine, rapporteure
M. BECUE Vincent, Docteur, Villes résilientes, Faculté d’Architecture et d’Urbanisme de Mons, co-directeur de thèse
MME CURT Corinne, Ingénieure de Recherche – HDR, Génie Civil et Génie des Procé, IRSTEA Aix-en-Provence, examinatrice
M. LAHAYE Willy, Professeur, Psychologie, Université de MONS-HAINAUT, examinateur
M. SERRE Damien, Professeur, Géographie, Université d’Avignon / Université de Polynésie Française, Directeur de thèse
M. VANDERLINDEN Jean-Paul, Professeur, Économie et Études environnement, Université Versailles Saint-Quentin, président du jury

Résumé
Dans un contexte de dérèglement climatique, d’augmentation des inondations en milieu urbain, d’augmentation des incertitudes, les gestionnaires urbains sont obligés d’innover pour concevoir des stratégies de gestion des risques adéquates. Parmi ces stratégies, rendre les villes résilientes est devenu un impératif. Le concept de résilience est un concept pluridisciplinaire qui définit la capacité d’un système à absorber une perturbation et à récupérer ses fonctions par la suite. Cette notion renvoie à une innovation technique, urbaine, sociale, architecturale, économique et politique et enjoint à une remise en question des stratégies traditionnelles de gestion du risque. Cette injonction à l’innovation s’adapte parfaitement à la complexité́ urbaine, économique, politique, sociale, écologique du monde contemporain. De ce fait, le concept de résilience s’intègre aux enjeux d’étalement urbain et aux risques associés. Pourtant, malgré cette adéquation théorique et conceptuelle, la résilience demeure complexe à intégrer dans les pratiques des urbanistes et acteurs territoriaux. Sa multitude de définitions et d’approches a favorisé son abstraction et son manque d’opérationnalisation.
Face à ce constat, cette recherche se propose de répondre à ces lacunes opérationnelles en construisant un système spatial d’aide à la décision afin de clarifier et favoriser l’intégration du concept dans les pratiques urbaines. L’idée défendue est que la résilience urbaine incarne les aptitudes et capacités d’une ville et de sa population à mettre en place avant, pendant et après un événement perturbateur de façon à en limiter les impacts négatifs. Ce positionnement scientifique permet donc d’analyser la résilience urbaine sur un long pas de temps, mettant en avant des capacités proactives que le système urbain doit développer de façon à (ré) agir face à l’inondation. Ce travail s’est appuyé sur un partenariat socio-économique avec la Ville d’Avignon et son Service SIG (Système d’Information Géographique). L’approche a permis de construire trois indicateurs de mesure afin d’aborder la résilience urbaine, technique et social. Ces indicateurs ont permis d’acquérir des informations sur les variables définissant des potentiels de résilience qui favoriseraient l’émergence d’une réponse adéquate face à une inondation urbaine. L’utilisation de techniques de géovisualisation a permis de favoriser la visualisation des traitements et des résultats afin d’expliciter la démarche auprès des gestionnaires urbains. Parallèlement, des ateliers de concertation ont été montés afin de présenter et discuter des résultats obtenus grâce aux indicateurs avec les responsables et gestionnaires des infrastructures critiques.
La co-construction de ces indicateurs, afin de construire une analyse et une connaissance autour de la résilience urbaine, suivis de la mise en place d’ateliers avec les acteurs du territoire, afin de favoriser le processus décisionnel territorial, a permis de développer une culture de résilience. Ce système spatial d’aide à la décision a donc permis la mutualisation des connaissances théoriques et pratiques autour des questions de risques urbains et de résilience afin de parvenir à un consensus nécessaire pour la prise de décision et l’opérationnalisation de la résilience.

Mots clés
Résilience, inondations urbaines, système spatial d’aide à la décision, approche collaborative, gestion des risques, changement climatique

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02486296v1

 

2021

Prune Christobelle KOMBA MAYOSSA

14 novembre 2019, Aix-en-Provence

Titre
« Dégradation du couvert forestier liée à la culture du palmier à huile par télédétection en milieu tropical humide : application au bassin du Congo »

Jury
Mme Jūratė Kamičaitytė, Professeur, Kaunas University of Technology, Lituanie, Président du jury
M. Julien Andrieu, Maître de conférences-HDR, Université de Nie côte d’Azur, France, rapporteur
M. Philippe Cadène, Professeur des Universités , Université Paris Diderot, France, rapporteur
M. Geo Coppens D’Eeckenbrugge, Chargé de Recherche-HDR, CIRAD, France, examinateur
M. Sébastien Gadal, Professeur des universités, Aix Marseille Université, France, Directeur de thèse
M. Jean-Marc Roda, Chargé de Recherche, University Putra Malaysia, Malaisie, co-directeur de thèse

Résumé
L’objectif de cette thèse est d’étudier la dégradation du couvert forestier liée à la culture industrielle du palmier à huile par télédétection dans le bassin du Congo, particulièrement la palmeraie de la SOCAPALM-Kienké au Cameroun. Pour caractériser la dégradation, afin de mettre en évidence le lien systémique existant entre la dégradation du couvert forestier et l’évolution de la palmeraie et de la structure paysagère, l’approche fonctionnelle de l’écologie du paysage a été couplée à l’approche spatiale de la télédétection. Pour atteindre cet objectif, plusieurs traitements intégrant des indicateurs spectraux, statistiques, structuraux de l’écologie du paysage et des morphologiques de télédétection, ont été effectués. Les indicateurs spectraux issus des données Landsat (MSS, TM, ETM+) et Sentinel-2A, nous ont permis de cartographier la dynamique spatiale de l’occupation du sol, pour étudier l’évolution de la palmeraie, du couvert forestier et des autres éléments d’occupation du sol composant la zone d’étude de 1973 à 2017. La méthode de classification non- supervisée par analyse de données itérative auto-organisée (ISODATA) et la méthode de classification supervisée par segmentation spatiale ont été respectivement utilisées pour l’image Landsat 1-MSS (1973) et pour les images Landsat 4-TM, Landsat 7-ETM+ et Sentinel-2A de 1988-2017. Les cartes obtenues sont de bonne précision, avec des indices de Kappa compris dans les intervalles [0,61-0,8] et [0,81-1]. À partir de ces cartes, les indicateurs statistiques nous ont permis de caractériser la dynamique spatio-temporelle de la palmeraie de Kienké, et de mettre en évidence l’expression spatiale de la dégradation du couvert forestier de 1973 à 2017. Elle se traduit par la régression du couvert forestier (taux moyens annuels allant de -1 % à -1.47%), qui est essentiellement liée à l’expansion de la palmeraie et du tissu urbain. Les indicateurs structuraux de l’écologie du paysage et morphologiques de télédétection (filtres directionnels et ACP), nous ont permis d’extraire la morphologie du paysage élaeicole de Kienké et d’expliciter les changements spatiaux observés. Il en résulte que l’expansion de la palmeraie, entraîne l’apparition de nouvelles structures urbaines à proximité et à l’intérieur de la palmeraie. Ces structures favorisent la régression du couvert forestier, qui correspond à un certain nombre de transformations opérées au sein de l’écosystème forestier, dont le processus dominant est la fragmentation.

Mots clés
Palmier à huile, Télédétection, Écologie du paysage, Bassin du Congo, Indicateurs, Analyse spatiale

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02396595v1

 

2021

Alessandro ARALDI

16 septembre 2019, Aix-en-Provence

Titre
« Distribution des commerces et forme urbaine modèles orientés-rue pour la Côte d’Azur »

Jury

BADARIOTTI Dominique, Professeur, Géographie Université de Strasbourg, France, rapporteur
TANNIER Cécile, Directrice de Recherche, Géographie CNRS, UMR ThéMA, Besançon, France, rapportrice
BERGHAUSER PONT Meta, Professeure, Urbanisme et Aménagement Chalmers, University of Technology, Göteborg, Suède, examinatrice
THILL Jean-Claude, Professeur, Géographie et Politiques Publiques, University of North Carolina at Charlotte, États-Unis, examinateur
JOSSELIN Didier, Directeur de Recherche, Géographie CNRS, UMR ESPACE, Avignon, France, examinateur et président du jury
FUSCO Giovanni, Chargé de Recherche HDR, Géographie CNRS, UMR ESPACE, Nice, France, co-directeur de thèse
VOIRON-CANICIO Christine, Professeure Géographie, Université Côte d’Azur, France, co-directrice de thèse

Résumé
Cette thèse de doctorat analyse et discute la relation entre la distribution spatiale des activités commerciales et la forme urbaine. Plus précisément, dans ce travail, nous nous intéressons aux relations statistiques spatiales entre la localisation des activités commerciales de petite et moyenne taille et les propriétés physiques de la forme urbaine dans la région métropolitaine de la Côte d’Azur. L’hypothèse sous-jacente de cette recherche est que les caractéristiques physiques du paysage bâti pourraient influer la façon dont les humains perçoivent et utilisent l’espace urbain et, en définitive, sur la répartition et l’organisation des activités commerciales dans les villes. Au cours des deux dernières décennies, les spécialistes ont étudié de plus en plus cette relation. Néanmoins, les caractéristiques du tissu commercial et du tissu urbain sont souvent réduites aux notions simples de, densité de magasin et de configuration de réseau de rue. Plusieurs aspects, tels que la typologie d’agglomération morpho-fonctionnelle du commerce de détail, les caractéristiques géométriques du paysage à l’échelle de la rue et l’influence contextuelle du tissu urbain sont traditionnellement exclus de ces analyses. Ces aspects devraient être encore plus importants lorsque l’on étudie des zones métropolitaines très hétérogènes comme la Côte d’Azur, où l’on retrouve une combinaison de villes de tailles différentes et de régions morphologiques paradigmatiques : centres médiévaux, zones planifiées modernes et contemporaines et étalement suburbain. Pour surmonter ces limitations, des protocoles basés sur la théorie et assistés par ordinateur sont sélectionnés et développés dans cette thèse permettant l’extraction de mesures quantitatives de forme commerciale et urbaine. En particulier, partant des théories traditionnelles de la géographie du commerce et de la morphologie urbaine, deux procédures sont proposées et mises en œuvre, fournissant une description détaillée des tissus urbains et commerciaux à l’échelle de la rue. Ces méthodologies se basent sur des combinaisons innovantes de protocoles de géo-traitement et sur des approches d’IA (Réseaux Bayésiens). Les relations statistiques entre les descripteurs morphologiques urbains et de distribution commerciale sont étudiées à travers la mise en œuvre de plusieurs modèles de régression statistique. La décomposition de la zone d’étude dans les sous-régions morphologiques à la fois à l’échelle méso et macro, ainsi que la mise en œuvre de procédures de régression pénalisées, permettent d’identifier des combinaisons spécifiques de caractéristiques morphologiques urbaines avec les caractéristiques de distribution spatiales du commerce. Dans le cas de la Côte d’Azur, les résultats de ces modèles confirment la relation statistique entre les propriétés de configuration du réseau de rues et de la distribution spatiale du commerce. Néanmoins, il a été également démontré que le rôle de certaines variables morphométriques de paysage à l’échelle de la rue constitue également un aspect pertinent de la forme urbaine lors de l’enquête sur la distribution du commerce. Enfin, il a été démontré que le contexte morphologique à la fois