Thèses ESPACE

2020 | 2019 | 2018 | 2017



2020

2020

Lionel KIEFFER

4 février 2020, Aix-en-Provence

Titre
« Chaînage des déplacements et modélisation des déplacements secondaires, une nouvelle approche de l’étude des comportements de mobilité »

Jury

Anne Aguiléra, Chargée de Recherche HDR, IFSTTAR, rapporteure
Jean-Philippe Antoni, Professeur des universités, Université de Bourgogne, rapporteur
Frédéric Audard, Maître de conférences, Aix-Marseille Université, co-directeur
Jean-Paul Hubert, Directeur de Recherche, IFSTTAR, président du jury
Catherine Morency, Professeure, École Polytechnique de Montréal, examinatrice
Sébastien Oliveau, Maître de conférences – HDR, Aix-Marseille Université, co-directeur

Résumé


Mots-clés


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Rémi PASCAL

27 janvier 2020, Paris

Titre
« Le peuplement du bassin méditerranéen de 1800 à 2010. Données disponibles, limites et organisation spatiales »

Jury
Mme Yvette Vaguet, Maître de conférences – HDR, Université de Rouen Normandie, rapporteure
M. Jordi Martí-Henneberg, Professeur, Université de Lleida, rapporteur
Mme Catherine Mering, Professeur émérite, Université Paris Diderot, examinatrice
M. Sébastien Oliveau, Maître de conférences – HDR, Aix-Marseille Université et EHESS, examinateur
M. Mounir Redjimi, Maître de conférences, Avignon Université, examinnateur
M. François Moriconi-Ebrard, Directeur de recherche CNRS, Université Paris Diderot, Directeur de thèse

Résumé

La mer Méditerranée et les terres qui l’entourent ont eu un rôle central dans l’Histoire du monde. Ces espaces, habités ou parcourus, ont grandement évolué au cours des derniers millénaires, et se sont peu à peu structurés à travers l’apparition de divers objets géographiques tels les bourgs, les villes, les découpages administratifs… C’est à la croisée de ces dynamiques spatiales, historiques, et de l’établissement humain, qu’est appréhendée la notion de peuplement. Pour analyser son évolution autour de la Méditerranée de 1800 à 2010, une base de données de plus de 137 000 localités réparties dans tous les États riverains a été construite. Mais sont-elles toutes « méditerranéennes » ?
La délimitation de l’espace méditerranéen est une ancienne et récurrente question toujours présente dans les recherches portant sur cet espace. Pour tenter d’y répondre, cinq variables ont été choisies pour construire un indice qui a permis de proposer une limite caractérisant les localités méditerranéennes. A partir de cet ensemble d’objets, et en prenant en compte la notion de dépendance au chemin, une analyse de l’évolution du peuplement autour de la mer Méditerranée été réalisée. Révélant des cycles, des trajectoires et divers autres phénomènes, elle a permis de mettre en lumière des formes d’organisations spatiales originales.


Mots clés
Base de données, Dépendance au chemin, Époque contemporaine, Évolution, Limites, Localité, Méditerranée, Peuplement, Structures spatiales

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2019

2019

Romualdo DE BARROS CORREIA

18 décembre 2019, Avignon

Titre
« Un système d’information foncière pour gérer le risque d’inondation.
Expérimentations à Praia (Cap-Vert) »

Jury
M. CUNHA Lúcio, Professeur, Université de Coimbra (Portugal), rapporteur
Mme DAVOINE Paule-Annick, Professeure, Université Grenoble Alpes, UMR PACTE, rapporteure
M. DOUVINET Johnny, Maître de conférences – HDR, Avignon Université, UMR ESPACE, Co-directeur de thèse
M. GRASLAND Loïc, Professeur, Avignon Université, UMR ESPACE, Directeur de thèse
M. LEONE Frédéric, Professeur, Univ. Paul Valéry-Montpellier 3, UMR GRED, examinateur
Mme PROVITOLO Damienne, Chargée de recherche CNRS, UMR Géoazur, examinatrice

Résumé

Les phénomènes extrêmes associés au changement climatique sont devenus un sujet de recherche majeur, à cause notamment du coût des dégâts (économiques, humains, sociaux et environnementaux), qui ont un impact négatif sur les PIB et dont les pays les plus pauvres ont le plus à souffrir. De manière plus localisée, la ville de Praia, capitale du Cap‐Vert, est confrontée à différentes catastrophes et en particulier aux crues rapides, des aléas qui se manifestent entre juillet et août, suite à des pluies intenses, et qui ont tendance à s’intensifier. Ces inondations, aggravées par la conquête d’espaces urbanisés dans des zones à risque, notamment les fonds de vallées et des secteurs à forte pente, augmentent le niveau d’exposition des riverains. Ces derniers sont aussi vulnérables car certains habitent dans des habitats précaires clandestins. Face à un tel constat, cette recherche propose de créer et de déployer un prototype de Système d’Information Foncière cadastrale, à référence spatiale, pour proposer des indices de risque du bâti face aux crues rapides et pour accroître les connaissances de l’administration foncière. Le système se structure autour de deux aspects : une composante « gisweb mobile », qui permet la collecte électronique de données depuis le terrain, favorisant ainsi la participation des ménages dans le processus d’évaluation de leur risque et leur propre vulnérabilité, tout en permettant la collecte in situ ; une composante « station de travail » (workstation), permettant le traitement et la diffusion d’informations sur les risques tout en envisageant la gestion du risque à l’échelle de la ville. Pour ce faire, les langages html, JavaScript et CSS et les technologies open source (Google API, PostgreSQL/PostGIS, le langage PHP, OpenLayers 3, logiciel QGIS, Geoserver) ont été utilisées, pour rendre l’outil à la fois transposable et opérationnel. On a pu constater d’après l’échantillon enquêté que le niveau de risque des logements face aux crues rapides est important (33%), et il s’explique essentiellement par la vulnérabilité géographique et environnementale des constructions associée à la précarité socioéconomique des foyers.

Mots clés
Vulnérabilités, risques, système d’information foncière, évaluation

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Charlotte HEINZLEF

4 décembre 2019, Paris

Titre
« Modélisation d’indicateurs de résilience urbaine face au risque d’inondation
Co-construction d’un système spatial d’aide à la décision pour contribuer à l’opérationnalisation du concept de résilience »

Jury
M. BAROCCA Bruno, Maître de conférences – HDR, Génie urbain Université Paris Est Marne La Vallée, rapporteur
MME MERAD Myriam, Directrice de recherche CNRS, Risques, gouvernance, Université Paris Dauphine, rapporteure
M. BECUE Vincent, Docteur, Villes résilientes, Faculté d’Architecture et d’Urbanisme de Mons, co-directeur de thèse
MME CURT Corinne, Ingénieure de Recherche – HDR, Génie Civil et Génie des Procé, IRSTEA Aix-en-Provence, examinatrice
M. LAHAYE Willy, Professeur, Psychologie, Université de MONS-HAINAUT, examinateur
M. SERRE Damien, Professeur, Géographie, Université d’Avignon / Université de Polynésie Française, Directeur de thèse
M. VANDERLINDEN Jean-Paul, Professeur, Économie et Études environnement, Université Versailles Saint-Quentin, président du jury

Résumé

Dans un contexte de dérèglement climatique, d’augmentation des inondations en milieu urbain, d’augmentation des incertitudes, les gestionnaires urbains sont obligés d’innover pour concevoir des stratégies de gestion des risques adéquates. Parmi ces stratégies, rendre les villes résilientes est devenu un impératif. Le concept de résilience est un concept pluridisciplinaire qui définit la capacité d’un système à absorber une perturbation et à récupérer ses fonctions par la suite. Cette notion renvoie à une innovation technique, urbaine, sociale, architecturale, économique et politique et enjoint à une remise en question des stratégies traditionnelles de gestion du risque. Cette injonction à l’innovation s’adapte parfaitement à la complexité́ urbaine, économique, politique, sociale, écologique du monde contemporain. De ce fait, le concept de résilience s’intègre aux enjeux d’étalement urbain et aux risques associés. Pourtant, malgré cette adéquation théorique et conceptuelle, la résilience demeure complexe à intégrer dans les pratiques des urbanistes et acteurs territoriaux. Sa multitude de définitions et d’approches a favorisé son abstraction et son manque d’opérationnalisation.
Face à ce constat, cette recherche se propose de répondre à ces lacunes opérationnelles en construisant un système spatial d’aide à la décision afin de clarifier et favoriser l’intégration du concept dans les pratiques urbaines. L’idée défendue est que la résilience urbaine incarne les aptitudes et capacités d’une ville et de sa population à mettre en place avant, pendant et après un événement perturbateur de façon à en limiter les impacts négatifs. Ce positionnement scientifique permet donc d’analyser la résilience urbaine sur un long pas de temps, mettant en avant des capacités proactives que le système urbain doit développer de façon à (ré) agir face à l’inondation. Ce travail s’est appuyé sur un partenariat socio-économique avec la Ville d’Avignon et son Service SIG (Système d’Information Géographique). L’approche a permis de construire trois indicateurs de mesure afin d’aborder la résilience urbaine, technique et social. Ces indicateurs ont permis d’acquérir des informations sur les variables définissant des potentiels de résilience qui favoriseraient l’émergence d’une réponse adéquate face à une inondation urbaine. L’utilisation de techniques de géovisualisation a permis de favoriser la visualisation des traitements et des résultats afin d’expliciter la démarche auprès des gestionnaires urbains. Parallèlement, des ateliers de concertation ont été montés afin de présenter et discuter des résultats obtenus grâce aux indicateurs avec les responsables et gestionnaires des infrastructures critiques.
La co-construction de ces indicateurs, afin de construire une analyse et une connaissance autour de la résilience urbaine, suivis de la mise en place d’ateliers avec les acteurs du territoire, afin de favoriser le processus décisionnel territorial, a permis de développer une culture de résilience. Ce système spatial d’aide à la décision a donc permis la mutualisation des connaissances théoriques et pratiques autour des questions de risques urbains et de résilience afin de parvenir à un consensus nécessaire pour la prise de décision et l’opérationnalisation de la résilience.

Mots clés
Résilience, inondations urbaines, système spatial d’aide à la décision, approche collaborative, gestion des risques, changement climatique

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https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02486296v1

 

Prune Christobelle KOMBA MAYOSSA

14 novembre 2019, Aix-en-Provence

Titre
« Dégradation du couvert forestier liée à la culture du palmier à huile par télédétection en milieu tropical humide : application au bassin du Congo »

Jury
Mme Jūratė Kamičaitytė, Professeur, Kaunas University of Technology, Lituanie, Président du jury
M. Julien Andrieu, Maître de conférences-HDR, Université de Nie côte d’Azur, France, rapporteur
M. Philippe Cadène, Professeur des Universités , Université Paris Diderot, France, rapporteur
M. Geo Coppens D’Eeckenbrugge, Chargé de Recherche-HDR, CIRAD, France, examinateur
M. Sébastien Gadal, Professeur des universités, Aix Marseille Université, France, Directeur de thèse
M. Jean-Marc Roda, Chargé de Recherche, University Putra Malaysia, Malaisie, co-directeur de thèse

Résumé

L’objectif de cette thèse est d’étudier la dégradation du couvert forestier liée à la culture industrielle du palmier à huile par télédétection dans le bassin du Congo, particulièrement la palmeraie de la SOCAPALM-Kienké au Cameroun. Pour caractériser la dégradation, afin de mettre en évidence le lien systémique existant entre la dégradation du couvert forestier et l’évolution de la palmeraie et de la structure paysagère, l’approche fonctionnelle de l’écologie du paysage a été couplée à l’approche spatiale de la télédétection. Pour atteindre cet objectif, plusieurs traitements intégrant des indicateurs spectraux, statistiques, structuraux de l’écologie du paysage et des morphologiques de télédétection, ont été effectués. Les indicateurs spectraux issus des données Landsat (MSS, TM, ETM+) et Sentinel-2A, nous ont permis de cartographier la dynamique spatiale de l’occupation du sol, pour étudier l’évolution de la palmeraie, du couvert forestier et des autres éléments d’occupation du sol composant la zone d’étude de 1973 à 2017. La méthode de classification non- supervisée par analyse de données itérative auto-organisée (ISODATA) et la méthode de classification supervisée par segmentation spatiale ont été respectivement utilisées pour l’image Landsat 1-MSS (1973) et pour les images Landsat 4-TM, Landsat 7-ETM+ et Sentinel-2A de 1988-2017. Les cartes obtenues sont de bonne précision, avec des indices de Kappa compris dans les intervalles [0,61-0,8] et [0,81-1]. À partir de ces cartes, les indicateurs statistiques nous ont permis de caractériser la dynamique spatio-temporelle de la palmeraie de Kienké, et de mettre en évidence l’expression spatiale de la dégradation du couvert forestier de 1973 à 2017. Elle se traduit par la régression du couvert forestier (taux moyens annuels allant de -1 % à -1.47%), qui est essentiellement liée à l’expansion de la palmeraie et du tissu urbain. Les indicateurs structuraux de l’écologie du paysage et morphologiques de télédétection (filtres directionnels et ACP), nous ont permis d’extraire la morphologie du paysage élaeicole de Kienké et d’expliciter les changements spatiaux observés. Il en résulte que l’expansion de la palmeraie, entraîne l’apparition de nouvelles structures urbaines à proximité et à l’intérieur de la palmeraie. Ces structures favorisent la régression du couvert forestier, qui correspond à un certain nombre de transformations opérées au sein de l’écosystème forestier, dont le processus dominant est la fragmentation.

Mots clés
Palmier à huile, Télédétection, Écologie du paysage, Bassin du Congo, Indicateurs, Analyse spatiale

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Alessandro ARALDI

16 septembre 2019, Aix-en-Provence

Titre
« Distribution des commerces et forme urbaine modèles orientés-rue pour la Côte d’Azur »

Jury

BADARIOTTI Dominique, Professeur, Géographie Université de Strasbourg, France, rapporteur
TANNIER Cécile, Directrice de Recherche, Géographie CNRS, UMR ThéMA, Besançon, France, rapportrice
BERGHAUSER PONT Meta, Professeure, Urbanisme et Aménagement Chalmers, University of Technology, Göteborg, Suède, examinatrice
THILL Jean-Claude, Professeur, Géographie et Politiques Publiques, University of North Carolina at Charlotte, États-Unis, examinateur
JOSSELIN Didier, Directeur de Recherche, Géographie CNRS, UMR ESPACE, Avignon, France, examinateur et président du jury
FUSCO Giovanni, Chargé de Recherche HDR, Géographie CNRS, UMR ESPACE, Nice, France, co-directeur de thèse
VOIRON-CANICIO Christine, Professeure Géographie, Université Côte d’Azur, France, co-directrice de thèse

Résumé

Cette thèse de doctorat analyse et discute la relation entre la distribution spatiale des activités commerciales et la forme urbaine. Plus précisément, dans ce travail, nous nous intéressons aux relations statistiques spatiales entre la localisation des activités commerciales de petite et moyenne taille et les propriétés physiques de la forme urbaine dans la région métropolitaine de la Côte d’Azur. L’hypothèse sous-jacente de cette recherche est que les caractéristiques physiques du paysage bâti pourraient influer la façon dont les humains perçoivent et utilisent l’espace urbain et, en définitive, sur la répartition et l’organisation des activités commerciales dans les villes. Au cours des deux dernières décennies, les spécialistes ont étudié de plus en plus cette relation. Néanmoins, les caractéristiques du tissu commercial et du tissu urbain sont souvent réduites aux notions simples de, densité de magasin et de configuration de réseau de rue. Plusieurs aspects, tels que la typologie d’agglomération morpho-fonctionnelle du commerce de détail, les caractéristiques géométriques du paysage à l’échelle de la rue et l’influence contextuelle du tissu urbain sont traditionnellement exclus de ces analyses. Ces aspects devraient être encore plus importants lorsque l’on étudie des zones métropolitaines très hétérogènes comme la Côte d’Azur, où l’on retrouve une combinaison de villes de tailles différentes et de régions morphologiques paradigmatiques : centres médiévaux, zones planifiées modernes et contemporaines et étalement suburbain. Pour surmonter ces limitations, des protocoles basés sur la théorie et assistés par ordinateur sont sélectionnés et développés dans cette thèse permettant l’extraction de mesures quantitatives de forme commerciale et urbaine. En particulier, partant des théories traditionnelles de la géographie du commerce et de la morphologie urbaine, deux procédures sont proposées et mises en œuvre, fournissant une description détaillée des tissus urbains et commerciaux à l’échelle de la rue. Ces méthodologies se basent sur des combinaisons innovantes de protocoles de géo-traitement et sur des approches d’IA (Réseaux Bayésiens). Les relations statistiques entre les descripteurs morphologiques urbains et de distribution commerciale sont étudiées à travers la mise en œuvre de plusieurs modèles de régression statistique. La décomposition de la zone d’étude dans les sous-régions morphologiques à la fois à l’échelle méso et macro, ainsi que la mise en œuvre de procédures de régression pénalisées, permettent d’identifier des combinaisons spécifiques de caractéristiques morphologiques urbaines avec les caractéristiques de distribution spatiales du commerce. Dans le cas de la Côte d’Azur, les résultats de ces modèles confirment la relation statistique entre les propriétés de configuration du réseau de rues et de la distribution spatiale du commerce. Néanmoins, il a été également démontré que le rôle de certaines variables morphométriques de paysage à l’échelle de la rue constitue également un aspect pertinent de la forme urbaine lors de l’enquête sur la distribution du commerce. Enfin, il a été démontré que le contexte morphologique à la fois à moyenne et à grande échelle est un facteur clé pour expliquer la répartition des petites et moyennes activités commerciales dans une grande région métropolitaine.


Mots clés

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2018

2018

Marion LE TYRANT

21 décembre 2018, Aix-en-Provence

Titre
« Perceptions individuelles et mobilisations collectives autour du moustique Aedes albopictus dans le Sud de la France : anthropologie des politiques sanitaires de prévention »

Jury
Daniel BLEY, Directeur de thèse, CNRS, Aix-Marseille Université, Directeur de la thèse
Jean-François GUEGAN, Co-directeur de thèse, IRD, CNRS, Université de Montpellier, co-directeur de la thèse
Marc-Éric GRUÉNAIS, Rapporteur, Université de Bordeaux, rapporteur
Jocelyn RAUDE, Rapporteur et Président du jury, EHESP, rapporteur
Sandrine MUSSO, Examinateur, Aix-Marseille Université, examinatrice

Résumé

Le moustique Aedes albopictus ou moustique tigre, potentiellement vecteur de virus tels que la dengue, le Chikungunya ou le Zika est présent dans une quarantaine de départements français de métropole. L’expérience de l’épidémie de Chikungunya survenue en 2005 à l’Ile de la Réunion et sa médiatisation, ainsi que les cas et foyers autochtones de dengue et de Chikungunya enregistrés sur le continent européen et en France métropolitaine depuis une dizaine d’années, confirment l’intérêt des autorités d’anticiper le risque à l’échelle de la métropole par l’adoption de stratégies collectives de réduction des risques vectoriels. Ces stratégies évoluent vers des techniques alternatives aux insecticides et impliquent de façon croissante l’action les populations dans la lutte anti-vectorielle.
Ce travail s’appuie sur une ethnographie des interactions entre les agents d’une collectivité locale et des riverains de la communauté d’agglomération Var-Esterel-Méditerranée (CAVEM), ainsi que sur une série d’entretiens semi-directifs réalisés auprès d’acteurs institutionnels et d’administrés de la Ville de Nîmes. Les deux territoires étudiés sont exposés à la nuisance liée au moustique tigre et ont fait l’expérience du risque sanitaire lié à ce vecteur avec le recensement de cas de Chikungunya à Fréjus en 2010 et d’un foyer de sept cas de dengue à Nîmes en 2015. A partir de l’analyse des discours et des pratiques des acteurs institutionnels locaux et des usagers, ce travail propose une analyse des perceptions à la fois de la nuisance liée aux moustiques, des risques sanitaires associés à Aedes albopictus, ainsi que des mesures mises en œuvre à titre individuel et collectif, à visée préventive ou dans le cadre de la lutte anti-vectorielle lors de la circulation locale du virus.
Cette thèse entend démontrer en quoi la lutte contre Aedes albopictus et la promotion de la mobilisation sociale à l’échelle institutionnelle locale relèvent moins d’enjeux strictement sanitaires que plus largement politiques et en particulier de priorisation de l’agenda politique local. Nous analysons à cet effet, en quoi la dimension sanitaire du problème est utilisée comme un argument justifiant l’action ou l’inaction locale en matière de mobilisation sociale autour du moustique tigre, et non comme un motif initial d’action. De même, nous expliquons comment les choix opérés à l’échelle locale de l’action publique en matière de lutte contre Aedes albopictus influencent les rapports entre la figure de l’autorité publique locale (l’élu, l’agent territorial) et celle du riverain. L’enjeu plus général que nous discutons est de savoir si l’implication institutionnelle locale en matière de lutte contre le moustique tigre est révélatrice d’identités de territoire et préfigure des inégalités territoriales et plus largement sociales en termes d’accès à l’information, de prévention vis-à-vis des risques sanitaires et de qualité de vie des populations.

Mots clés
moustique tigre (Aedes albopictus), maladies émergentes à transmission vectorielle, perceptions individuelles, mobilisation sociale, politique sanitaire préventive, Sud de la France

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http://www.theses.fr/2018AIXM0643#

 

Saïd BOULAROUK

5 décembre 2018, Avignon

Titre
« Système d’Information Géographique sonore et connecté pour l’aide à la mobilité des personnes aveugles et malvoyantes »

Jury
Sidonie Christophe, DR, LASTIG-IGN, St-Mandé, rapporteure
Jean-Pierre Merlet, HDR, INRIA, Sophia-Antipolis, rapporteur
Olivier Bonin, CR, IFSTTAR, Paris, examinateur
Marlene Villanova-Oliver, MCF, HDR, Université Grenoble Alpes, examinatrice
Rachel Thomas, DR, CNRS, Grenoble, Examinatrice
Jérome Gensel, PROF, Université Grenoble Alpes, examinateur
Didier Josselin, DR, CNRS, Avignon, co-directeur de thèse
Eitan Altman, DR, INRIA, Sophia-Antipolis, co-directeur de thèse

Résumé

En 2010, le nombre estimé des personnes malvoyantes, dans le monde, a atteint 285 millions personnes, 39 millions sont totalement aveugles. Ce nombre risque de doubler en 2050. On sait que la connaissance spatiale est primordiale pour que l’homme puisse s’orienter et se mouvoir librement. Son déplacement est conditionné par les informations spatiales qu’il perçoit. Mais, la difficulté d’interpréter l’environnement se répercute sur la
mobilité et sur la découverte de l’environnement proche et lointain. Pour mieux maîtriser et comprendre cet espace, qui est la source primaire de la donnée spatiale, l’homme a représenté la donnée sous format graphique et sous format textuel et numérique. Les deux formats exigent la perception visuelle, négligeant involontairement la situation des déficients visuels et leur droit à l’accès à la connaissance spatiale.
Dans cette thèse, nous nous sommes intéressé aux outils d’aide à l’interprétation de l’information spatiale par le canal auditif. Le principe est d’utiliser les techniques de traitement d’images, de la reconnaissance de la parole et de la synthèse vocale pour proposer une interaction multimodale entre la personne malvoyante et un système d’information géographique adapté, sans que la modalité visuelle ne soit nécessaire. Pour cela nous
proposons plusieurs moyens complémentaires :
– traduire une représentation graphique (« landscape ») en une représentation sonore (« soundscape »), par quantification des couleurs du raster ;
– traiter les métadonnées sur l’espace et les transcrire vocalement dans un dialogue Homme-Machine ;
– exploiter les capteurs à bas coût pour aider la personne malvoyante à mieux intéragir avec l’espace.

Mots clés

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Mohammed Amine AIT OUAHMED

15 octobre 2018, Avignon

Titre
« Optimisation dans l’auto-partage à un seul sens avec voitures électriques et relocalisations »

Jury
Mme Feng Chu, Professeur, IBISC, Université d’Evry, Rapporteur
Mme Marie-Jo Huguet, Professeur, LAAS, INSA de Toulouse, Rapporteur
M. Alain Lhostis, Chercheur HDR, IFSTTAR, LVMT, Paris, Examinateur
M. David Coudert, Directeur de Recherche, INRIA Sophia Antipolis, Examinateur
M. Thomas Devogele, Professeur, LI, Université de Tours, Examinateur
M. Didier JOSSELIN, Directeur de Recherche, UMR ESPACE 7300, CNRS, Directeur de thèse
M. Fen Zhou, Maître de conférence, LIA, Université d’Avignon, Co-Directeur de thèse

Résumé

Cette thèse a pour objectif de modéliser et résoudre des problèmes d’optimisation d’un système d’auto-partage avec des voitures électriques dit « à un seul sens », où les utilisateurs peuvent prendre une voiture dans une station et la laisser ensuite dans une autre. Ce fonctionnement conduit généralement à une situation de déséquilibre dans la répartition des voitures avec certaines stations pleines et d’autres vides. Une des solutions utilisées par les opérateurs d’autopartage pour pallier ce problème est le recours à des agents pour déplacer les voitures selon le besoin. Identifier et répondre à ce besoin est un problème d’optimisation non trivial, notamment à cause de l’usage de véhicules électriques, ce qui engendre des contraintes de rechargement de batteries et d’autonomie. Le problème d’optimisation est décomposé en deux sous-problèmes : le premier est le problème d’affectation des voitures aux clients, ainsi que leurs routages, que nous nommons ROCSP pour Recharging One way Car Sharing Problem ; le second problème est celui du planning des agents et leurs routages que nous nommons ESRP pour Employee Scheduling Routing Problem. 1. Résolution du ROCSP : deux modélisations en Programmation Linéaire en Nombres Entiers (PLNE) sont proposées, la première basée sur les flots et la deuxième sur les chemins, ce qui fait que les deux modèles intègrent de manière différente les contraintes de recharge électrique. Comme la résolution exacte à travers les modèles PLNE s’avère très gourmande en temps de calcul et non adaptée aux instances d’auto-partage de taille réelle, nous proposons des heuristiques qui permettent dans un temps raisonnable d’optimiser la redistribution des voitures et la gestion du service. Ces heuristiques permettent de calculer le nombre de voitures et les différentes opérations de relocalisation (redistribution des voitures) à réaliser sur une journée donnée. 2. Résolution du ESRP : un modèle PLNE est proposé pour la résolution exacte du ESRP, et, en complément, des heuristiques sont proposées pour une résolution approchée et relativement rapide. L’objectif est la détermination du nombre minimal d’agents nécessaire pour effectuer les opérations de relocalisation qui découlent du premier problème, le ROCSP. Dans une partie prospective, et une fois les ROCSP et ESRP résolus dans leur version statique, nous nous focaliserons sur une autre variante du problème avec réservation dynamique. Nous proposons également d’explorer un nouveau concept – l’auto-copartage – qui se veut une hybridation entre autopartage et covoiturage. Les algorithmes proposés ont été validés sur le réseau Auto Bleue de la ville de Nice essentiellement, qui gère une flotte de véhicules électriques, en s’appuyant sur des modèles de génération de flux pour estimer la demande, mais aussi d’autres instances que nous avons générées pour simuler d’autres villes, au sein d’un Système d’Information Géographique.

Mots clés
Auto-partage, Véhicules électriques, Relocalisation de voitures, Algorithme génétique, Programmation Linéaire en Nombres Entiers(PLNE), Génération de colonnes, Système d’Information Géographique (SIG)

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https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02390083v1

 

Léa WESTER

8 juin 2018, Aix-en-Provence

Titre
« Transports collectifs et initiative individuelle. Approche des transports collectifs artisanaux par l’auto-organisation et les systèmes multi-agents »

Jury
Jean-Philippe ANTONI, Professeur, Université de Bourgogne
Frédéric AUDARD, Maître de Conférences, Université d’Aix-Marseille
Lourdes DIAZ-OLVERA, Chargée de Recherche, Ministère de l’Écologie
Françoise DUREAU, Directrice de Recherche Honoraire, IRD
Jérôme LOMBARD, Directeur de Recherche, IRD
Sébastien OLIVEAU, Maître de Conférences HDR, Aix-Marseille Université
Léna SANDERS, Directrice de Recherche, CNRS

Résumé

Dans de nombreuses métropoles, il n’existe par de transports collectifs centralisés, publics ou privés. Des solutions alternatives se sont développées grâce à des systèmes de transports artisanaux qui reposent sur l’éclatement de la propriété et l’autonomie des équipages de véhicules. Leur mode d’organisation permet aux transports artisanaux de s’adapter à la demande de manière dynamique. Nous proposons d’analyser les caractéristiques de ces systèmes grâce à la modélisation multi-agents et les théories de l’auto-organisation. A travers plusieurs modèles, nous verrons comment les structures et les dynamiques de ces systèmes dépendent des stratégies individuelles et de la structure urbaine. En posant la question de l’adaptabilité du transport en commun, les transports artisanaux nous amènent à nous interroger sur les dimensions urbaines de la mobilité collective mais également sur la flexibilisation des services de transport.

Mots clés
Modélisation multi-agents, transports collectifs artisanaux, auto-organisation, Ville, Lima — Pérou, Brazzaville Congo

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https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02390083v1

 

Hadrien FOUILLADE ORSINI

23 mai 2018, Nice

Titre
« La concentration du crime et les caractéristiques de l’aménagement de l’espace urbain à Marseille »

Jury
Laurent Chapelon, Professeur, Université de Montpellier 3
Mikhail Kanevski
, Professeur, Université de Lausanne
Gilles Maignant,
Chargé de Recherche, CNRS
Lena Sanders
, Directrice de Recherche CNRS, Université Paris Diderot
Christine Voiron-Canicio
, Professeure, Université Nice Sophia Antipolis

Résumé

Il semble communément admis que l’espace et le crime sont intimement liés. L’origine sociale du délinquant et les caractéristiques sociales des quartiers criminogènes ont souvent été mises en avant comme facteurs explicatifs de la concentration de la délinquance. Pourtant la localisation du crime ne semble pas être due au hasard. L’espace joue un rôle primordial tant dans la manifestation du crime que dans sa persistance. Etudier le crime du point de vue géographique et de l’analyse spatiale nécessite à la fois une définition précise de l’acte ou du comportement illicite, mais également une quantification ainsi qu’une géolocalisation à l’échelle la plus fine possible. En France le niveau départemental voire communal représente le niveau le plus bas disponible en termes de statistiques criminelles. Cependant l’analyse de la relation entre l’aménagement de l’espace urbain et la distribution spatiale du crime nécessite une donnée à l’échelle de la rue. L’agglomération de Marseille a été retenue comme espace d’étude en raison de son profil économique et social particulier. La capitale régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur compte un nombre important de quartiers concernés par la nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville. Elle se caractérise aussi par son titre controversé de ville la plus criminogène de France. Cette idée forgée au cours du 20ème siècle a été alimentée par le rôle de Marseille comme principal port de l’Empire Colonial Français. Les marchandises illicites surent profiter des lignes commerciales régulières pour entrer sur le territoire national via le port. Au lendemain de la seconde guerre mondiale la ville devint la capitale mondiale de la transformation de la morphine-base et de l’exportation de l’héroïne jusqu’à ce qu’en 1969 le président des Etats-Unis d’Amérique : Richard Nixon décide de mener une lutte farouche contre le trafic de stupéfiants à destination de son pays. Entre récession économique et trafic dynamique de la drogue, Marseille est chaque année concernée par près d’une quinzaine d’homicides majoritairement liés à la guerre des voyous pour le contrôle du trafic de stupéfiants. Ces « règlements de compte entre malfaiteurs» d’après la désignation officielle ne représentent qu’une infime partie de la délinquance sévissant dans la commune. Cependant ces meurtres qui sont assez rares pour être systématiquement rapportés par les différents médias sont suffisamment nombreux pour permettre une cartographie de la délinquance suite au référencement de chaque homicide dans un système d’information géographique. Une fois les analyses spatiales de la distribution d’un semis de points effectuées, une analyse d’image par morphologie mathématique a été réalisée pour délimiter scientifiquement les zones de concentration du crime. L’objectif de la recherche consistant à identifier les caractéristiques de la configuration géographique de l’aménagement urbain qui permettent d’expliquer la distribution spatiale du crime. Différentes représentations de l’espace urbain et des réseaux spatiaux convertis en graphes primaux ou duaux ont été utilisées pour discerner les quartiers les plus isolés et à l’inverse les lieux les plus centraux et intégrés. Aux différents indices mathématiques de centralité calculés sur les réseaux spatiaux s’ajoute une représentation des interactions entre les espaces ouverts sous la forme d’un graphe conçu d’après la théorie de la syntaxe spatiale. Les différents indices calculés devant vérifier si les zones de concentration des règlements de compte entre malfaiteurs à Marseille sont systématiquement localisées dans des quartiers facilement accessibles comme le laisserait suggérer la présence d’un trafic de drogue dynamique ou au contraire dans des lieux ségrégés et difficiles d’accès pouvant expliquer la dégradation urbaine et sociale perceptible dans ces espaces.


Mots clés
Géocriminologie, Analyse spatiale, Hotspots de crime, Syntaxe spatiale

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02390083v1

 

2017

2017

Béatrice GISCLARD

7 décembre 2017, Avignon

Titre
« L’innovation sociale territorialisée : un levier de réappropriation du risque inondation par les habitants L’exemple des crues rapides dans les territoires ruraux du Gard et du Vaucluse (France) »

Jury
Johnny Douvinet, MCF, ESPACE, Université d’Avignon, co-encadrant
Alain Findeli, PR, PROJEKT, Université de Nîmes, co-directeur
Loïc Grasland, PR, ESPACE, Université d’Avignon, directeur
Guillaume Lacquement, PR, ARTDev, Université de Perpignan, rapporteur
Nathalie Pottier, MCF, CEMOTEV, Univ. de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, examinatrice
Alexandra Schleyer-Lindenmann, MCF, ESPACE, Univ. d’Aix-Marseille, examinatrice
Freddy Vinet, PR, GRED, Université de Montpellier 3, rapporteur
Karine Weiss, PR, CHROME, Université de Nîmes, co-directrice

Résumé

Alors qu’on attend beaucoup de lui, l’habitant, convoqué sous le terme de « citoyen » dans les dispositifs technocratiques, est pourtant une « entité » abstraite dont les dimensions psychosociologiques sont trop souvent sous-estimées. Néanmoins, l’adoption de comportements appropriés en cas d’événement est bel et bien lié à l’adéquation entre les ressources individuelles mobilisables et les mesures institutionnelles que l’individu est à même de s’approprier. Dès lors, cette thèse a pour but de mesurer plus finement les capacitations des habitants, en mobilisant notamment l’innovation sociale territorialisée face à un risque spécifique : les crues rapides pouvant se manifester dans le sud-est de la France. À cet effet, un protocole d’enquête s’appuyant sur l’interdisciplinarité (géographie des risques, psychologie environnementale et design social) et associant des données empiriques et expérimentales, a été mis en œuvre. Les entretiens réalisés (36 gestionnaires, 4 syndicats de rivières et 29 sinistrés) et les questionnaires (689) ont permis de mieux comprendre leur vision respective de la gestion des risques. Les gestionnaires sont lucides mais démunis face aux multiples failles des politiques publiques, tandis que des décalages importants existent entre les intentions comportementales et la connaissance des risques des habitants interrogés. Ces résultats ont ensuite permis de déployer un atelier créatif sur la commune de Sauve (Gard, France) qui a confirmé tout le potentiel d’appropriation par les habitants que peut avoir une démarche co-construite avec eux en amont. L’ensemble des éléments issus de ce travail amène à questionner la réalité de l’implication habitante et à identifier des leviers d’action pour faire évoluer l’approche stato-centrée encore privilégiée aujourd’hui, malgré le désengagement progressif de l’Etat-providence qui rajoute un degré
supplémentaire de complexité.

Mots clés
Risque / crues rapides / innovation sociale / territoire / capacitation

Consultable en ligne
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-02390083v1