[2022-2021] RESET / « Transition socio-écologique et résilience territoriale : le cas de Mouans-Sartoux (06) »

Porteurs du projet :
Karine Emsellem, Stéphane Bouissou, Frédérique Bertoncello (MSHS, OTECCA)

RESET [2021-2022]

Contrat Appel à projet IDEX JEDI – Académie 5
Co-contractant Université Côte d’Azur (UCA)

Contrats de recherche financés

Transition socio-écologique et résilience territoriale : le cas de Mouans-Sartoux (06)

Programme de recherche porté par Karine Emsellem (Maître de conférences, Université de Côte d’Azur, UMR ESPACE), Stéphane Bouissou (Professeur, Université de Côte d’Azur, UMR ESPACE), Frédérique Bertoncello (MSHS, OTECCA)
Le laboratoire ESPACE est membre de l’Observatoire de la Transition Écologique et Citoyenne Côte d’Azur (OTECCA).

Objectifs du projet


Questionner la transition par la résilience territoriale
Nous souhaitons donc étudier dans quelle mesure la transition socio-écologique menée sur l’un des territoires pionniers en la matière en France est facteur de résilience locale. Une attention particulière sera portée aux rôles joués par les acteurs du territoire dans cette évolution et aux facteurs d’appropriation de ce projet territorial par les citoyens. Ce travail scientifique sera réalisé sur le territoire de Mouans-Sartoux dont la politique en matière de transition socio-écologique fait exemple aux niveaux national voire européen (cf. Distinction au sein de la politique européenne URBACT “Driving chance for better cities”).

Mouans-Sartoux : un territoire exemplaire ?
Située entre Grasse et Cannes, la ville de Mouans-Sartoux (environ 10 000 habitants) se distingue par bien des aspects des communes des Alpes-Maritimes (Catesla, 2006). Grâce à un projet politique municipal fort et inscrit dans la durée depuis une cinquantaine d’années, la ville poursuit des objectifs de transformations sociales et environnementales à travers des projets innovants. Mouans-Sartoux est en effet réputée pour son engagement en faveur d’une alimentation durable (cantines 100 % bio depuis 2012, Maison d’éducation à l’alimentation durable, projets participatifs tels que « le citoyen nourrit la ville » ou les défis des foyers à alimentation positive). Au-delà de l’alimentation, les nombreuses actions menées en faveur de la préservation de l’environnement depuis une vingtaine d’années (protection du foncier, promotion de la mobilité douce, commune zéro-pesticides depuis 2000, …), ont valu à la ville d’être élue “Capitale régionale de la biodiversité” en 2017. Sur le plan culturel, Mouans-Sartoux est également reconnue pour son tissu associatif très riche donnant lieu à de nombreuses manifestations (nuits estivales, printemps des possibles, fêtes de la science, jour de la nuit, …), dont le Festival du livre créé en 1988, de renommée nationale. Des programmes émergent également dans le domaine des innovations numériques, autour de l’open source et du collaboratif (Sempels, 2013). Pourtant les projets portant atteintes à cette vision du territoire n’ont pas manqué, à l’image de l’implantation envisagée d’un magasin Ikéa en périphérie de la ville ou des luttes pour se réapproprier les délégations de services publics (notamment pour la gestion de l’eau et des ordures ménagères) autrefois administrées par le secteur privé. Plus récemment sont apparues des problématiques liées à des externalités négatives du territoire : forts embouteillages, nuisances sonores, délinquance, développement de la périurbanisation, etc. Mouans Sartoux, ville idéale ne le serait-elle pas ? C’est ce modèle de développement territorial que nous souhaitons questionner.

Méthodes
Une telle recherche ne peut se faire que de manière pluridisciplinaire, en l’axant sur une lecture du territoire qui combine géographie, sciences de l’environnement, science politique, communication, psychologie sociale. Une attention particulière sera portée aux points suivants :

  • Les potentialités territoriales, c’est-à-dire tout ce qui contribue à singulariser ce territoire, à différentes échelles, et à y créer des ressources, des contraintes et des dépendances ;
  • La trajectoire du territoire dans le temps, en repérant les moments de rupture et les signaux faibles annonciateurs de changements futurs ;
  • Les capacités et les capacitations des acteurs du territoire à faire preuve d’initiatives et d’intelligence collective, notamment à partir du local, de manière cumulative ou pas, par transmission ou pas ;
  • Les processus psycho-sociaux et idéologiques d’engagement et d’implication des citoyens dans des démarches de transition ;
  • La création et la circulation des savoirs et des représentations entre experts et non-experts ;
  • La manière dont les actions citoyennes se mettent (ou pas) en synergie avec les actions publiques, et les modes de gouvernance qui se créent ;
  • Les stratégies d’accompagnement et d’incitation au changement vers des comportements éco-responsables ;
  • Les vulnérabilités sociales et leurs conséquences face aux changements environnementaux (inégalités sociales, déséquilibre de pouvoirs, etc.)
Équipe scientifique

Porteur du projet


Karine EMSELLEM
Stéphane BOUISSOU
Frédérique BERTONCELLO / MSHS (OTECCA)

Participants UMR ESPACE


Karine EMSELLEM
Stéphane BOUISSOU

Partenaires extérieurs


Frédéric COUSTON (TransitionS)
Thierry LONG (LAPCOS)
Yannick RUMPALA (ERMES)