[2022-2017] Co-RESTART WP4 / « Les SMArtphones et les Réseaux Sociaux numériques, des leviers pour accroître la résilience dans les régions Rhône-Alpes et PACA »

Porteur du projet :
Johnny Douvinet

CORESTART WP4 [2017-2022]

ContratFonds structurels européen POIA / FEDER
Co-contractantRégion PACA (site internet)

Contrats de recherche financés

Les SMArtphones et les Réseaux Sociaux numériques, des leviers pour accroître la résilience dans les régions Rhône-Alpes et PACA

Programme de recherche porté par Johnny Douvinet (Professeur, Avignon Université, UMR 7300 ESPACE)

Objectifs du projet


Ce projet visait quatre objectifs complémentaires, qui ont tous été atteints malgré un contexte (sanitaire, sociétal, politique) peu évident.

L’action 1 (12/2017>11/2018) a permis d’analyser les apports et limites des réseaux sociaux et des applications smartphone en tant que leviers de résilience face aux risques naturels en France, sans identifier de particularités pour les territoires de montagne. Les apports de ces outils ont été avérés en 2007 à l’échelle internationale (lors des attentats de Charleston en 2007, aux USA, la localisation du tueur ayant été facilitée grâce aux tweets envoyés par les personnes situées dans la salle de cours). Dans le domaine des risques naturels, les usages ont véritablement émergé à la suite du tremblement de terre d’Haïti (12 janvier 2010 à 16h53, heure locale). En France, 2014 est une année charnière, avec un usage de plus en plus avéré suite aux inondations du 18-19 janvier 2014 à La-Londe-Les- Maures et lors du tremblement de terre du 7 avril 2014 dans les Alpes. Depuis, ces pratiques n’ont cessé de se généraliser (lors des crues rapides de l’automne 2014 et celles de 2015, 2017 et 2018, ou lors de l’accident de la German Wings en 2018). L’ensemble des Services Départementaux Incendie et Secours (SDIS) et des Préfectures ont désormais un compte pour informer, communiquer, répondre aux attentes des populations, voire bénéficier d’une veille active en cas d’évènements (VISOV, 2015), à condition pour ce dernier point d’avoir une convention.

L’action 2 (12/2018>11/2019) a permis d’évaluer la réalité des pratiques des médias sociaux dans les territoires d’expérimentation, en interrogeant des gestionnaires de risques (38), à différents niveaux, et des habitants (450 réponses collectées), et de dépasser une lecture binaire qui consiste à opposer les avantages et les limites des médias sociaux (Martin et Demontis, 2015 ; Douvinet et al., 2017). L’un des prérequis à l’usage des médias sociaux est de disposer d’une couverture réseau (téléphonie, électricité) constante et de bonne qualité pour attendre un réel usage des médias sociaux. Or, si le Plan France Très Haut Débit lancé en 2013 vise un objectif de couverture à Très Haut Débit pour l’ensemble du territoire national, un rapport (De la Raudière et Bothorel, 2017) souligne l’urgence à parvenir à une couverture 2G irréprochable partout en France. Le déploiement d’un réseau de qualité dans les territoires de montagne est pourtant non prioritaire car jugé peu rentable pour les opérateurs. De surcroit, le changement climatique, qui se traduit par des évolutions en termes d’enneigement ou de pluies (Ravanel, et al., 2018), oblige à reconsidérer les approches classiques, et à envisager aussi bien des réponses innovantes face à l’imprévisible qu’un profond changement de paradigme. Les réponses ont démontré que les réseaux sociaux étaient vus comme des outils positifs (apports de connaissance à distance) et négatifs (craintes à l’égard de la viralité de ces médias), tout en soulignant que les applications smartphones sont bien moins perçus comme utiles. Ce constat fait écho aux constats d’échec de l’application mobile SAIP (Système d’Alerte et d’Information des Populations) et aux usages ratés durant l’année 2016 et 2018, ce qui a d’ailleurs conduit l’État français à abandonner de façon définitive cette solution le 28 mai 2018.

L’action 3 (12/2019>11/2020) a permis, malgré un contexte difficile, de voir la manière dont les actions pouvaient être co-construites, entre les habitants et les gestionnaires des risques. La mise en réseaux doit reposer sur les associations locales (épicerie, MJC, associations…), en s’inscrivant dans le territoire de façon durable et pérenne. Suite à une nouvelle enquête en ligne (120 réponses), les résultats confirment la réelle motivation de la part des habitants, qui souhaitent s’impliquer dans ce réseau, mais qui n’ont pas les idées et/ou les ressources pour le structurer. Les élus ne doivent pas être au centre de ce réseau, pour éviter toute confusion politique, ce qui peut parfois poser des difficultés (notamment parce que les représentants de l’État sont les garants de la diffusion de l’information préventive et de la mise en application des Plans de Prévention).

L’action 4 (12/2020>11/2021) a permis, à nouveau dans un contexte difficile (annulation de deux missions de terrain), de valoriser les travaux collectés et de partager les connaissances avec les habitants locaux. Les séminaires de restitution sur les 4 communes ont permis de faire partager les savoirs, experts et locaux, tout en envisageant les réponses à apporter au sein des territoires avec les 3 autres WP impliqués dans le méta-projet Co-RESTART. Les échanges ont été l’occasion d’aborder les effets du dérèglement climatique, déjà visibles depuis plus de 30 ans par certains acteurs, et d’imaginer les stratégies à mettre en place pour changer les modes de vie ou maintenir la vitalité économique à l’avenir). Le but n’est plus de s’adapter, mais bien de transformer les ressources face à des scénarios (augmentation des sécheresses, disparition de la neige en totalité…), présentés comme extrêmes, et qui pourtant ne le sont plus du tout.

Résultats


Productions


  • Colloque organisé

SMARS 2019 : https://cap-alert2019.sciencesconf.org/
Retrouvez les conférences de ce colloque sur Canal U, Chaine : Avignon Université / Colloque / Cap-Alert 2019

  • Publications

Douvinet J. (2020). « L’alerte par sirènes : Une priorité discutable en France », Annales de géographie – N° 731 (1/2020), pp. 5-32, Armand Colin. Disponible sur : https://www.revues.armand-colin.com/geographie/annales-geographie/annales-geographie-ndeg-731-12020/lalerte-sirenes-priorite-discutable-france

Douvinet J., Gisclard B., Martin G., Vinet F., Bopp E., Grancher D., Coulon M., Genre-Grandpierre C. (2018). La couverture spatiale des sirènes est-elle opérante pour alerter la population en cas d’inondation en France ? Actes du colloque SHF Avignon-226e section du CST « de la prévision des crues à la gestion de crise, Avignon, 14-16 novembre 2018 » (à paraître La Houille Blanche).

Douvinet J., Gisclard B., Kouadio J.S., Saint-Martin C., Martin G. (2017). « Une place pour les technologies smartphones et les Réseaux Sociaux Numériques (RSN) dans les dispositifs institutionnels de l’alerte aux inondations en France ? », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Espace, Société, Territoire, document 801, mis en ligne le 05 janvier 2017, consulté le 12 novembre 2020. URL : http://journals.openedition.org/cybergeo/27875 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cybergeo.27875

D’autres références sont accessibles sur le site internet :
https://corestart.hypotheses.org/publications

Équipe scientifique

Porteur du projet


Johnny DOUVINET

Participants UMR ESPACE


Alexia BOUFFEL
Johnny DOUVINET
Cyrille GENRE-GRANDPIERRE
Béatrice GISCLARD (post-doc, 18 mois)
Loïc GRASLAND
Lounis JOURNÉ (stage Master 1)
Alice VERPILLOT (IE, 12 mois)

Partenaires extérieurs


Les équipes des 3 autres WP du méta projet :

Pauline Texier (Université Lyon III) – équipe de l’UMR EVS

Jean-Philippe de Oliveira (Grenoble-Alpes) – équipe du GRESEC

Elise Beck (Grenoble-Alpes) – équipe de l’UMR PACTE