Oliver-James CROOK / « Évaluation de l’état de systèmes socio-écologiques de mangrove »

01 janvier 2024 par Nathalie Brachet [TheChamp-Sharing]
Oliver-James CROOK / "Évaluation de l'état de systèmes socio-écologiques de mangrove"

Oliver-James CROOK
Doctorant

Début de thèse :
Janvier 2024

Terrains d’études :
Inde et Brésil

Partenaires du projet EESSEM :
Savoirs et Mondes Indiens - Pondichéry (UAR3330, CNRS / MEAE)



 

Thèses en cours

Évaluation de l'état de systèmes socio-écologiques de mangrove

Sous la direction de :
Stéphane Bouissou (Professeur, Université Côte d'Azur, UMR 7300 ESPACE) et Julien Andrieu (Maître de conférences, HDR, Université Côte d'Azur, UMR 7300 ESPACE)

La superficie des mangroves diminue d’environ 20% dans le monde depuis les années 1980.  Le déclin accéléré des mangroves a donné lieu à de nombreuses mesures visant à les protéger et à les restaurer. Le taux d'érosion des superficies a ainsi diminué depuis les années 2000. La pratique de la reforestation s'est répandue dans le monde entier, mais cette politique ne parvient souvent pas à restaurer efficacement les zones de mangrove et s'accompagne de mesures coercitives, d'expropriations foncières et d'injustices environnementales suscitant beaucoup de résistance et de conflits. A cet égard, la conservation de la mangrove présente encore d'importants défis sociaux et politiques. Beaucoup d'études émettent encore des diagnostics imprécis sur l'état des mangroves et associent souvent l'observation d'une pratique et la dégradation des mangroves, sans démonstration du réel impact de la première sur la seconde. L'originalité du projet est de relier des études issues des sciences sociales, qui mobilisent les concepts du système socio-écologique mais peu de données environnementales ; et les études en écologie qui produisent des données environnementales sans analyser la société dans le système. Cette approche interdisciplinaire permettra la conception d’un outil permettant d’évaluer l’état d’une mangrove. Le projet est basé sur deux sites d’études : Pichavaram (Inde) et le canal de Santa-Cruz (Brésil). Le premier site présente deux facteurs importants : une restauration massive de la mangrove qui a fonctionnée et une mise sous cloche de la mangrove. Le second site présente, malgré le statut de zone de protection environnementale, une pollution extrêmement importante et une pêche décrite comme intensive. Plusieurs types de données seront récoltées sur le terrain pour avoir une analyse robuste de la biodiversité couplée à une analyse de la perception des acteurs, de leurs pratiques et de leurs valeurs associées aux mangroves.

La construction de l’outil d’évaluation sera alimentée par différentes données issues de plusieurs champs disciplinaires (géographie, sociologie, biologie, écologie, etc.). Les données issues de la télédétection apporteront un suivi des changements d’occupation du sol à partir d’images Landsat. La botanique permettra une description du couvert végétal et des espèces par une méthode de transect. Des prélèvements d'eau dans des sites ciblés de chaque système socio-écologique fourniront une analyse de l’ADN-environnemental (ADNE-e). Le metabarcoding ciblera principalement la macro-biodiversité exploitée par les populations humaines (poissons, crustacés et coquillages). La réalisation d’enquêtes à l’aide de l’utilisation de la méthode Q permettra de récolter la perception des acteurs et des différents discours. En parallèle, des entretiens semi-dirigés seront menés. L’ensemble de ces données seront implémentées dans une base de données standardisée avec comme cadre conceptuel le système socio-écologique d'E. Ostrom. À partir de cette base commune, la construction d’un outil d’évaluation de l’état du système socio-écologique de mangrove sera possible. Celui-ci devra dépasser les systèmes d’indicateurs en intégrant les interactions, les boucles de rétroaction et les effets de seuils dans le diagnostic.