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Axe 1

publié le , mis à jour le

 

Interactions multi-échelles et fonctionnement des systèmes territoriaux

 

L’approfondissement de la connaissance des systèmes territoriaux, et plus spécialement des interrelations espace-environnement-société, constitue l’une des finalités du projet de recherche. Or, le fonctionnement de tout système est le résultat de processus qui se déroulent à des échelles spatiales et temporelles différentes. ESPACE étudie ces processus en focalisant plus particulièrement l’attention sur l’échelle. La réflexion sur cette question, déjà présente dans le précédent quadriennal est transversale aux recherches multi-thématiques produites dans le cadre de l’axe 1. Les travaux s’attachent à appréhender les différents phénomènes étudiés, dans leur dimension multi-échelle et multi-niveau afin de déceler les types de relations inter-scalaires, la résultante de leurs combinaisons, et déterminer le rôle des jeux d’échelles dans le fonctionnement des systèmes territoriaux.

Cet axe repose sur un questionnement récurrent portant sur les imbrications, les interactions d’échelles et leurs inter-relations avec le fonctionnement des systèmes spatiaux. Les compétences multi-thématiques et méthodologiques du laboratoire sont réunies au sein de 4 projets concernant :
• Le fonctionnement des territoires urbains. La recherche vise à qualifier les formes urbaines actuelles dans leurs relations à travers les échelles et à les relier à d’éventuelles externalités du développement durable. Elle couple une formalisation de la spatialité des phénomènes forme-fonctionnement et de leurs interactions.
• Le fonctionnement territorial selon l’approche individu-centrée autour des thématiques « mobilités » et « démographie et santé ». L’approche développée innove par l’introduction dans les systèmes multi-agents, de la dynamique environnementale dans laquelle s’inscrivent les individus et avec laquelle les processus décisionnels rentrent en interaction.
• Le fonctionnement territorial en lien avec la démarche de géogouvernance. Il s’agit d’examiner le rôle des imbrications d’échelles spatiales mais également temporelles, dans la mise en place et le déroulement du processus de géogouvernance.
• Le fonctionnement des systèmes spatiaux « interfaces ». L’objectif est d’évaluer le rôle de l’interface dans le fonctionnement de chaque niveau spatial ou institutionnel considéré, et de manière duale, de mesurer l’apport de chaque niveau au fonctionnement du système interface.

 

Projet 1 : « Du quartier aux réseaux urbains : modélisation et évaluation des relations forme-fonctionnement »

Responsables : C. Genre-Grandpierre (Avignon) et G. Fusco (Nice)
Membres : F. Audard (Aix 1), S. Oliveau (Aix 1), V. Laperrière (Aix 1), D. Josselin (Avignon), A. Richaud (Avignon), F. Decoupigny (Nice), G. Maignant (Nice), D. Moreno Sierra (Nice), C. Voiron (Nice).
Doctorants : I. Catalao, A. Lammoglia, J. Ndayishimiye, J. Prud’homme, F. Scarella

  • Positionnement

En regroupant aujourd’hui la majeure partie de la population, les territoires urbains deviennent de fait les zones où les grands défis sociaux, économiques et environnementaux se posent avec le plus d’acuité. Ainsi, dans la perspective d’un développement urbain durable, qui s’impose comme un but à atteindre, les architectes proposent des bâtiments basse consommation, les urbanistes mettent en place des éco-quartiers, sans toutefois toujours envisager leur intégration dans le fonctionnement global et multi-échelle de la ville ce qui peut conduire à annihiler leurs bienfaits, ou encore les économistes travaillent sur la fiscalité verte afin d’orienter les comportements de mobilité vers plus de durabilité. Et qu’en est-il des géographes dont le territoire est l’objet d’étude ? Bien souvent, ils se contentent de la caricaturale, mais omniprésente, opposition entre ville dense, parée de toutes les vertus, et ville étalée qui fait, au contraire, figure d’épouvantail. Ces deux figures caricaturales apparaissent souvent comme les deux seuls possibles. La ville dense devient l’optimum à (ré)atteindre, en raison de sa supposée plus faible dépendance à l’automobile (New Urbanism), même si on feint d’ignorer qu’une partie des aspirations individuelles s’y oppose, que les moyens pour y parvenir demeurent encore largement à trouver et surtout que l’optimalité de la densité reste à démontrer (cf. contradictions of the compact city, Breheny, Burton). Pourtant, au-delà de cette opposition simpliste, on peut penser que la géographie et plus spécifiquement l’école de l’Analyse Spatiale, a un discours singulier à tenir sur la forme et le fonctionnement des territoires urbains, eu égard à son antériorité dansla description des structures territoriales et des interactions qui s’y produisent à différentes échelles. L’approche multi scalaire, indispensable pour analyser les territoires contemporains où chaque lieu apparaît pris dans des réseaux de relations allant du local à l’international, constitue assurément une spécificité et une plus-value disciplinaire.

  • Objectifs et attendus

Existe-t-il des organisations urbaines, à l’échelle de la ville ou des réseaux de villes, qui intrinsèquement sont susceptibles de favoriser le développement et la compétitivité économiques des territoires, une urbanité plus ou moins forte ou encore une plus grande durabilité en permettant notamment une mobilité moins dépendante aux énergies carbonées ? Plus généralement, vers quel modèle de territoires urbains doit-on tendre dans une perspective de durabilité ? Finalement, les différents fonctionnements urbains, sont-ils susceptibles d’influencer le développement des formes urbaines, à leurs différentes échelles ? Telles sont les questions qui se posent et en réponse desquelles bien peu de propositions ont été formulées depuis les utopistes.

- Analyse des externalités des formes empiriques

Dans cette perspective générale, l’objectif de cet axe de recherche consiste tout d’abord à décrire, modéliser et évaluer les relations forme-fonctionnement des territoires urbains en allant de l’échelle du quartier à celle des réseaux urbains. Plus spécifiquement, il s’agit d’être en mesure de qualifier les formes urbaines actuelles à différentes échelles, mais aussi dans leurs relations à travers les échelles pour, dans un second temps, les relier à d’éventuelles externalités qu’elles soient économiques, sociales ou environnementales (i.e. des externalités liées en somme au développement durable).
Le concept de « forme » sera employé d’une façon relativement large. La forme renverra à la fois aux densités urbaines, à la plus ou moins grande fragmentation du bâti, à la concentration/déconcentration des fonctions urbaines, aux configurations réticulaires et à l’accessibilité qui en découlent, à la distribution des centralités fonctionnelles et symboliques et à tous les assemblages particuliers que les villes opèrent à partir de leurs sous-composantes. De même, les « fonctionnements » urbains seront appréhendés d’une manière relativement large. Les aspects directement liés aux métabolismes urbains permettront de prendre en compte les aspects plus strictement environnementaux du développement durable. Les pratiques sociales et spatiales des habitants, leurs comportements, leurs opinions et représentations cibleront davantage la dimension sociale. Finalement, seront analysés les fonctionnements en termes d’activité économique et da compétitivité des territoires urbains.

Cette vision étagée du phénomène urbain a été déjà proposée par la sociologie urbaine (Kaufmann, Bassand et al.). L’objectif de ce projet de recherche sera de la rendre compatible avec une formalisation rigoureuse de la spatialité des phénomènes (formes et fonctionnements) et de leurs interactions, débouchant sur une pluralité de protocoles d’analyse et de modélisation quantitative. Si l’analyse des externalités de la forme des territoires urbains sur les mobilités fera l’objet d’une attention particulière étant donné les travaux passés et présents de l’UMR ESPACE, d’autres thématiques sont envisagées notamment celle de la compétitivité des territoires.

- Optimisation multi-échelle des territoires urbains

En nous appuyant sur cette première phase d’analyse des externalités des formes empiriques, nous chercherons ensuite à développer une réflexion sur l’optimisation multi-échelle des territoires urbains, dans une perspective de développement durable. Cette étape dans le processus de connaissance pourra s’appuyer sur deux théories issues des sciences dures, d’une part la théorie de la relativité d’échelle (Martin, Forriez) et la théorie constructale (Maignant). L’objectif est ici de proposer des pistes d’amélioration des organisations territoriales actuelles, voire d’en proposer de nouvelles, plus innovantes, ne se fondant pas sur la simple opposition ville dense-ville étalée ou encore sur une structuration polycentrique des territoires que des transports publics performants seraient chargés de relier. La question est ici de savoir comment structurer les territoires de demain pour qu’intrinsèquement cette structure et le fonctionnement du territoire associé concourent à leur assurer une réelle durabilité. Il s’agit bien de s’inscrire dans une perspective d’aide à la décision des acteurs publics. Si des modèles créés ex nihilo peuvent être envisagés, nous chercherons aussi quels peuvent être les leviers sur lesquels jouer pour modifier le fonctionnement territorial actuel et engendrer une auto-organisation de l’espace allant dans le sens de la durabilité.

Dans cette perspective plus théorique, la question du multi-échelle fera l’objet d’une attention particulière, tant il est vrai que l’optimisation paraît au moins autant à rechercher dans les emboitements de formes aux différentes échelles que dans les formes elles mêmes. Ici les formes issues de la géométrie fractale, qui par essence est multi scalaire, pourront servir de base d’inspiration pour dépasser les formes empiriques simples, euclidiennes, sachant que les formes fractales apparaissent quasi systématiquement dès lors que le besoin d’optimisation multicritère est pressant. Ces travaux sur l’optimisation reposeront sur les acquis du colloque Géopoint de 2008 qui portait sur ce thème, ainsi que sur les travaux menés sur la géométrie fractale et la théorie de la relativité d’échelle à Avignon (P. Martin), ceux portant sur la théorie constructale d’Adrian Béjan à Nice (G. Maignant) et les résultats obtenus par D. Josselin sur l’optimisation des systèmes de transport à la demande. Ils seront également en connexion directe avec ceux plus théoriques et conceptuels menés sur le site d’Avignon sur le thème des degrés de liberté des territoires.
Thématiques et terrains d’étude

Cette recherche sur la modélisation et l’évaluation des relations entre formes urbaines et fonctionnements urbains à différentes échelles s’inscrit partiellement dans la continuité des travaux réalisés et en cours dans les sites d’ESPACE, sur les externalités des configurations territoriales en termes de mobilité, et notamment sur les travaux :
∙ niçois sur les réseaux urbains et les mobilités, qui tout à la fois construisent les territoires métropolisés et en sont la résultante (Predit « Mobilités et métropolisation », G. Fusco, F. Decoupigny)
∙ avignonnais, menés notamment dans le cadre de l’axe organisation spatiale et durabilité du dernier quadriennal. Ils ont notamment permis de voir les effets des formes d’accessibilité produites par les réseaux viaires sur les pratiques modales, l’étalement urbain et la dépendance automobile. Ils ont aussi pu montrer qu’une modification de fond de la logique selon laquelle se font les relations spatiales (la métrique de l’espace), pouvait constituer un levier pour engendrer une auto-organisation de la ville allant dans le sens de la durabilité, ce qui revient à inscrire les objectifs de l’aménagement dans les formes spatiales et le fonctionnement qu’elles induisent (Predit « des réseaux lents contre la dépendance automobile).
∙ sur les transports à la demande (ANR TSFA Modulobus, D. Josselin) dans lesquels le lien entre structure du territoire, demande de mobilité induite et capacité des systèmes de transport à la demande à proposer une offre optimale du point de vue de la qualité du service, mais aussi d’un point de vue environnemental (consommation d’énergie, émission de polluants etc.) continuent d’être explorés.

Nous travaillerons aussi sur la compétitivité des territoires dans le prolongement des travaux sur les réseaux de villes menés par A. Richaud et L. Kaddouri. Il apparaît en effet intéressant d’apporter un éclairage sur les liens qui unissent la trame urbaine à la croissance économique d’un territoire. On peut ainsi constater que dans certains territoires les processus d’agglomération s’avèrent être une source majeure de croissance, alors que dans d’autres ils n’ont que de faibles effets d’entraînement voire, plus grave, constituent un facteur de blocage au développement. Il ne s’agit donc plus de considérer la dynamique d’urbanisation comme une condition suffisante pour assurer le développement économique, mais d’insister sur le fait que cette dynamique doit se produire sans générer de déséquilibres trop importants, au risque de voir ses avantages potentiels s’évanouir : des structures spatiales trop marquées par une certaine dualité, de type centre-périphérie, dissipent en effet les effets positifs de l’agglomération.

Les terrains d’étude de l’axe de recherche porteront essentiellement sur les contextes urbains du midi méditerranéen français (régions PACA et Languedoc-Roussillon). Ce choix vise différents objectifs. En premier lieu, il s’agit d’espaces urbains étudiés depuis long temps par les membres de l’UMR ESPACE. Les membres de l’axe pourront ainsi bénéficier de l’expertise territoriale constituée par les travaux de recherche déjà menés sur ces espaces urbains et métropolitains par l’ensemble du laboratoire. De surcroit, les espaces urbains du midi méditerranéen français présentent des enjeux de connaissance particulièrement aigus en matière de développement durable, car ils sont confrontés à une croissance démographique soutenue au cours des dernières décennies, à des dynamiques particulièrement fortes en termes d’étalement urbain, à la diffusion de pratiques modales et spatiales à forte dépendance automobile et à d’importantes recompositions territoriales (émergence de nouvelles centralités urbaines et de structures réticulaires à différentes échelles, etc.). Finalement, la comparaison des différentes méthodes d’analyse et de modélisation spatiale sera facilitée par le recouvrement, total ou partiel, des espaces étudiés et par leur appartenance au même contexte territorial.

- Méthodologies

En termes de méthodes, nous travaillerons aussi bien à partir de données empiriques permettant de relier des formes observées à des fonctionnements particuliers, qu’en recourant à la simulation.
La description et l’analyse des réseaux mobilisera la théorie des graphes, la Space Syntax et les différentes approches d’extraction de structures réticulaires à partir de matrices d’interaction spatiale. Le recours aux mesures issues de la géométrie fractale permettra par ailleurs de décrire les formes urbaines d’un point de vue multi scalaire.

Pour la mesure des externalités, lorsque la mobilisation de données empiriques ne sera pas possible, comme ce sera par exemple le cas pour les structures théoriques que nous voudrons évaluer, plusieurs techniques de modélisation seront mises à contribution, reflétant la richesse des acquis méthodologiques des différentes équipes de l’UMR ESPACE. La simulation multi-agents, s’appuyant ou pas sur la théorie des jeux, permettra de tester dans de très bonnes conditions d’expérimentation, les externalités de configurations spatiales originales qu’il est impossible d’observer empiriquement, comme c’est par exemple déjà le cas dans le cadre du projet Predit, « vers la ville lente mais accessible ». Elle permettra par ailleurs de simuler l’émergence de formes et constitue donc un outil privilégié pour cet axe de recherche. La modélisation probabiliste et à base d’intelligence artificielle permettra d’introduire l’incertitude dans la prise en compte des évaluations prospectives des fonctionnements urbains. Parallèlement, l’utilisation de modèles de déplacements descriptifs sur graphes de type gravitaire pourront être utilisés afin de simuler les impacts sur les formes urbaines si des changements de comportements (stochastiques ou pas) des individus venaient à se produire. L’idée générale est de croiser plusieurs méthodes de simulations tour à tour descriptives, explicatives, statiques, dynamiques. Finalement, différents types de modélisation conceptuelle seront utilisés pour relier entre eux les aspects plus qualitatifs de la relation forme/fonctionnement.

Synthèse

Cette recherche multi-site permettra d’articuler les échelles, de capitaliser les acquis de l’UMR ESPACE sur les plans thématiques, méthodologiques et des données, et de croiser les diverses méthodologies utilisées dans les travaux conduits dans les différents sites, lors du dernier quadriennal. Ce projet sera ainsi l’occasion d’inscrire un ensemble de travaux existant ou à venir dans une perspective nouvelle qui est celle de la recherche des externalités des configurations urbaines actuelles, et de leur optimisation. Par ailleurs, l’arrivée en 2009 et 2010 de nouveaux maîtres de conférences sur les sites d’Avignon, d’Aix et de Nice, partageant des méthodologies et outils communs (systèmes multi-agents notamment) appelés à être utilisés dans ce projet, permettra de les intégrer rapidement aux activités de recherches du laboratoire et de profiter de leurs compétences.

 

Projet 2 : « Des individus aux structures spatiales, processus d’auto-organisation et émergence »

Responsable : S. Oliveau (Aix 1). Membres : Ensemble de l’équipe ESPACE-Aix 1

  • Positionnement

Le projet de site d’Aix 1 se définit autour des questions méthodologiques, visant à intégrer l’espace de façon formelle dans les réflexions en sciences sociales.
L’équipe se positionne scientifiquement sur le front des sciences de la complexité, dans une perspective individu-centrée, en ne perdant pas de vue les possibles applications autour des questions de mobilités dans les pays du Sud d’une part, et des questions de population/santé d’autre part.

  • Objectifs et attendus

Le projet repose sur trois axes qui unissent les membres de notre équipe en laissant la place à l’expression des individualités et des spécialités propres à chacun. Il contribue également aux recherches menées dans le cadre de l’axe 1 de l’UMR ESPACE, par la focalisation mise sur les processus d’auto-organisation.

De l’Individu au groupe

Les comportements individuels en interaction produisent des phénomènes qui peuvent être observés et caractérisés à l’échelle du groupe. Ainsi en est-il de l’ensemble des phénomènes mettant en jeu une population, aussi bien des comportements démographiques (choix du couple de faire des enfants qui produit des taux de fécondité variant d’un groupe à l’autre) que des comportements de mobilité (choix des modes et temps de déplacement qui produit des flux globaux) ou d’épidémiologie. Or, tous ces comportements s’inscrivent aussi dans des spatialités singulières (que l’on résume souvent à l’aide de la cartographie).
En se plaçant dans le champ des sciences de la complexité, et en s’appuyant sur les outils de l’intelligence artificielle distribuée comme les systèmes multi-agents ou les automates cellulaires, nous nous attacherons à mettre en évidence les processus d’auto-organisation qui font émerger à une échelle agrégée des structures spatiales particulières issues de logiques individuelles. Il s’agit de simuler des comportements individuels, résultants de choix spécifiques identifiés. Jusqu’ici, les approches spatialisées mettant en œuvre de l’intelligence artificielle distribuée consistent à simuler des choix au niveau microscopique pour faire apparaître des tendances au niveau supérieur.
Toutefois, l’approche à l’échelle microscopique consiste bien souvent à catégoriser au préalable la population considérée et à réaffecter par la suite chaque individu à un groupe afin d’en déduire son comportement. Des comportements types sont décrits et chaque individu est ainsi catégorisé en fonction de son profil. Cette approche pousse donc à affecter à des individus proposant des profils différents, des comportements de mobilité "moyens" et donc similaires.

L’enjeu est de sortir de cette logique « pseudo désagrégée », où il s’agit de redistribuer aux individus les caractéristiques du groupe auquel il appartient pour s’orienter vers une approche individu-centrée, c’est-à-dire qui parte des caractéristiques propres des individus pour recomposer des dynamiques de groupe. Les systèmes multi-agents offrent la possibilité de traiter cette approche sans relier le processus de choix individuel à une catégorisation basée sur l’ensemble de la population.
De plus, l’approche développée au sein de l’équipe d’Aix-Marseille 1 comporte une innovation supplémentaire en abordant la question de la dynamique environnementale dans laquelle s’inscrivent les individus. Ainsi, chaque individu simulé est en interaction avec les autres individus, mais également avec son environnement (lui-même dynamique), qui peut infléchir les processus décisionnels mis en œuvre.
Cette réflexion, par la modélisation théorique, peut se dispenser de contexte particulier, puisqu’elle porte sur des processus généraux. Néanmoins, et dans un double souci heuristique et pédagogique, il peut être pertinent d’associer à cette démarche théorique une empiricité contrôlée. En effet, le choix d’un espace, d’une temporalité, la production et l’analyse de données sur le thème particulier étudié permettent de mieux comprendre et valider la dimension universelle des processus envisagés mais aussi de mieux les faire comprendre. Les spécialités thématiques des membres du site (démographie, santé, mobilité) sont alors appelées à servir d’exemples pour développer des modèles géographiques généraux.

Mobilités au Sud

Une application des approches méthodologiques individu-centrés se fera au sein de la thématique des mobilités dans les pays du Sud. En effet, il existe dans les pays du Sud des dynamiques particulières d’émergence de déplacements, liés d’une part à des contraintes fortes sur les individus (possédant peu de moyens et dépendant donc de ressources collectives, mais tentant aussi d’optimiser leurs déplacements), et d’autre part à une liberté plus grande que dans les pays du Nord, liée à l’absence de réglementation et/ou de moindre pouvoir des gouvernances locales, notamment urbaines.
Dans ce cadre, trois terrains complémentaires -déjà explorés- seront développés, qui possèdent chacune un degré d’intégration différent : Congo Brazzaville, Sénégal et Inde. On envisage d’étendre -au gré des possibilités- ces réflexions à d’autres espaces dont on connait déjà les spécificités (Pérou notamment).
Le cas des trois pays évoqués est intéressant, puisque l’on peut y voir une gouvernance absente (Congo), une gouvernance présente localement mais incapable de suivre l’extension urbaine (Sénégal, en particulier Dakar) et une gouvernance forte (Inde) amenant des réponses différentes à des questions pourtant identiques. Brazzaville présentent des réseaux informels à trois niveaux complémentaires qui permettent d’optimiser les déplacements à toutes les échelles de la ville (taxis collectifs dits "cent-cent", minibus "Hiace", bus "coaster"). Dakar présente une facette intermédiaire, avec un transport théoriquement réglementé, contrôlé par la société "Dakar Dem Dikk" mais qui ne parvient pas à suivre le développement urbain et a laissé la banlieue (Pikine) et le front d’extension urbain aux mains d’entrepreneurs privés de plus petite taille qui invente aujourd’hui de nouvelles lignes pour desservir les populations qui investissent ces lieux. Enfin, Chennai (capitale du Tamil Nadu - au sud-est de l’Inde), présente au contraire une forte implication de la gouvernance urbaine et locale, mais ne suffisant pas à répondre à la demande. En parallèle du réseau de bus (MTDC) existe donc des dizaines de milliers de rickshaws dont l’apparente anarchie ne doit pas caché l’organisation professionnelle importante qui permet de représenter ces acteurs de la mobilité auprès des autorités, mais aussi de réguler la co-existence de milliers de petits indépendants ou salariés qui se partage cet espace.

Population et Santé

La deuxième application thématique de l’équipe concerne les questions de population et de santé. Elles correspondent à des investissements interdisciplinaires (et internationales) des membres que l’on souhaite continuer.
La géographie de la population (on parlera d’ailleurs autant de démographie spatiale) constitue un élément de reconnaissance scientifique de certains membres de l’équipe qu’il convient de cultiver. La création d’un observatoire démographique de la méditerranée au sein de la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (MMSH) auquel l’équipe est associée va apporter un nouvel essor à cette réflexion, permettant en particulier de lier des collaborations internationales autour de la Méditerranée et la diffusion des méthodes spatiales au sein de la communauté des démographes.
En parallèle, l’expertise des membres de l’équipe a été mobilisée au sein d’une ANR, amenant au développement d’une application thématique sur la santé, qui se renforce par l’arrivée d’un maître de conférences et d’une doctorante allocataire travaillant sur la thématique. Les questions de santé, abordées au sein de l’équipe mais présentes transversalement au sein de l’UMR devraient conduire à une proposition de projet intersite en cours de quadriennal, suite à l’organisation d’un colloque sur le sujet en septembre 2010.

L’ensemble de ces travaux se développeront en interaction étroite avec les enseignements dispensés. A l’heure actuelle, l’équipe est composée uniquement d’enseignants chercheurs et se trouvent largement investie dans la gestion administrative et pédagogique de l’UFR des sciences géographiques et de l’aménagement et de l’université de Provence (les membres de l’UMR assurent actuellement la direction de l’UFR, la direction de la licence, la direction de la spécialité SDS du master de géographie, la co-direction de la spécialité "analyse des populations" du master Mathématiques appliquées et sciences sociales). Nous nous engageons donc dans une recherche au plus près la formation étudiante, pensant que les avancées de demain se préparent aujourd’hui au sein des masters et des doctorats et qu’une des forces de la recherche universitaire repose sur ses doctorants, qui ouvrent de nouvelles portes et soutiennent l’innovation scientifique.

 

Projet 3 : « Analyse Spatiale et géogouvernance »

Responsables : D. Bley (Aix 2), N. Dubus (Nice), C. Helle (Avignon)
Membres : J-P. Cheylan (Avignon), A. Douguedroit (Aix 1), K. Emsellem (Nice), J-P. Ferrier (Aix 1), C. Lampin-Maillet (CEMAGREF), G. Maignant (Nice), M. Masson-Vincent (Aix 1), S. Robert (FR ECCOREV associé à ESPACE), G. Sillère (Avignon), C. Voiron (Nice)
Doctorants : S. Liziard, L. Pugnet.

  • Positionnement

Le groupe intersite « Analyse Spatiale et géogouvernance » a été mis en place lors du quadriennal 2008-2011. Partant du constat que la composante spatiale de la gouvernance, fréquemment délaissée, constitue souvent le point d’achoppement de nombreux projets, ses objectifs étaient alors de définir le concept innovant de géogouvernance et de montrer l’apport de l’Analyse Spatiale à travers des exemples utiles à chaque phase de la conduite d’un projet de territoire. Ce double objectif est en passe d’être atteint puisque la définition du concept est maintenant stabilisée et que différentes expériences d’approche méthodologique originale visant à la mise en application du concept de géogouvernance dans un contexte opérationnel ont été explorées (cf. bilan). Mais si le concept est défini, il reste encore novateur et les conditions de sa mise en application demandent à être étudiées.

  • Objectifs et attendus

Diverses questions ont émergé des débats au sein du groupe qui s’est demandé ce qui pouvait faire le succès de la mise œuvre d’un processus de géogouvernance ou au contraire son échec. C’est pourquoi il souhaite aboutir à la proposition d’un protocole de référence propre à tout processus de géogouvernance, introduisant les exigences spatiale, durable et démocratique, et s’appuyant sur des outils d’Analyse Spatiale et sur leur expérimentation dans un contexte opérationnel. De là sont identifiées trois nouvelles pistes de recherche en interrelation les unes avec les autres et que le groupe souhaite explorer dans le cadre de deux grands territoires : la Plaine du Var, le Val de Durance.

Trois problématiques privilégiées

La première piste de recherche, relative aux jeux d’échelle, va s’attacher à définir plus précisément les niveaux territoriaux auxquels peut se mettre en place de façon pertinente et réussie un processus de géogouvernance. Y a-t-il en effet des échelles préférentielles ou à construire pour la mise en place de cette approche, les perspectives multi-échelles sont-elles praticables et comment ? Quelles sont les méthodologies de conduite ou de co-construction de projet utilisables, sont-elles plus adaptées à certains niveaux d’organisation ? C’est pour répondre à ces questions que nous avons décidé de travailler sur les grands territoires (type OIN…) qui imbriquent les échelles et les niveaux de décision. La question des échelles est évidemment à aborder en liaison avec celle des acteurs impliqués, puisqu’ils sont eux-mêmes généralement dotés d’une certaine portée spatiale, et celle du type de systèmes de pouvoir et de relation qu’ils entretiennent.

Une deuxième piste de recherche sera de questionner la temporalité du processus de géogouvernance, car il présente la particularité d’inciter à développer un procédé de connaissance en continu des territoires (inscrit dans la durée, à travers la succession des projets…) qui soit également interactif et adaptatif (intégrant les changements tels que les évolutions spatiales, les changements d’acteurs...). Comment faire coïncider cette exigence de flexibilité temporelle de la géogouvernance avec les outils et méthodes de l’Analyse Spatiale ?
La géogouvernance fait par ailleurs se confronter différentes temporalités, celles propres à chaque catégorie d’acteurs et celles du territoire. L’intérêt est de situer le processus de géogouvernance par rapport aux évolutions passées, en cours et à venir, afin de préciser les enjeux territoriaux. Cette réflexion peut par exemple amener à s’interroger sur le moment opportun pour réaliser une action ou initier un projet sur un territoire.

Enfin, la troisième piste de recherche a pour objet l’étude des relations entre les différents acteurs, scientifiques, élus, organismes de la sphère privée, ONG, associations, médias, citoyens. Au-delà des conflits que peut générer la complexité des situations relationnelles, nous nous attacherons à étudier plus particulièrement les modalités et les difficultés des processus de co-construction d’un projet de territoire, notamment au regard des aspirations et stratégies contradictoires entre groupes d’acteurs ou des fonctions multiples de certains d’entre eux : chercheur/expert, élu/scientifique, décideur/bénéficiaire.
Y a-t-il des territoires, des institutions, des modalités de conduite des politiques publiques, des cultures du savoir-vivre ensemble, susceptibles de privilégier particulièrement cette approche, et le cas échéant, sur quel type de projet ?

Méthodologies et terrains

Transversale aux trois pistes de recherche que nous venons d’énoncer, la dimension méthodologique, essentielle dans la mise en place d’un processus de géogouvernance, conduit à nous interroger sur l’usage et la création d’outils d’Analyse Spatiale au service d’un projet opérationnel.
Ces outils peuvent avoir pour but d’oeuvrer à l’information du citoyen et d’aider à rendre intelligible la complexité territoriale, dans une optique de transfert de connaissance, et de pédagogie. Dans d’autres situations, ils peuvent être destinés à accompagner l’implication des divers acteurs dans la définition du projet lui-même, et celle des enjeux de territoire. Certains de ces outils permettent également le recueil des représentations, conceptions, aspirations et savoir-faire pertinents des différents acteurs du projet. Ils peuvent encore favoriser l’aide à la formation citoyenne et le renforcement des compétences des acteurs, visant ainsi la participation effective aux processus de conception.
La mobilisation de ces outils du géographe est conditionnée par leur adaptation, leur ajustement aux contextes, allant parfois jusqu’à l’invention de nouveaux outils. Lors du précédent quadriennal, ont été menées des études portant sur la prise en main, par les collectivités territoriales, d’outils déjà existant (SIG, Web Public), et la façon dont ils pouvaient contribuer à alimenter le débat démocratique dans un éventuel processus de géogouvernance. A aussi été initiée la mise en place de maquettes 3D du territoire visant à aider au recueil de l’information (projet OIN Plaine du Var). Les résultats obtenus, en particulier l’indispensable interactivité de ces outils entre concepteurs de projet et citoyens, poussent à approfondir ces investigations dans deux directions :
-  observer plus spécifiquement les liens entre les outils de la représentation graphique et la géogouvernance (cartographie interactive, modélisation graphique, visualisation 3D…),
-  proposer des outils d’accompagnement de l’interaction sociale, comme par exemple les jeux interactifs d’aménagement, de conception et d’évaluation de scénarios et les outils de construction participative d’information.
Une analyse des domaines de pertinence et de performance des divers outils envisageables sera engagée, situant pour chacun, leurs domaines de production cognitive et leurs dépendances contextuelles.

Pour avancer tant sur ces aspects conceptuels que méthodologiques, deux « terrains » seront particulièrement explorés : la Plaine du Var dont l’aménagement fait l’objet d’une Opération d’Intérêt National et le Val de Durance, siège d’une consultation d’urbanisme, de paysage et de développement durable. Identifiés dès 2006 comme territoires à enjeux au sein du SRADT de Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’un et l’autre font aujourd’hui l’objet de mission de réflexion qui vise à définir un projet commun, cohérent et partagé et à élaborer une stratégie opérationnelle pour le mettre en œuvre dans le respect des principes du développement durable.
Ces territoires, qui coïncident à la notion émergente en aménagement de « grands territoires », s’affirment comme des espaces en devenir qui transcendent les gouvernances classiques, les temporalités, ainsi que les échelles territoriales et socio-naturelles. Par ailleurs, dans l’un et l’autre cas, les démarches de concertation et de co-construction avec les acteurs et les habitants de ces territoires sont posées dès le départ, comme des clés de réussite de ces projets. On voit mieux dès lors comment plaine du Var et val de Durance sont susceptibles de venir éclairer utilement l’analyse que l’on se propose de conduire sur les processus de géogouvernance.

L’objectif est donc d’expertiser les conditions spatiales, temporelles et relationnelles de la mise en place de la géogouvernance, et pour ce faire d’établir une grille d’analyse mobilisant diverses méthodes et techniques d’interaction et de participation, en les expérimentant au sein des deux projets de territoires choisis pour cette étude. Il s’agit aussi de faire émerger les points de convergence et de divergence de ces projets, de mettre en évidence les facteurs de réussite et les nœuds de dysfonctionnement. L’analyse débouchera à terme sur la réalisation d’un protocole d’action géogouverné pour une mise en œuvre optimale de ces processus. Ainsi pourront ensuite être répertoriés les ingrédients indispensables à la réussite de ce type de projet et être déterminés des indicateurs pertinents permettant d’en estimer sa robustesse potentielle.

 

Projet 4 : « Les interfaces multi-niveaux »

Responsables : P. Allard (Aix 2), S. Pérez (Nice). Participants : S. Christofle (Nice), J-P. Ferrier (Aix 1), G. Fusco (Nice), C. Helle (Avignon), C. Lampin-Maillet (CEMAGREF), I. Mor (membre associée, Nice), G. Sillère (Avignon), S. Robert (FR. ECCOREV).
Membres : Doctorants : L. Pugnet

  • Positionnement

Jusqu’à présent, les interfaces ont été principalement étudiées dans le domaine des transports même si elles n’ont pas été formalisées en tant que telles. Le thème des interfaces en géographie n’a été que très peu abordé en soi. Un ouvrage, paru en 2008, portant sur « Les interfaces ruptures, transitions et mutations », dirigé par Francoise Pagney Benito Espinal, a réuni diverses contributions faisant suite au colloque des XIèmes Journées de Géographie Tropicale. Les interfaces y sont abordées essentiellement sous l’angle des littoraux et des îles. Les recherches menées au sein du Groupe Interfaces se distinguent de ces travaux par leur tentative de formalisation théorique qui rend l’interface transposable non seulement à tous les champs géographiques, mais également à d’autres champs disciplinaires.
Lors des deux quadriennaux précédents le concept d’interface, et son intérêt dans l’analyse géographique, ont été définis par les membres du groupe qui ont décidé de poursuivre leurs recherches sur le thème des « interfaces multi-niveaux », dont la conceptualisation a d’ores et déjà été amorcée.

  • Objectifs et attendus

L’interaction entre différents niveaux d’organisation au sein d’un même territoire, qu’il s’agisse des niveaux d’échelle spatiale, de niveaux institutionnels ou d’acteurs, de temporalités, ou d’intégration socio-économiques, voire de logiques spatiales (aréolaires et réticulaires), relève du multi-niveau. L’interaction est rendue possible par des éléments particuliers présents sur des portions réduites d’espace, des zones d’échange, des points d’ancrage de la hiérarchie spatiale. Ce sont ces éléments assurant l’articulation entre niveaux que nous qualifions d’interfaces multi-niveaux. Les différents niveaux ont toujours besoin d’interfaces pour entrer en interaction. A l’inverse, les interfaces ne se développent pas toujours entre différents niveaux, comme nous l’avons démontré dans nos précédents travaux, par la distinction faite entre interfaces horizontales et verticales.

Le nouveau quadriennal aura pour objectif de valider ou de faire évoluer les acquis théoriques sur le multi-niveau à travers la production d’études de cas. Ces études devront permettre de répondre à un certain nombre de questions spécifiques.
∙ Elucider le lien entre les temporalités de l’interface et les temporalités des espaces interfacés.
∙ Rechercher les synergies et/ou contradictions (entre stratégies d’acteurs, par exemple) que l’interface permet d’articuler ou de réguler, et déterminer les méthodes permettant de les déceler et de les évaluer.
∙ Evaluer le rôle de l’interface au fonctionnement de chaque niveau et de façon duale, comprendre l’apport de chaque niveau dans le fonctionnement du système interface. Lors du passage d’un niveau hiérarchique à un autre (par exemple entre différentes mailles territoriales) les fonctions de l’interface sont-elles modifiées ? Observe-t-on la diversité, ou, au contraire, l’invariance scalaire des fonctions de l’interface ?
∙ Une interface est-elle plus performante à un niveau plutôt qu’à un autre ?
∙ Quel est le niveau d’analyse le plus pertinent pour une interface donnée, sachant que des interfaces peuvent être emboîtées ?

Plusieurs thématiques seront analysées par le prisme des interfaces et de leur organisation en multi-niveaux : l’organisation et le fonctionnement des territoires urbains et métropolitains et les impacts du changement climatique. Ces thématiques qui portent sur les domaines de compétences des membres du groupe n’ont pas été choisies au hasard, car si l’objectif est de produire de la connaissance, cette connaissance ne se veut pas déconnectée des grands défis contemporains, bien au contraire, elle doit permettre à la fois de mieux comprendre les processus engagés, leur inscription dans les territoires, et d’anticiper les lieux de tension à venir. Nous supposons en effet, que c’est bien en ces lieux spécifiques que sont les interfaces que vont s’observer, en avant-garde, les crises, les tensions, voire les ruptures entre les éléments naturels et humains mis directement en contact avec d’un côté les hommes et leurs biens (vulnérabilité) et de l’autre la forêt, l’eau, le climat et les risques associés (incendies, inondations, tempêtes). L’enjeu réside dans l’anticipation et l’adaptation des systèmes territoriaux. Nous proposons donc, à travers les cas d’étude choisis, de rechercher ces mécanismes d’adaptation.