


![]() |
![]() |
|||
![]() |
||||
| Accueil > Projets intersites > Forums méthodologiques > Terrain et analyse spatiale | ||||
|
Forum méthodologique Organisé le 18 Septembre 2009 Contexte et positionnement Le terrain est souvent considéré comme la marque identitaire de la recherche en Géographie. Au centre de la construction des savoirs géographiques, le terrain se définit traditionnellement à la fois comme le cadre de la recherche, c’est-à-dire l’espace étudié, et comme une pratique de recherche, celle qui permet Face à cette mise en avant quasi exclusive, les géographes pratiquant l’analyse spatiale ont, dès les années 60, remis en cause la place du terrain dans la démarche scientifique. Ils ont critiqué l’empirisme et le choix d’échelle qu’il imposait, la mise en valeur de singularités spatiales qu’il entraînait, l’absence de prise en compte de phénomènes invisibles et lointains qu’il infligeait [Hagett, 1973]. Ils ont considéré que l’implication du chercheur sur son terrain était parfois telle qu’on pouvait mettre en doute l’objectivité de la démarche scientifique. De manière presque caricaturale, pour ces géographes initiateurs de l’analyse spatiale, le terrain était renié, cantonné à un rôle de validation de modèles ou de vérification d’hypothèses. Les générations suivantes n’ont pas pris position sur la place du terrain dans leurs pratiques de recherches. Si certains inscrivent leur démarche dans un travail de terrain partiellement revendiqué [Josselin, 2008], d’autres n’en tiennent même pas compte [Pumain, Saint Julien, 1997] ou intègrent le terrain comme une habitude disciplinaire, simple lieu de collecte de l’information qui ne mérite pas de remarque supplémentaire [Carrega, 2007 ; Guermond, 2005]. On le voit, pour les géographes d’analyse spatiale, le terrain n’est plus discuté, sa pratique n’est plus réfléchie. Pourtant, récemment, la réflexion sur le terrain a fait l’objet d’importants renouvellements, qui interrogent sa place centrale dans la démarche scientifique [Volvey, 2003 ; Cahiers Ades, 2007]. Certains y légitiment le travail du géographe par le terrain, et qualifie celui-ci de « totem identificateur des géographes» [Calbérac, 2007]. Un colloque international est même organisé sur les « dimensions du terrain en géographie » ; mais son programme a de quoi étonner : aucune contribution ne provient de géographes quantitativistes ou théoriciens… Ainsi, pour l’analyse spatiale, le terrain ne mériterait-il pas réflexion et intérêt ? Alors même que les méthodes et les outils de ce courant de pensée se modifient, se spécialisent, s’ouvrent à l’interdisciplinarité, et prennent de plus en plus en compte une réalité quasi concrète, le terrain devrait-il être absent des raisonnements et des démarches ?
Problématique du Forum Méthodologique
Documents à télécharger |
||||