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Programmes de recherche en cours
 

 AXE DE RECHERCHE 1 : La gestion de l’eau

•  La vie quotidienne des riverains du Rhône au temps des inondations

Cette étude s’appuie sur de nombreux travaux qui ont été réalisés par le DESMID sur les inondations du Rhône, notamment un ouvrage issu du programme « Evaluation et Prise en compte des Risques » développé par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, Gestion du risque inondation et changement social dans le delta du Rhône : Les « catastrophes » de 1856 et 1993-1994 (dir. B. Picon, P. Allard) ainsi qu’un mémoire de maîtrise en Mathématiques Appliquées et Sciences Sociales, Les représentations d’une catastrophe et la réactivité de la population dans une situation à risque. Cas des inondations à Arles en 2003 (C. Labeur et S. De Roux, dir. P. Allard). Ces études ont entre autre permis de dégager une vision chronologique des inondations : l’avant, le pendant et l’après catastrophe. Une analyse du temps de la catastrophe a déjà permis de mettre en évidence certaines caractéristiques du comportement des sinistrés lors d’une inondation. Ainsi, un des premiers moments est l’attente et l’angoisse à l’annonce de l’évènement. Ensuite viennent les dernières actions de survie avant l’arrivée de l’eau, en particulier la protection des siens et de ses biens. L’entraide et la solidarité précèdent l’arrivée des premiers secours qui évacuent si nécessaire les sinistrés. Arrivent ensuite le temps de la compassion et des réparations avant la volonté de retour à une vie normale, comme avant l’événement.

Les méthodes utilisées dans cette étude prendront la forme d’entretiens auprès des personnes ayant vécues une inondation et auprès des services de secours dans le but de comparer leurs discours et de préciser le comportement des inondés. Ensuite, une analyse des médias permettra d’étudier des inondations plus anciennes. Enfin, une réflexion portant sur la place des acteurs civils dans la gestion des risques sera développée à travers une étude des divers plans de prévention et d’intervention.

Cette étude donnera lieu à un ouvrage sous la direction de Paul Allard, Martine Chalvet et Bernard Picon, ainsi qu’à une thèse réalisée par Christine Labeur sur la réactivité de la population lors d’une inondation, qui bénéficie d’une allocation de recherche du Conseil régional pour réaliser ce travail.

Responsable scientifique: P. Allard
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, B. Picon, M. Chalvet, C. Labeur.
Projet financé par le Conseil Régional PACA
Durée : 3 ans.

• Gestion Intégrée d’une Zone humide littorale méditerranéenne aménagée :
   contraintes, limites et perspectives pour l’Ile de CAMargue (GIZCAM )

La Digue à la mer, équipée d’un seul pertuis fonctionnel en permanence (La Fourcade), protège la Camargue des tempêtes marines. Sa gestion reflète les mentalités et conflits du moment (rapport SEAH)  et peut être révélatrice de l’inquiétude vis-à-vis de possibles inondations, qui prendrait le pas sur une gestion raisonnée au bénéfice de l’ensemble des activités humaines.

Les décisions de gestion, qui peuvent avoir des conséquences contradictoires, sont discutées et décidées au sein d’une Commission exécutive de l’eau (CEDE), organe informel dirigé par le DDAF et pilotée par le PNRC. Elle inclut des acteurs de l’eau, des représentants des collectivités locales, des gestionnaires de l’environnement et des chercheurs. Son travail est veiller au « bon équilibre » concerté entre niveau d’eau et salinité des étangs et décide de la gestion des flux. Les incertitudes qui pèsent sur ces décisions sont le résultat des lacunes de connaissance : flux piscicoles incertains, méconnaissance des remontées de sel par le coin salé et surtout l’imprévisibilité des aléas climatiques, induisent une gestion empirique ajustée aux préoccupations du moment. Le DESMID se propose de compléter les travaux menés au sein de SEAH jusqu’à 1998 au moyen d’enquêtes. La méthodologie est basée sur la participation aux réunions de la CEDE (enquête participative, 3 à 4 réunions en fonction des besoins), des entretiens auprès des membres de cette commission, des acteurs concernés et d’habitants, pour préciser la perception du rôle de la CEDE et de la gestion de la Digue à la mer.

Une observation du fonctionnement du pertuis de la Fourcade est également envisagée (réalité de la gestion en regard des préconisations générales). L’hypothèse de travail à vérifier est celle d’un possible changement de mentalité vis-à-vis des problématiques de gestion et d’une influence croissante des usagers. Il s’agira aussi de tenter d’évaluer l’efficacité ou la non efficacité supposée de cette gestion au regard des positions des représentants des activités, et des gestionnaires. On tentera de vérifier enfin si face au risque d’inondation, les comportements ne tendraient pas à s’harmoniser et faire bloc, le souci général prioritaire devenant celui du risque.

Responsable scientifique : P. Chauvelon (Tour du Valat)
Membres du DESMID impliqués : A. Dervieux, B. Picon,
Financement : Programme LITEAU 2 du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable.
Durée 2 ans.

•  Mise en place d’un observatoire photographique du paysage

La mise en place d’un observatoire photographique du paysage a été initié par le Parc naturel régional de Camargue dans le but d’enrichir la connaissance du patrimoine naturel et culturel de son territoire. Le paysage est sans cesse en évolution. L’observatoire photographique permettra de mieux appréhender les caractéristiques actuelles du paysage de Camargue et son évolution depuis le début du XXe siècle. Il est un outil de sensibilisation et d’aide à la décision à travers la réalisation d’un travail de recherche scientifique d’évaluation des changements liés aux évolutions économiques, écologiques et sociales. Par l’analyse des données, il aidera à la prise de décision et à l’évaluation des politiques territoriales.

Le Partenariat entre le PNRC et le DESMID portera principalement sur l’analyse des évolutions des paysages au moyen de séries photographiques, la constitution et l’enrichissement du fond photographique issu de plusieurs sources (collections publiques ou privées, cartes postales …).

À partir des principales unités paysagères connues, l’étude des séries photographiques permettra de définir es principaux thèmes paysagers à suivre dans le cadre de l’observatoire photographique. Les lieux correspondant à ces choix seront référencés. Ils feront l'objet de campagnes de photographies régulières selon des normes et un pas de temps défini conjointement par les partenaires

Responsable scientifique: Alain Dervieux
Partenariat avec le PNRC
Membre du DESMID impliqué : Alain Dervieux
Financement : Parc naturel régional de Camargue.
Durée : 2 ans

• Etude de la gestion hydraulique de la Camargue, de la Crau et du Trébon à partir des archives des associations territoriales d’Arles

Dans le cadre de cette recherche historique les chercheurs du DESMID envisagent 4 actions de recherche :

  • Une collecte de toutes les informations disponibles sur les Associations territoriales. En particulier il est urgent de recueillir les témoignages oraux des responsables et des usagers. Ces témoignages permettront de mieux comprendre les pratiques réelles de la gestion de l’eau.
  • Une histoire du fonctionnement et de la gestion des systèmes hydrauliques à différentes époques en essayant de répondre à quelques questions : Quel était le coût de leur entretien, comment se prenaient les décisions pour effectuer des travaux, comment était gérée la répartition de l’eau selon les saisons etc., et d’autres thèmes qui restent à découvrir, par exemple l’impact des inondations sur les propriétés.

Un élément important sera la cartographie historique des réseaux qui devrait permettre de mieux comprendre leur évolution et les adaptations aux changements agricoles et industriels en Camargue et en Crau.

  • L’étude de la vie des associations, au travers des règlements, des assemblées générales, des conflits d’intérêts. Les archives donnent un aperçu original sur la société camarguaise à différentes époques. Comment se répartit le pouvoir entre les propriétaires extérieurs et les propriétaires locaux dans les prises de décision, quel rôle joue les fermiers, comment interviennent les pouvoirs publics (commune, département, Etat), avec des aperçus sur la période antérieure à la Révolution.
  • La mise en relation les données disponibles sur la gestion du système hydraulique camarguais avec une étude démographique lancée par ailleurs à partir des registres paroissiaux et les registres d’Etat civil. Cela pourra permettre d’apporter une contribution à la connaissance de l’environnement en questionnant les ources sur l’incidence qu’a eu l’aménagement du territoire sur la démographie locale.

Responsable scientifique : P. Allard
Partenariat avec les Archives municipales d’Arles (Mme S. Rebuttini), Mme P. Echalier (historienne) pour la démographie, le Syndicat Mixte de gestion des ASA du Pays d’Arles (M. P. Pace), le Parc naturel régional de Camargue (R. Vianet, M.-H. Sibille).
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, D. Bley, A. Dervieux, B. Picon.
Durée : 4 ans

• Mémoires, oublis et (ré)appropriations :
   Le risque inondation dans la basse vallée du Rhône et l’agglomération marseillaise

Il s’agit d’une prolongation et d’un élargissement de notre participation au volet 1 de l’APR du MEDD : Picon B. et Allard P.(ss la dir.), Gestion du risque inondation et changement social dans le delta du Rhône: Les « catastrophes » de 1856 et 1993-1994 (cf bilan).

La mémoire de façon générale, et plus encore lorsqu’elle se fait outil de gestion de l’espace, ne peut être comprise que dans une perspective territorialisée. En premier lieu, l’inondation en elle-même dessine un territoire physique qui se fait fi des découpages administratifs et politiques. Se faisant, l’inondation dessine aussi un autre type de territoire, social cette fois, en tant qu’elle produit une catégorie sociale spatialisée, les « sinistrés ». Or, ce territoire social est temporaire : suite à une inondation quels sont les riverains qui restent et ceux qui partent, laissant la place à de nouveaux habitants ? Comment ces circulations de population affectent-elles la mémoire collective ? En d’autres termes, comment la mémoire collective participe-t-elle à la constitution d’un territoire du risque et à sa gestion ?

Cette question de recherche sera traitée à partir d’une démarche interdisciplinaire.

Le projet de recherche se concentrera sur deux terrains d’enquête, la basse vallée du Rhône et l’agglomération marseillaise. Outre la production intrinsèque de connaissance relative à chacun de ces deux terrains, ce projet se place dans une perspective comparative. Le Rhône aval traverse essentiellement des espaces ruraux et des villes moyennes (Avignon, Tarascon, Arles), tandis que la ville de Marseille a depuis longtemps absorbé, parfois en les couvrant ses rivières côtières. Ce travail de comparaison prend le parti des oppositions fortes (fleuve/rivières côtières, rural/urbain, …) afin de mettre à l’épreuve la notion de culture du risque et son articulation avec une culture de l’eau méditerranéenne.

Le choix de la basse vallée du Rhône se justifie pleinement du fait de la longue expérience de recherche de l’équipe sur ce terrain. Le choix de l’agglomération marseillaise s’inscrit dans une logique d’ouverture. En s’investissant sur ce nouveau terrain, l’équipe soumettra à l’épreuve du transfert d’expérience ses acquis rhodaniens. Il s’agit aussi de contribuer à combler un déficit de recherche en sciences sociales concernant la question du risque inondation à Marseille.

Responsable scientifique : C. Claeys-Mekdade
Partenariat avec le site de Nice de l’ UMR ESPACE
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, A. Allouche, D. Bley, C. Claeys-Mekdade, A. Dervieux, M. Jacqué, B. Picon, A. Schleyer-Lindenman, A. Vintila.
Financement demandé à l’APR programme RDT 2006.
Durée : 3 ans

• Projet « Créateurs de Drôme »

L’état de la rivière Drôme dépend de facteurs physiques mais aussi des usages de son cours et de son bassin versant. Les hommes sont donc en partie des créateurs de la rivière Drôme. Les flux hydro-sédimentaires dépendent de l’occupation du sol et des prélèvements d’eau et de sédiments, les conditions locales d’écoulement dépendent de l’endiguement et des seuils. Réciproquement les usages du cours d’eau et certains usages du sol dépendent aussi de la rivière et de son aménagement. Ainsi les parcelles protégées par l’endiguement sont valorisées différemment de celles qui subissent les crues, les prélèvements d’eau dépendent de la ressource en eau, les usages pêche, baignade et canoë se développent dans certains tronçons propices à ces activités du fait d’une configuration naturelle induite par l’érosion ou aménagée.

Ces relations sont dynamiques et posent des questions deréférence et d’évolution. Les réponses à ces questions ne sont pas simples et peuvent être contradictoires selon le point de vue auquel on se place. Dans quelle mesure la société peut agir sur une évolution du complexe homme-nature ? Dans quelle mesure cette évolution peut être choisie ? Comment se font ces choix ? Comment les incertitudes, les risques et les événements passés influencent les pratiques, les choix et les représentations à différentes échelles ? Pour évoquer ces évolutions, il est nécessaire d’expliciter les référentiels de connaissance utilisés pour analyser la situation dynamique en combinant référentiel en sciences de l’environnement et référentiel sociopolitique.

Deux axes de recherche sont donc envisagés :

  • Les déterminants sociopolitiques de l’occupation du sol. Les concepts mobilisés seront les notions de référentiel sectoriel et global développés par les politologues (Jobert 1985; Jobert et Muller 1987 ; Muller 2000 ; Muller 2003). Il s’agit de comprendre comment les données d’évolution de ce territoire sont comprises par les concepteurs des politiques publiques. Pour cela il nous faut une première phase de collecte de ces données puis une phase d’entretien auprès des acteurs pour comprendre comment ils interprètent ces données.
  • La compréhension partagée entre experts et profanes des crues et du transport solide en vue d’une gestion. Les concepts mobilisés sont ceux des sciences de gestion et de la sociologie qui ont été élaboré pour décrire le dialogue entre experts et profanes dans une société réflexive (Giddens 1984/1987 ; Hatchuel 2001 ; Hatchuel 2005). Il s’agit de mobiliser les concepts sociologiques du néo-institutionnalisme, de la traduction et de l’apprentissage social et de les articuler aux connaissances physiques pour construire un dialogue entre disciplines et non une posture en surplomb.
Ces deux axes permettront de réduire les incertitudes actuelles sur les évolutions futures. En effet, le réchauffement climatique ne modifie pas directement l’occupation du sol. Mais l’anticipation et l’adaptation à ce réchauffement (et à d’autres déterminants) des acteurs (ou l’absence d’anticipation), les politiques publiques et les moyens disponibles vont agir sur l’occupation du sol et donc le transport solide. Il est donc nécessaire de faire un détour par ces représentations sociopolitiques pour déterminer des scénarios d’évolution.

Responsables scientifiques : G. Bouleau (Cemagref Montpellier, UMR G-EAU), D. Pont (Cemagref, Aix-en-Provence, HYAX)
Partenaires scientifiques : UMR 5600 CNRS/Lyon 2 et 3, ENS Lyon, BRGM Montpellier, Equipe DESMID de l’UMR 6012 ESPACE ( Paul Allard), LPED ( UMR 151, IRD/Université de Provence)
Membre du DESMID impliqué : P. Allard
Financement du CEMAGREF pour préparer un appel d’offre national au printemps 2007.

 

AXE DE RECHERCHE 2 : Milieux écologiques, risques et santé

• Risques d’introduction, d’installation et de diffusion du paludisme en France dans un contexte de changement global

Notre recherche s’inscrit dans le cadre d’un projet européen intitulé EDEN (Emerging Diseases in a changing European eNvironment). Ce projet mobilise de nombreuses équipes, comprend six composantes (paludisme, West-Nile, maladies transmises par les tiques, maladies transmises par les rongeurs, leishmaniose et la plate-forme africaine) et porte sur 8 pays (France, Italie, Espagne, Portugal, Roumanie, Turquie, Maroc, Algérie).

Le système vectoriel du paludisme implique 3 acteurs qui évoluent dans un environnement : le parasite, l’homme, le vecteur. Dans le cadre de la composante France du sous-projet EDEN/paludisme, ces 3 acteurs seront étudiés dans l’état actuel et dans la perspective des évolutions liées aux changements. La Camargue constituera le terrain d’étude dans un premier temps. En Camargue, la zone d’étude portera sur  la Tour Carbonnière et le Marais du Vigueirat (MDV) - Mas Thibert. Les objectifs visés sont de :

  • déterminer et caractériser des zones de transmission potentielle ;
  • déterminer et quantifier l’introduction du parasite en Camargue. Les flux de touristes, travailleurs saisonniers, militaires… en provenance des zones d’endémie peuvent introduire le parasite en Camargue. L’étude de ces flux ainsi que des cas déclarés de paludisme en Camargue permettra donc de quantifier l’introduction du parasite.
  • définir les probabilités d’introduction des parasites dans les zones de transmission potentielle en caractérisant les liens entre les porteurs de gamétocytes et les zones de transmission potentielle.

La synthèse de ces 3 objectifs permettra d’élaborer un modèle des risques actuels et futurs d’introduction, d’installation et de diffusion du paludisme en Camargue (mise en place d'une banque de données géoréférencées, modélisation de la distribution des vecteurs de paludisme, du risque de transmission et de diffusion du paludisme, de l'impact probable des changements environnementaux, humains et climatiques sur les populations de vecteurs).

Didier Fontenille, responsable du volet paludisme dans le projet et du laboratoire IRD LIN (Montpellier) a sollicité Daniel Bley (CNRS – DESMID) et Marc-Eric Gruénais de l’IRD pour coordonner l’ensemble des activités « Sciences sociales » pour les huit pays concernés dans le projet et pour prendre en charge avec Nicole Vernazza la partie sciences sociales du projet sur le terrain français.

Responsable : D. Fontenille (LIN/IRD)
Partenariat avec le LIN/IRD et l’UR 02 IRD.
Membres du DESMID impliqués : D. Bley, N. Vernazza, A. Dervieux.
Financement : Union Européenne
Durée : 4 ans

• Recherches sur le projet pilote de démoustication en Camargue

L’équipe du DESMID travaille sur la question de la démoustication depuis 1995. De prime abord anecdotique, cette question n’a eu de cesse depuis dix ans de se montrer riche d’enseignement. D’abord enjeu politique et économique local, la démoustication du Delta du Rhône est aussi un enjeu environnemental et sanitaire à plus grande échelle. Les recherches menées ont tout d’abord porté sur les controverses socio-techniques relatives à la démoustication (ou non démoustication) du Delta du Rhône. En un second temps, des enquêtes auprès des habitants furent mises en places. Enquêtes par entretiens et par questionnaires se sont bénéfiquement complétées, articulant anthropologie et sociologie. Deux populations ont été comparées, l’une vivant dans une zone démoustiquée (Languedoc), l’autre dans une zone non démoustiquée, la Camargue stricto sensu. Ces recherches de terrain ont permis de développer une réflexion plus large sur le rapport homme/animal et plus encore homme/nature. A ce titre, la mise en lumière de la figure paradoxe du moustique utile/nuisible soulève à nouveaux frais la question du dualisme biocentrisme/anthropocentrisme.

Une nouvelle phase d’enquête débute en 2006-2007 afin d’évaluer l’influence des opérations de démoustication lancées en 2006 à titre expérimental par la région PACA sur les localités de Salin-de-Giraudet Port-Saint-Louis. L’enquête portera sur le sentiment de gêne exprimé par les habitants de Salin-de-Giraud et de Port-Saint-Louis-du-Rhône, ainsi que les changements et les permanences de leurs représentations sociales et leurs pratiques vis-à-vis du moustique.

Responsable : C. Claeys-Mekdade
Membre du DESMID impliqué: C. Claeys-Mekdade.
Financement : Parc Naturel Régional de Camargue.
Durée : 2 ans

• Milieu de vie et santé : la gestion des maladies transmissibles vectorielles à la Réunion à partir de l’exemple du chikungunya

Si dans la phase épidémique récente le chikungunya peut être considéré comme une maladie émergente, il s’inscrit pourtant naturellement pour les professionnels de santé à la Réunion dans le registre des maladies transmissibles vectorielles et pour la population dans celui des nuisances environnementales auxquelles elles sont accoutumées dans ce milieu de vie tropical.

En effet, si on considère les maladies transmises par des moustiques qui ont sévit à la Réunion (paludisme, filariose lymphatique), qui émergent (chikungunya) ou qui ont réémergé (dengue), on constate qu’il y a sur le plan médical une symptomatologie commune avec fièvre, céphalées, arthralgies et qu’en l’absence de chimioprophylaxie, les conseils préventifs réitérés par les autorités sanitaires, portent sur l’entretien de l’environnement immédiat (jardins, habitations) et la destruction des gîtes sans prendre en compte la diversité culturelle et sociale des populations sur l’île, ni leurs savoirs et représentations de la santé et de l’environnement naturel.

Dans ce contexte il nous semble nécessaire de comprendre comment interagissent, dans la gestion du risque par la population et les professionnels de santé, deux ordres de facteurs : ceux liés aux représentations et aux savoirs sur la maladie et ceux liés à la perception d’un environnement tropical.

L’objectif de cette recherche interdisciplinaire est de comprendre, dans la perspective de ré-émergences, comment s’opère la gestion des maladies transmissibles vectorielles et en particulier du Chikungunya par les populations qui vivent à la Réunion et d’étudier, dans ce contexte le savoir et les représentations des populations réunionnaises en matière de vecteurs et de maladies et leurs comportements en matière de prévention et de soins.

Nous proposons d’effectuer une étude en milieu urbain en prenant la famille, à la fois comme cadre et comme objet d’étude, car c’est au niveau domestique que nous voulons étudier les activités au sein de l’habitation et la gestion de la santé.
Les travaux des chercheurs du DESMID aborderont les aspects anthropologiques, démographiques, historiques et photographiques et participeront, en liaison avec l’équipe médicale de Bordeaux 2, à la formalisation des connaissances dans le cadre de l’enseignement délivré en santé tropicale.

Responsables scientifiques : D. Bley et N. Vernazza
Projet en partenariat avec l’EA 3677 - CRL Univ.Bordeaux2 et le laboratoire SSD de UMR 5185 ADES.
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, D. Bley, A. Dervieux, N. Vernazza.
Financement : sollicité auprès du Programme Environnement-Santé ANR (2006)
Durée : 2 ans

 

AXE DE RECHERCHE 3 : Développement durable et mobilisation des acteurs

• Modifier son mode de transport fait-il de nous des écocitoyens ?
  Une analyse pluridisciplinaire centrée sur l’action

Ce projet est le fruit de la rencontre de deux laboratoires en sciences sociales (le DESMID et le GREQAM) et d’une association, Voiture and Co, installée sur le site du campus de Luminy.

L'approche proposée par les chercheurs est résolument pluridisciplinaire (sociologie, économie, psychologie). Le choix de la pluridisciplinarité relève avant tout du caractère appliqué et tourné vers l’action de cette recherche mais aussi de la portée à long terme de l’action engagée. En effet, l’approche pluridisciplinaire permet mieux que d’autres de rendre compte de la complexité et surtout de la multiplicité des facteurs intervenant dans l’évolution des comportements et pratiques sociales.

La problématique s’articule autour des questionnements soulevés par la Maison des Transports quant à leur situation actuelle : la demande est celle d’une analyse de l’action présente, comprenant une évaluation et une analyse de l’impact de certaines actions menées par l’association, pour constituer une aide à l’action future, en interrogeant les résultats de l’enquête produite.

Les chercheurs évalueront l’action de la Maison des Transports de Luminy sous trois aspects :

  • Poids de l’influence du contexte collectif sur le choix individuel :
    L’outil central de l’association, le diagnostic de transport personnalisé, et ses effets feront l’objet d’une analyse. On s’interrogera pour savoir dans quelle mesure les changements de comportement ventuellement observés sont liés à l’outil et / ou au contexte social.
  • Impact de l’information sur les changements de comportement :
    Face à l’écart entre l’information largement diffusée par la maison des Transport et l’état d’information des individus, on interrogera les processus d’interprétation et d’appropriation des messages diffusés.
  • L’écart entre les représentations sociales et les pratiques :
    L’analyse des changements durables souhaités nécessite une approche approfondie des valeurs qui sont associées aux pratiques de transports, en particulier à celles qui sont aujourd’hui majoritaires, pour comprendre dans quels schémas sociaux, économiques et psychologiques elles s’enracinent. L’analyse de l’écart entre les représentations sociales des usagers de leurs modes de déplacements et de leurs modes de vie permettra de mesurer l’écart observé avec leurs pratiques de déplacement.

 Au plan méthodologique l’évaluation s’appuiera sur un principe longitudinal permettant de mesurer dans le temps, en l’occurrence d’une année sur l’autre, le changement de comportement, avec deux techniques de recueil de données concomitantes : quantitative et qualitative.

Le public visé est constitué des personnes fréquentant la Maison des Transports (et donc, éventuellement, engagées dans des comportements pro-environnementaux) et un échantillon de contrôle qui ne fréquente pas la Maison des Transports.

Les résultats attendus devront permettre de se donner des critères d’analyse et d’évaluation des changements de comportement.

Responsable scientifique : M. Jacqué, A. Schleyer-Lindenmann
Partenariat : La Maison des Transports de Luminy, Association Voiture & Co, GREQAM
Membres du DESMID impliqués : M. Jacqué, A. Schleyer-Lindenmann.
Financement : ADEME et Région PACA.
Durée : 3 ans

 

• Les modes de transports choisis ou subis : Entre pratiques environnementales et choix / contraintes économiques

A partir des questionnaires INSEE (ménages et individuel) mis à la disposition des chercheurs du DESMID il s’agira dans le cadre de cette étude d’évaluer en quoi les pratiques quotidiennes en termes de transport sont choisies ou subies.

Notre équipe qui se propose donc de centrer son analyse sur la question des modes de transports retiendra un certain nombre d’éléments des questionnaires INSEE (Ménages et individuel).

Dans un premier temps, des méthodes classiques d'exploration de données seront utilisées : tris à plat, tris croisés, analyse en Composantes Multiples. Elles permettront d'appréhender les données et de produire rapidement les premiers résultats. Cette étape est purement descriptive et ne prend pas en compte le plan de sondage.

Dans un second temps, en fonction des questions de recherche, des statistiques plus complexes seront certainement requises pour mesurer les liens entre différentes variables. Pour étudier la correspondance entre certaines caractéristiques générales et les données individuelles, les résultats obtenus par régression logistique pourront être comparés à ceux issus d’une analyse multiniveau. Afin d'évaluer la précision de ces statistiques, des techniques telles que le bootstrap ou le jackknife pourront être mises en oeuvre. De nombreuses questions se posent quant à la mise en oeuvre de la technique du bootstrap pour les plans de sondage complexe. Cette étude sera l'occasion d'essayer d'appliquer des résultats récents dans ce domaine. Une approche modèle pourra aussi être utilisée.

Responsable scientifique : C. Claeys-Mekdade et M. Jacqué
Partenariat : GREQAM, LATP/CMI
Membres du DESMID impliqués : C. Claeys-Mekdade, M. Jacqué

• Recherches sur le concept de qualité de vie

Nous poursuivrons la réflexion théorique et les activités de recherches engagées sur le concept de Qualité de vie dans le cadre du GDR 2150 « La qualité de vie : perceptions et mesures » (dir. D. Bley) de 2000/2004 et qui a donné lieu notamment à un ouvrage « Cadre de vie et travail : les dimensions d’une qualité de vie au quotidien » sous la direction de Daniel Bley en 2005. En s’appuyant sur la réflexion développée depuis plusieurs années et sur les partenariats instaurés, l’un des objectif est de développer de nouvelles recherches sur la qualité de vie des populations en milieu urbain.

Les recherches porteront en particulier en milieu tropical autour des nuisances environnementales, facteurs de pathologies (pollutions, déchets etc…). Deux étudiants camerounais (Marceline Mbetoumou, Peguy Ndonko) sous la direction de D. Bley participeront à cette réflexion dans le cadre d’une thèse et ils ont déposé une demande de bourse auprès des services de la coopération. Il est prévu en un premier temps de demander un appui financier d’une année au service de la coopération française à Yaoundé pour mettre en place ce projet.

La collaboration instaurée avec les partenaires suisses de la Fondation du Devenir et qui a notamment permis l’organisation de deux colloques sur la qualité de vie en Suisse et en France, la publication d’un ouvrage, s’est poursuivie en avril 2006 à Genève par l’animation d’un atelier sur le thème « Quels tableaux de bord pour une politique axée sur la qualité de vie » au Forum Mondial « Villes et qualité de vie. Enjeux globaux, solutions locales ». Dans ce contexte, le Forum de Genève 2006 entend lancer la réalisation d'un « Livre Blanc » sur ce sujet auquel nous avons prévu de participer. Il fournira des orientations stratégiques aux organisateurs de l'Exposition universelle qui se tiendra à Shanghai sur le thème «Better city, better life» en 2010, notamment pour mettre sur pied un Pavillon des Villes conçu comme centre d'excellence.

Responsable scientifique : D. Bley
Partenariat : GREVCA (Cameroun), Fondation du Devenir (Suisse), IFORD (Cameroun), IRSA-UCAC
(Cameroun)
Membres du DESMID impliqués : D. Bley, M. Mbetoumou, P. Ndonko, N. Vernazza

 
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