AXE DE RECHERCHE 1 : La gestion de l’eau
• La vie quotidienne des riverains du Rhône au temps des inondations
Cette étude s’appuie sur de nombreux travaux qui ont été réalisés par le DESMID sur les inondations du Rhône, notamment un ouvrage issu du programme « Evaluation et Prise en compte des Risques » développé par le Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, Gestion du risque inondation et changement social dans le delta du Rhône : Les « catastrophes » de 1856 et 1993-1994 (dir. B. Picon, P. Allard) ainsi qu’un mémoire de maîtrise en Mathématiques Appliquées et Sciences Sociales, Les représentations d’une catastrophe et la réactivité de la population dans une situation à risque. Cas des inondations à Arles en 2003 (C. Labeur et S. De Roux, dir. P. Allard). Ces études ont entre autre permis de dégager une vision chronologique des inondations : l’avant, le pendant et l’après catastrophe. Une analyse du temps de la catastrophe a déjà permis de mettre en évidence certaines caractéristiques du comportement des sinistrés lors d’une inondation. Ainsi, un des premiers moments est l’attente et l’angoisse à l’annonce de l’évènement. Ensuite viennent les dernières actions de survie avant l’arrivée de l’eau, en particulier la protection des siens et de ses biens. L’entraide et la solidarité précèdent l’arrivée des premiers secours qui évacuent si nécessaire les sinistrés. Arrivent ensuite le temps de la compassion et des réparations avant la volonté de retour à une vie normale, comme avant l’événement.
Les méthodes utilisées dans cette étude prendront la forme d’entretiens auprès des personnes ayant vécues une inondation et auprès des services de secours dans le but de comparer leurs discours et de préciser le comportement des inondés. Ensuite, une analyse des médias permettra d’étudier des inondations plus anciennes. Enfin, une réflexion portant sur la place des acteurs civils dans la gestion des risques sera développée à travers une étude des divers plans de prévention et d’intervention.
Cette étude donnera lieu à un ouvrage sous la direction de Paul Allard, Martine Chalvet et Bernard Picon, ainsi qu’à une thèse réalisée par Christine Labeur sur la réactivité de la population lors d’une inondation, qui bénéficie d’une allocation de recherche du Conseil régional pour réaliser ce travail.
Responsable scientifique: P. Allard
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, B. Picon, M. Chalvet, C. Labeur.
Projet financé par le Conseil Régional PACA
Durée : 3 ans.
• Gestion Intégrée d’une Zone humide littorale méditerranéenne aménagée :
contraintes, limites et perspectives pour l’Ile de CAMargue (GIZCAM )
La Digue à la mer, équipée d’un seul pertuis fonctionnel en permanence (La Fourcade), protège la Camargue des tempêtes marines. Sa gestion reflète les mentalités et conflits du moment (rapport SEAH) et peut être révélatrice de l’inquiétude vis-à-vis de possibles inondations, qui prendrait le pas sur une gestion raisonnée au bénéfice de l’ensemble des activités humaines.
Les décisions de gestion, qui peuvent avoir des conséquences contradictoires, sont discutées et décidées au sein d’une Commission exécutive de l’eau (CEDE), organe informel dirigé par le DDAF et pilotée par le PNRC. Elle inclut des acteurs de l’eau, des représentants des collectivités locales, des gestionnaires de l’environnement et des chercheurs. Son travail est veiller au « bon équilibre » concerté entre niveau d’eau et salinité des étangs et décide de la gestion des flux. Les incertitudes qui pèsent sur ces décisions sont le résultat des lacunes de connaissance : flux piscicoles incertains, méconnaissance des remontées de sel par le coin salé et surtout l’imprévisibilité des aléas climatiques, induisent une gestion empirique ajustée aux préoccupations du moment. Le DESMID se propose de compléter les travaux menés au sein de SEAH jusqu’à 1998 au moyen d’enquêtes. La méthodologie est basée sur la participation aux réunions de la CEDE (enquête participative, 3 à 4 réunions en fonction des besoins), des entretiens auprès des membres de cette commission, des acteurs concernés et d’habitants, pour préciser la perception du rôle de la CEDE et de la gestion de la Digue à la mer.
Une observation du fonctionnement du pertuis de la Fourcade est également envisagée (réalité de la gestion en regard des préconisations générales). L’hypothèse de travail à vérifier est celle d’un possible changement de mentalité vis-à-vis des problématiques de gestion et d’une influence croissante des usagers. Il s’agira aussi de tenter d’évaluer l’efficacité ou la non efficacité supposée de cette gestion au regard des positions des représentants des activités, et des gestionnaires. On tentera de vérifier enfin si face au risque d’inondation, les comportements ne tendraient pas à s’harmoniser et faire bloc, le souci général prioritaire devenant celui du risque.
Responsable scientifique : P. Chauvelon (Tour du Valat)
Membres du DESMID impliqués : A. Dervieux, B. Picon,
Financement : Programme LITEAU 2 du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable.
Durée 2 ans.
• Mise en place d’un observatoire photographique du paysage
La mise en place d’un observatoire photographique du paysage a été initié par le Parc naturel régional de Camargue dans le but d’enrichir la connaissance du patrimoine naturel et culturel de son territoire. Le paysage est sans cesse en évolution. L’observatoire photographique permettra de mieux appréhender les caractéristiques actuelles du paysage de Camargue et son évolution depuis le début du XXe siècle. Il est un outil de sensibilisation et d’aide à la décision à travers la réalisation d’un travail de recherche scientifique d’évaluation des changements liés aux évolutions économiques, écologiques et sociales. Par l’analyse des données, il aidera à la prise de décision et à l’évaluation des politiques territoriales.
Le Partenariat entre le PNRC et le DESMID portera principalement sur l’analyse des évolutions des paysages au moyen de séries photographiques, la constitution et l’enrichissement du fond photographique issu de plusieurs sources (collections publiques ou privées, cartes postales …).
À partir des principales unités paysagères connues, l’étude des séries photographiques permettra de définir es principaux thèmes paysagers à suivre dans le cadre de l’observatoire photographique. Les lieux correspondant à ces choix seront référencés. Ils feront l'objet de campagnes de photographies régulières selon des normes et un pas de temps défini conjointement par les partenaires
Responsable scientifique: Alain Dervieux
Partenariat avec le PNRC
Membre du DESMID impliqué : Alain Dervieux
Financement : Parc naturel régional de Camargue.
Durée : 2 ans
• Etude de la gestion hydraulique de la Camargue, de la Crau et du Trébon à partir des archives des associations territoriales d’Arles Dans le cadre de cette recherche historique les chercheurs du DESMID envisagent 4 actions de recherche :
- Une collecte de toutes les informations disponibles sur les Associations territoriales. En particulier il est urgent de recueillir les témoignages oraux des responsables et des usagers. Ces témoignages permettront de mieux comprendre les pratiques réelles de la gestion de l’eau.
- Une histoire du fonctionnement et de la gestion des systèmes hydrauliques à différentes époques en essayant de répondre à quelques questions : Quel était le coût de leur entretien, comment se prenaient les décisions pour effectuer des travaux, comment était gérée la répartition de l’eau selon les saisons etc., et d’autres thèmes qui restent à découvrir, par exemple l’impact des inondations sur les propriétés.
Un élément important sera la cartographie historique des réseaux qui devrait permettre de mieux comprendre leur évolution et les adaptations aux changements agricoles et industriels en Camargue et en Crau.
- L’étude de la vie des associations, au travers des règlements, des assemblées générales, des conflits d’intérêts. Les archives donnent un aperçu original sur la société camarguaise à différentes époques. Comment se répartit le pouvoir entre les propriétaires extérieurs et les propriétaires locaux dans les prises de décision, quel rôle joue les fermiers, comment interviennent les pouvoirs publics (commune, département, Etat), avec des aperçus sur la période antérieure à la Révolution.
- La mise en relation les données disponibles sur la gestion du système hydraulique camarguais avec une étude démographique lancée par ailleurs à partir des registres paroissiaux et les registres d’Etat civil. Cela pourra permettre d’apporter une contribution à la connaissance de l’environnement en questionnant les ources sur l’incidence qu’a eu l’aménagement du territoire sur la démographie locale.
Responsable scientifique : P. Allard
Partenariat avec les Archives municipales d’Arles (Mme S. Rebuttini), Mme P. Echalier (historienne) pour la démographie, le Syndicat Mixte de gestion des ASA du Pays d’Arles (M. P. Pace), le Parc naturel régional de Camargue (R. Vianet, M.-H. Sibille).
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, D. Bley, A. Dervieux, B. Picon.
Durée : 4 ans
• Mémoires, oublis et (ré)appropriations :
Le risque inondation dans la basse vallée du Rhône et l’agglomération marseillaise
Il s’agit d’une prolongation et d’un élargissement de notre participation au volet 1 de l’APR du MEDD : Picon B. et Allard P.(ss la dir.), Gestion du risque inondation et changement social dans le delta du Rhône: Les « catastrophes » de 1856 et 1993-1994 (cf bilan).
La mémoire de façon générale, et plus encore lorsqu’elle se fait outil de gestion de l’espace, ne peut être comprise que dans une perspective territorialisée. En premier lieu, l’inondation en elle-même dessine un territoire physique qui se fait fi des découpages administratifs et politiques. Se faisant, l’inondation dessine aussi un autre type de territoire, social cette fois, en tant qu’elle produit une catégorie sociale spatialisée, les « sinistrés ». Or, ce territoire social est temporaire : suite à une inondation quels sont les riverains qui restent et ceux qui partent, laissant la place à de nouveaux habitants ? Comment ces circulations de population affectent-elles la mémoire collective ? En d’autres termes, comment la mémoire collective participe-t-elle à la constitution d’un territoire du risque et à sa gestion ?
Cette question de recherche sera traitée à partir d’une démarche interdisciplinaire.
Le projet de recherche se concentrera sur deux terrains d’enquête, la basse vallée du Rhône et l’agglomération marseillaise. Outre la production intrinsèque de connaissance relative à chacun de ces deux terrains, ce projet se place dans une perspective comparative. Le Rhône aval traverse essentiellement des espaces ruraux et des villes moyennes (Avignon, Tarascon, Arles), tandis que la ville de Marseille a depuis longtemps absorbé, parfois en les couvrant ses rivières côtières. Ce travail de comparaison prend le parti des oppositions fortes (fleuve/rivières côtières, rural/urbain, …) afin de mettre à l’épreuve la notion de culture du risque et son articulation avec une culture de l’eau méditerranéenne.
Le choix de la basse vallée du Rhône se justifie pleinement du fait de la longue expérience de recherche de l’équipe sur ce terrain. Le choix de l’agglomération marseillaise s’inscrit dans une logique d’ouverture. En s’investissant sur ce nouveau terrain, l’équipe soumettra à l’épreuve du transfert d’expérience ses acquis rhodaniens. Il s’agit aussi de contribuer à combler un déficit de recherche en sciences sociales concernant la question du risque inondation à Marseille.
Responsable scientifique : C. Claeys-Mekdade
Partenariat avec le site de Nice de l’ UMR ESPACE
Membres du DESMID impliqués : P. Allard, A. Allouche, D. Bley, C. Claeys-Mekdade, A. Dervieux, M. Jacqué, B. Picon, A. Schleyer-Lindenman, A. Vintila.
Financement demandé à l’APR programme RDT 2006.
Durée : 3 ans
• Projet « Créateurs de Drôme »
L’état de la rivière Drôme dépend de facteurs physiques mais aussi des usages de son cours et de son bassin versant. Les hommes sont donc en partie des créateurs de la rivière Drôme. Les flux hydro-sédimentaires dépendent de l’occupation du sol et des prélèvements d’eau et de sédiments, les conditions locales d’écoulement dépendent de l’endiguement et des seuils. Réciproquement les usages du cours d’eau et certains usages du sol dépendent aussi de la rivière et de son aménagement. Ainsi les parcelles protégées par l’endiguement sont valorisées différemment de celles qui subissent les crues, les prélèvements d’eau dépendent de la ressource en eau, les usages pêche, baignade et canoë se développent dans certains tronçons propices à ces activités du fait d’une configuration naturelle induite par l’érosion ou aménagée.
Ces relations sont dynamiques et posent des questions deréférence et d’évolution. Les réponses à ces questions ne sont pas simples et peuvent être contradictoires selon le point de vue auquel on se place. Dans quelle mesure la société peut agir sur une évolution du complexe homme-nature ? Dans quelle mesure cette évolution peut être choisie ? Comment se font ces choix ? Comment les incertitudes, les risques et les événements passés influencent les pratiques, les choix et les représentations à différentes échelles ? Pour évoquer ces évolutions, il est nécessaire d’expliciter les référentiels de connaissance utilisés pour analyser la situation dynamique en combinant référentiel en sciences de l’environnement et référentiel sociopolitique.
Deux axes de recherche sont donc envisagés :
- Les déterminants sociopolitiques de l’occupation du sol. Les concepts mobilisés seront les notions de référentiel sectoriel et global développés par les politologues (Jobert 1985; Jobert et Muller 1987 ; Muller 2000 ; Muller 2003). Il s’agit de comprendre comment les données d’évolution de ce territoire sont comprises par les concepteurs des politiques publiques. Pour cela il nous faut une première phase de collecte de ces données puis une phase d’entretien auprès des acteurs pour comprendre comment ils interprètent ces données.
- La compréhension partagée entre experts et profanes des crues et du transport solide en vue d’une gestion. Les concepts mobilisés sont ceux des sciences de gestion et de la sociologie qui ont été élaboré pour décrire le dialogue entre experts et profanes dans une société réflexive (Giddens 1984/1987 ; Hatchuel 2001 ; Hatchuel 2005). Il s’agit de mobiliser les concepts sociologiques du néo-institutionnalisme, de la traduction et de l’apprentissage social et de les articuler aux connaissances physiques pour construire un dialogue entre disciplines et non une posture en surplomb.
Ces deux axes permettront de réduire les incertitudes actuelles sur les évolutions futures. En effet, le réchauffement climatique ne modifie pas directement l’occupation du sol. Mais l’anticipation et l’adaptation à ce réchauffement (et à d’autres déterminants) des acteurs (ou l’absence d’anticipation), les politiques publiques et les moyens disponibles vont agir sur l’occupation du sol et donc le transport solide. Il est donc nécessaire de faire un détour par ces représentations sociopolitiques pour déterminer des scénarios d’évolution.
Responsables scientifiques : G. Bouleau (Cemagref Montpellier, UMR G-EAU), D. Pont (Cemagref, Aix-en-Provence, HYAX)
Partenaires scientifiques : UMR 5600 CNRS/Lyon 2 et 3, ENS Lyon, BRGM Montpellier, Equipe DESMID de l’UMR 6012 ESPACE ( Paul Allard), LPED ( UMR 151, IRD/Université de Provence)
Membre du DESMID impliqué : P. Allard
Financement du CEMAGREF pour préparer un appel d’offre national au printemps 2007.
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