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  Accueil > Activités de recherche 2004-2007 > Environnement : contraintes et risques
 

Organisation scientifique

L'incertitude de l'environnement

Les Cévennes

ENVIRONNEMENT : contraintes et risques

Responsable : D. Fox

 

L’axe intersite « environnement » fait partie intégrante de l’UMR depuis sa création. Son objectif était de réunir les chercheurs sur des thèmes liés à la gestion de l’environnement, et plus particulièrement sur les risques naturels. Depuis 2004, les activités de l’axe se sont concentrées sur deux thèmes principaux : l’un est la prise en compte de l’incertitude dans la gestion de l’environnement, l’autre est orienté vers les risques environnementaux, et plus particulièrement ceux liés à la gestion de l’eau.

 

L'incertitude de l'environnement

Jusqu’à récemment, le paradigme scientifique était de démontrer la véracité de nos découvertes. Le doute était un obstacle à la publication et le chercheur ressentait l’obligation d'atteindre au plus près des certitudes sur les résultats obtenus. Deux facteurs ont permis à cette situation d’évoluer. D’une part, il y a l’incertitude liée à la modélisation du changement climatique et des impacts de ces changements. Si la plupart des chercheurs concordent pour affirmer que le climat change, l’ampleur des variations et leurs répartitions spatiales demeurent difficilement prévisibles. Cette incertitude, qui n’est pas forcément plus grande que dans d’autres domaines, a bénéficié d’une vulgarisation auprès de la communauté scientifique et du grand public sans précédent. Et ceci a sensibilisé l’ensemble du public aux limites de nos connaissances. D’autre part, il y a les questions liées aux risques naturels : le public attend des décideurs une connaissance parfaite des risques de crues, de sécheresse, de glissement de terrain…, une connaissance que les chercheurs et décideurs sont forcés à reconnaître impossible à atteindre. Il y a donc une recherche qui s’oriente vers la prise en compte de l’incertitude dans le processus décisionnel. Dans ce contexte, l’objectif n’est pas uniquement de mieux expliciter les limites de nos travaux ou d’élaborer des méthodes de mesures et modèles plus efficaces, mais c’est aussi de développer des méthodes qui intègrent l’incertitude même dans la prise de décision et la gestion de l’environnement.

Dans le cadre de cet axe, un colloque international sur le thème de « l’Incertitude dans la gestion de l’environnement » a eu lieu à Arles en novembre 2005. L’organisation du colloque a été en coopération avec la Société d’Ecologie Humaine et a été assurée par les membres de DESMID sous la direction scientifique de P. Allard (historien, Arles), D. Fox (géographe, Nice), et B. Picon (sociologue et écologiste, Arles). Trois thèmes ont été privilégiés : les mesures (données), les modèles, et la gestion des risques environnementaux. L’originalité de cette rencontre, au-delà du thème et de la qualité scientifique des présentations, réside dans la participation non seulement d’une grande gamme de disciplines scientifiques (sociologues, historiens, géographes, juristes, chimistes, physiciens…), mais également d’intervenants différents : chercheurs, bureaux d’étude, élus de communes… ; 78 communications ont été soumises, 50 ont été retenues pour le colloque qui s’est tenu du 23 au 25 novembre à Arles. La publication d’une sélection des présentations va paraître dans les premiers mois de 2007.

Légende : Affiche du colloque Incertitude et Environnement, Arles, 23-25 novembre 2005

Risques environnementaux

La création de ce groupe correspond à une orientation de recherche antérieure à la création de l'UMR, des membres des laboratoires d'Aix-en-Provence, de Montpellier et de Nice ayant travaillé depuis de nombreuses années dans ce domaine. Au cours des quatre années passées, les collaborations intersites ont porté :

  • sur les transports sédimentaires des fleuves côtiers du bassin de l'Etang de Berre (thèse de M. Fiandino, soutenue à Aix-en-Provence en 2003, dirigée par C. Martin, (Nice), et qui a bénéficié d'une collaboration avec J.L. Ballais, (Aix)).
  • et sur les recherches en Cévennes, dans le cadre de travaux pilotés par C. Martin (BVRE du Mont-Lozère ; projet INTERREG SUDOE TERRISC "Récupération des paysages de terrasses et prévention des risques naturels"
  • la gestion des risques de ruissellement et d’érosion post-feu après les incendies dans le massif des Maures en 2003 sous la direction de D. Fox.

Dans l’antenne des Cévennes, le dispositif d'observation géré par l'UMR, sous la responsabilité de C. Martin, comprend le Bassin Versant de Recherche et Expérimental (BVRE) du Mont-Lozère, créé en 1981.

Légende : Station hydrométrique des Abrits, dans le bassin versant de recherche de la Vallée Obscure (Peyroles, Gard)

  • Une masse considérable d'informations est donc disponible pour étudier les modifications des fonctionnements hydrologiques liées au climat et à l'évolution du couvert végétal.
  • D'autre part, le réseau de mesures exploité par l'UMR compte actuellement 13 stations hydrométriques, 9 pluviographes, une station de mesures de l’humidité du sol par sondes TDR, 3 piézographes… qui sont répartis sur le BVRE du Mont-Lozère, dans la Vallée Obscure (Gard) et sur le bassin d'alimentation de la source des Fées (Tharaux, Gard). Quatre ITA basés à Saint-Christol-lez-Alès (J.F. Didon-Lescot, D. Ray, J. Jolivet et J.M. Domergue) assurent la gestion de ce dispositif. La Vallée Obscure et le site de Tharaux ont été intégrés en 2005, en qualité de "super-sites" expérimentaux, à l'Observatoire Hydro-météorologique Méditerranéen Cévennes-Vivarais (OHM-CV), dirigé par le Laboratoire d'étude des Transferts en Hydrologie et Environnement (LTHE, Grenoble).

Quelques références du groupe « Risques environnementaux » :

Les publications citées ci-dessous témoignent d’une activité intersites centrée sur l’hydrologie : flux d’eau, risques d’inondations, impacts de l’évolution du paysage.

  1. Fiandino M. et Martin C. (2004) ­ Flux de matières en suspension des fleuves côtiers se jetant dans l'Étang de Berre (Bouches­du­Rhône, France). La Houille Blanche, n° 4, p. 97­101.
  2. Fiandino  M. et Martin  C. (2004) ­ Quantification des flux de matières en suspension de trois fleuves côtiers méditerranéens (bassin de l'Étang de Berre) : approche méthodologique. Ét. Géogr. Phys., n° XXXI, p. 71­86.
  3. Martin  C., Didon­Lescot J.F., Lhuillier S. et Usselmann P. (2004) ­ Reforestation et stockage du carbone au XX ème siècle sur le versant sud du Mont­Lozère (France). Bull. Réseau Érosion, n°23, Actes du colloque "Gestion de la biomasse, érosion et séquestration du carbone" (Montpellier, septembre 2002), 2 : Séquestration du carbone et érosion des sols, p. 60­71.
  4. Ballais J.L. (2006) - Le Gardon d'Anduze et la méthode hydrogéomorphologique. Et. Géogr. Phys., n° XXXIII, p. 5-12.
  5. Martin  C., sous la direction de (2006) - Espaces en terrasses et prévention de risques naturels en Cévennes. Édit. UMR " ESPACE", Montpellier, 32 p. Avec la participation de P. Usselmann (Montpellier), M. Fiandino  (Avignon), F. Allignol…
  6. Martin  C., sous la direction de (2006) - Les systèmes de terrasses cévenols. Exemples de la Vallée Obscure et du vallon du Rouquet. Ouvrage de rendu du projet INTERREG  III-B SUDOE " TERRISC", Supplément au n°  XXXIII des Etudesde Géographie Physique, 153 p. Avec une introduction de P. Usselmann .
  7. Martin  C., rédacteur (sous presse) - Espaces en terrasses et prévention de risques naturels en Cévennes. Ouvrage de Rendu du projet TERRISC, Edit. Consell de Mallorca. Avec la participation de P. Usselmann  (Montpellier), M. Fiandino  (Avignon), F. Allignol …
  8. Martin  C., Didon-Lescot J.F., Jolivet J., Allignol F., Castex J.M., Fiandino  M., Ray D. et Usselmann  P. (2005) - Observations complémentaires sur les fonctionnements hydrologiques et hydrosédimentaires de la Vallée Obscure (commune de Peyrolles). Rapport intermédiaire au SMAGE des Gardons, 64 p.

Nos perspectives :

 Début 2007 marque le lancement d’une coopération nouvelle au sein de l’UMR. Les travaux du groupe « Incertitude » touchant à leur fin avec la publication du colloque, les membres de ce groupe vont s’orienter davantage vers des problématiques sur l’environnement en tant qu’objet d’étude transdisciplinaire. En ancrant étroitement réflexions épistémologiques et expériences de terrain, il s’agit de participer à la construction de cadres théoriques et d’outils méthodologiques permettant de développer et de pérenniser l’analyse interdisciplinaire dans le domaine de l’environnement.

Croiser les regards disciplinaires sur les problématiques, les sensibilités environnementales et les démarches constituera la phase préalable à la confrontation dialectique entre la connaissance interdisciplinaire et la réflexion épistémologique. Plusieurs entrées seront retenues parmi lesquelles les questions relatives aux échelles, au matériel et immatériel, au mesurable et non mesurable, aux représentations, au potentiel intégrateur de l’entrée territoriale, commune à tous les participants.

Le groupe « risques environnementaux » va poursuivre ses travaux sur la modélisation hydrologique en ajoutant un volet sur les changements climatiques. En effet, l’acquisition des données depuis de nombreuses années devrait permettre de mieux cerner les impacts d’un changement climatiques sur les flux d’eau. En parallèle, il est probable qu’un des impacts de ces changements soit un nombre de feux de forêt plus important. Dans ce cadre, les risques associés aux éclosions, ainsi qu’aux évolutions paysagères qui influencent ces éclosions et les risques post-incendie, seront des thèmes importants dans les prochaines années.

 

 

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