Atlas de la Méditerranée
Les difficultés d’un tel atlas sont immenses :
- l’hétérogénéité statistique entre les États, renforcée encore par de telles différences de systèmes socio-économiques que les variables changent non seulement de valeur, mais aussi de signification ;
- la représentativité de données nationales alors que les régions méditerranéennes tiennent une place très variable selon les États ; la question des limites entre le méditerranéen et le non-méditerranéen est donc une question fondamentale ;
- la dimension de l’espace est telle que les cartes d’ensemble doivent être réalisées à une très grande échelle, alors que le morcellement des territoires proprement méditerranéens nécessite une présentation de meilleure résolution ;
- la densité d’information est très variable, forte pour l’arc méditerranéen, plus faible au sud et à l’est.
Néanmoins, le bassin méditerranéen présente à la fois toutes les caractéristiques d’un espace géographique, avec sa communauté de caractères et de problèmes environnementaux, culturels, socio-économiques, et une des fractures les plus nettes entre le Nord et le Sud. Exprimer cela par la cartographie présente donc un intérêt méthodologique certain.
Toutes ces considérations amènent à envisager plusieurs pistes de travail :
- considérer le bassin méditerranéen aussi bien comme un espace d’unité (naturelle, historique) que comme une fracture sur d’autres plans,
- donner des limites fluctuantes, englobant soit seulement les régions bordières, soit les États riverains,
- traiter les spécificités de cet espace comme le phénomène insulaire,
- proposer des échelles variables, de l’ensemble du bassin à des zooms,
- donner une grande place aux variables qualitatives et à la modélisation graphique pour dépasser les problèmes statistiques,
- dresser plutôt qu’une liste de cartes habituelles, une problématisation de cet espace pouvant correspondre à une expression cartographique.
Des groupes de travail ont été constitués :
groupe 1 : IDENTITE/IDENTITES
- Culture, histoire etmode de vie, piloté par Cécile Gaudin
- Nature et paysages, piloté par Jean-Louis Ballais.
Groupe 2 : URBANITE ET ORGANISATION DE L'ESPACE
piloté par François Moriconi-Ebrard
- Poids des villes et systèmes urbains
Groupe 3 : TENSIONS ENVIRONNEMENTALES
- Risques, piloté par Annick Douguédroit
- Tensions environnementales, piloté par Christine Voiron-Canicio
Groupe 4 : PROSPECTIVE ET DEVELOPPEMENT
piloté par Christine Voiron-Caniccio
Groupe 5 : OUVERTURE FERMETURE ET ECHANGE
piloté par Patricia Cicille
- Commerce, migrations internationales, transports, place de la Méditerranée dans le monde
Groupe 6 : MER, ILE, LITTORALITE
piloté par Jean-Christophe GAY
Groupe méthodologique 1 : L'INFORMATION
piloté par François Moriconi-Ebrard
- Qualité, précision, degré de comparabilité entre les pays.
Groupe méthodologique 2 : LA CARTOGRAPHIE
piloté par Madeleine SINTES, Guérino SILLERE et Samuel ROBERT
Les difficultés sont plus ou moins grandes selon les thèmes. Sous l’impulsion de Cécile Gaudin, les cartes représentant les phénomènes historiques et culturels ont été produites les premières ; les cartes démographiques de François Moriconi sont saisissantes.
Dans le projet de l’UMR ESPACE, l’Atlas du bassin méditerranéen sera poursuivi sous un angle plus méthodologique, avec parution d’ensembles de cartes sur internet.